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Transition et Pétrole : Que le CMJD ne s’y trompe pas!   
23/02/2006

Depuis le 3 août 2000, le pays vit au rythme des changements et des sursauts. On peut dire que l’Histoire commence. Ainsi il était une fois le 3 août, date historique pour tous ceux et celles qui se sont opposés à l’ancien régime au nom du principe démocratique et qui tout d’un coup se trouvent à soutenir un régime qui n’est pas là par les moyens les plus démocratiques, mais soit.



Nos politiciens nous ont expliqués que le 3 août c’est un peu la révolution des oeillets au Portugal, celle qui a permis l’instauration de la démocratie, mais la différence c’est que cette révolution est faite par ceux là même qui était hier les opposants réels ou prétendus de cette ex opposition.
Mais on dit souvent que la révolution fait d’abord des victimes au sein de ses propres enfants c’est le prix à payer, mais là c’est plutôt oedipe tuant le père, cette révolution s’apparente plus à un parricide, mais au juste pourquoi ? Nos politiciens aveuglés par leur ex-opposition à l’ancien régime se sont lancés tête baissée dans un soutien au CMJD.
Depuis que s’est-il passé? Le nouveau pouvoir en place a annoncé qu’il ferait un référendum pour réviser la constitution en a-t-on vraiment besoin ? Il a décidé de lancer une campane de recensement, en a-t-on vraiment besoin? Il va faire des élections parlementaires et présidentielles sans nous dire qui va gérer le pays entre la période qui sépare les parlementaires des présidentielles ? Mais fait plus grave depuis quelques semaines on assiste à des manoeuvres dignes de Hugo Chavez ou de Fidel Castro.
Un populisme sans précédent s’empare tout d’un coup de nos dirigeants pourquoi ? Qu’est-ce qui se cache derrière ces manoeuvres ? Juste après le 3 août le premier ministre nous a annoncé que l’État était en cessation de paiement et que les caisses de l’Etat étaient vides et le nouveau chef de la junte au pouvoir nous a expliqué que la Mauritanie est comme une épicerie dont tous les produits sont périmés (sic).
Quelques semaines plus tard, on nous a annoncé de graves divergences avec le Fonds Monétaire International et on a convoqué la presse indépendante, la société civile et les partis politiques pour leur demander de se mobiliser au côté du pouvoir en place pour faire revenir le FMI à la raison et on nous a expliqué que la Mauritanie se laissera jamais piétiné, salir, et que notre nationalisme devait s’exprimer. Mais, pourquoi ne nous a-t-on pas expliqué les engagements de Bruxelles et leurs implications sur notre fibre patriotique, pourquoi ne nous a-t-on pas dit que Bruxelles nous traite comme elle a traité le Togo, où il y eut une véritable usurpation du pouvoir par un fils au nom d’une tribu, pourquoi à ce moment on ne nous a pas demandé notre accord (nous le peuple) sur ces engagements pris en notre nom pour que Bruxelles accepte de venir pêcher notre poisson. Cela n’en valait-il pas la peine.
Encore une fois l’ex-opposition a soutenu, mais en réalité on devrait dire, elle a continué, à s’opposer à Ould Taya. Après ces épisodes, nous sommes tombés, dans l’épisode Vitol, scandale politico-financier, au cours duquel le ministre du Pétrole a indiqué qu’il s’agissait d’un bradage pur et simple de nos intérêts, et que la Mauritanie ne se laissera pas faire, nos hommes politiques ont soutenu et la " société civile " aussi. Alors, nos défenseurs ont négocié âprement pour gagner à la fin 0,5 % et 4 formations. Ouf, la patrie est sauvée grâce à la clairvoyance de ses dirigeants. Entre deux, Vitol a gagné un contrat d’approvisionnement, la presse s’en est emparée, a crié aux scandales, alors encore une fois la Mauritanie était menacée. Une fois de plus nos hommes politiques l’ont défendu pensant s’opposer encore à l’ancien régime. Ils auront une belle tête tous ces hommes politiques et toute cette presse qui se sont acharnés quand ils verront que vitol chassé est revenu par la fenêtre et à " coup " plus élevé pour le pays. Mais depuis le 3 août le pays vit de menaces en menaces, cette fois c’est Woodside la méchante ! Encore une fois, on a fait appel aux hommes politiques. On leur a demandé de se mobiliser pour défendre les intérêts du pays, et ils se sont exécutés. Mais pour donner plus de crédits à tout, après cette énième tentative contre les intérêts du pays, le chef de l’État s’est exprimé et il nous a expliqué qu’il s’est engagé à nous dire toute la vérité et rien que la vérité, qu’il nous informe qu’ils ont un problème avec Woodside sur le pétrole et que lui ne laissera jamais la Mauritanie entre les griffes de ces voraces quoiqu’il en coûte.
Mais plusieurs questions n’ont pas eu de réponses. Pourquoi ne publie-t-on pas ces avenants dont tout le monde parle et que personne ne les a jamais vus? Pourquoi fait-on autant de bruit autour de cette affaire alors qu’elle doit être jugée dans le fond par des instances autres que celles du pays? Pourquoi les avocats de l’Etat sont ceux qui hier s’opposaient à l’ancien régime ? Qui les a recrutés ? Sur quelle base? Pourquoi le chef de l’État s’est-il impliqué aussi vite dans une affaire qui si elle est jugée demain contre la Mauritanie nous fera perdre la face ?
Aujourd’hui, plusieurs questions se posent et nous devons y répondre et rapidement, la Mauritanie ne devient-elle pas depuis la découverte du pétrole une sorte de Congo dans laquelle les puissances rivalisent. Souvenons-nous que Sassou N’Guesso est revenu au pouvoir par la volonté des armes après avoir été battu aux élections par Lissouba. Ce dernier a commis l’ultime imprudence ou impudence de s’en prendre aux intérêts d’ Elf dans son pays, menaçant même de les nationaliser ou de faire appel aux Américains. La suite vous la connaissez. La deuxième chose c’est que tout ceci est peut être juste une façon d’asseoir un consensus autour du 3 Août pour donner au monde l’impression d’une sorte de solidarité nationale. Mais les méthodes populistes ne fonctionnent qu’un temps et les peuples ne sont pas éternellement des adhérents. Pour preuve où sont les adhésions populaires à la lutte contre l’analphabétisme, à El Kitab, au discours de Kiffa et à la condamnation de Lemgheiti.
Aussi, la seule chose pour laquelle nous devons véritablement nous battre c’est celle d’éviter une congolisation de notre pays. Que le CMJD ne s’y trompe, la classe politique ne le soutient pas, elle continue à travers lui de s’opposer à Ould Taya. Elle n’a jamais eu de programme politique autre que celui de s’opposer à l’ancien régime. Elle n’en a toujours pas parce que prise de court par les événements du 3 Août.
Elle n’en aura certainement pas avant longtemps. D’ailleurs il est symptomatique de voir que ses principaux dirigeants ne sont toujours pas passés à la télévision. Eux qui étaient souvent entrain de revendiquer l’ouverture des médias.
MOB

 

 


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