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D’un budget à l’autre…   
01/12/2007

Dans quelques jours, tous les cadres centraux du pays vont s’envoler pour Paris afin prendre part au club du même nom. C’est semble-t-il notre unique espoir de récolter des fonds afin de ficeler quelques projets de nature à lancer des activités économiques créatrices d’emplois et de donc porteuses de croissance.
Nos responsables y ont fait largement allusion récemment. Pour calmer les esprits tourmentés des manifestants contre la faim et la hausse des prix
Mais à ce jour, l’opinion ne sait pas encore de quoi il s’agit exactement. Quels projets étudiés, quels moyens financiers escomptés, quels effets économiques et pour quelle croissance.



Encore ne fois, nos géniaux concepteurs de développement, après une longue réflexion dans un bureau feutré, «réflexion» revue tout de même par un «expert» avant tirage, vont mettre en gestation un énième éléphant blanc dans le circuit des futures conventions de financements à signer par la Mauritanie. 
Des voyages, donc, en perspectives pour nos juniors en classe affaires et même en première classe. Plusieurs voyages, d’ailleurs, pourrait-on dire, car pour faire aboutir une convention, c’est plusieurs réunions, plusieurs conseils en perspective.
Au bout du compte, le solde net en capital est bien mince, car tous ces voyages et toutes ces dépenses sont payées en monnaie trébuchante et sonnante par le Trésor Public ou par les entreprises sous tutelle de l’Etat. Alors que les résultats économiques sont bien plus que problématiques à réaliser. Et en définitive, souvent, les « réalisations » se limitent à de la simple consommation.
Des conventions de financement nouvelles, en a-t-on vraiment besoin ? Une récente enquête a permis de ressortir que le total des financements signés et non utilisés à fin 2006 s’élève à un peu moins d’un milliard de dollars, sans compter l’argent «dégagé» de l’effacement de la dette publique et qui, théoriquement devrait financer la lutte contre la pauvreté et, de ce fait, le développement.
Des conventions nouvelles, on n’en a pas peut être pas besoin. Des conventions nouvelles on n’en a peut être besoin. C’est du kif au même pour le citoyen, si tout cet argent ne servira qu’à financer des « projets » délocalisés de notre administration centrale, de notre vie quotidienne, de nos préoccupations de tous les jours. De l’ «argent à part» en fait, mobilisable à part entière et qui pourra servir impunément à servir la politique ou les convenances personnelles.
Il est grand temps que le Gouvernement sache que nous fonctionnons en démocratie et que l’opacité ne paie pas dans un système démocratique. Comme l’a dit si bien le Chef de l’Etat, pauvreté ne rime pas avec démocratie. Le message est clair.
La mise en œuvre de budgets statiques, destinés à financer essentiellement le train de vie des administrations ne peut être un modèle de développement pour la Mauritanie.
Le rôle du parlement est à ce titre d’être d’empêcher de laisser passer de tels budgets, quitte à exercer son pouvoir discrétionnaire de censure avec les conséquences inévitables d’un tel geste.

MAOB


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