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Daha Ould Maouloud, Ex-directeur de l’ISERI: «J’ai été victime de l’injustice de l’Etat, malgré ma bonne gestion».   
20/11/2007

M. Daha Ould Maouloud, Ex-directeur de l’ISERI a affirmé dans une interview qu’il a accordé au quotidien arabophone «Al Akhbar » qu’il n’a pas bénéficié de la reconnaissance de l’Etat, malgré sa bonne gestion. Il a dit avoir transformé l’ISERI d’un petit collège en une institution respectable. Il a demandé à l’Etat qui s’accorde encore les mauvais services des mauvais gestionnaires de donner plus de considération à ceux qui s’étaient distingués par une gestion transparente



L’ex-directeur de l’ISERI a ajouté qu’il a été victime de l’injustice de l’Etat à un moment où il a réalisé des résultats probants. «J’ai eu droit aux félicitations de mes supérieurs et de mes partenaires puis j’ai été démis de mes fonctions parce que des milieux du ministère de tutelle me considéraient comme une menace pour leurs intérêts» affirme Daha Ould Maouloud.
L’ex-directeur a transmis à «Al-Akhbar » une copie du procès verbal consacrant sa prise de fonction au sein de l’ISERI en mars 1998. Sur le compte de l’ISERI, il avait retiré 7.987.375 ouguiyas et il ne restait que 24.634 ouguiyas. Pour ce qui est du compte de l’ISERI au niveau de la trésorerie générale, le retrait s’élevait à 11.351.000 UM et le compte était vide.
Lors de la passation de service avec son remplaçant Ahmedou Ould El Moustapha Ould Senhouri, en septembre 2005 le compte de l’ISERI était créditeur de 45.896.000 UM. Et le compte au niveau de la trésorerie générale l’était de 148.008.003 UM. A la Banque pour le Commerce et l’Industrie (BCI), le compte de l’ISERI était créditeur de 12.357.510 UM. Et pour le reliquat du budget, s’élevait à 73.054.313 ouguiyas.
Ould Maouloud a par ailleurs démenti les allégations qu’il s’opposait au choix de certains thèmes de mémoire par les étudiants. Il s’agissait des thèmes ayant trait au christianisme, à l’assimilation intellectuelle et au Jihad. Il a reconnu un seul cas dans ce cadre. C’est celui d’un étudiant dans la branche de «Ousoul et Figh » qui voulait travailler sur les relations économiques avec Israël. Ce titre a été rejeté parce qu’il ne relevait pas du Figh. M. Daha a affirmé qu’il a signé des accords de partenariat avec homologation de diplômes avec de grandes universités comme Al Azhar, Mohamed V et Zeitounia. Cela devait permettre aux sortants de l’ISERI de poursuivre leurs études dans ces universités. Et parmi ces réalisations, Ould Maouloud a cité la création d’un département pour l’informatique ce qui permettait aux étudiants d’être en phase avec le monde moderne. Il a aussi affirmé qu’il avait relevé la note de passage de 10 à 12 avec la condition que l’étudiant n’ait aucune mauvaise note dans une matière de base. Cela était un gage de qualité.
Ould Maouloud a nié avoir instauré une administration policière au sein de l’ISERI affirmant que dans un contexte politique exceptionnel, il était nécessaire d’assurer l’ordre au sein de l’ISERI. Dans ce cadre, souligne-t-il, des agents de sécurité avaient été recrutés pour assurer l’ordre et empêcher aux non étudiants d’accéder à l’institut. Il affirme qu’il veillait à ce que les cours se poursuivent dans des conditions normales.
Pour ce qui est de l’introduction de l’anglais dans l’enseignement de l’ISERI M. Ould Maouloud dit que c’est dans l’intérêt de l’établissement et des étudiants.
L’ex-directeur affirme n’avoir recruté personne en dehors des concours et qu’il avait résisté à des pressions venant des agents de l’Etat et du PRDS.
Il a nié tout lien avec les renseignements ainsi que les allégations allant dans ce sens. Il a précisé que dans ce cadre, il a refusé de faire des rapports comme le lui demandaient certaines personnalités du pouvoir déchu.
Il a parlé dans cette interview de l’initiative destinée à la préservation des manuscrits mauritaniens. Dans ce cadre, il y a eu un accord avec l’ambassade des USA en Mauritanie pour la conservation par microfilm des manuscrits se trouvant à l’ ISERI. L’ex-directeur a ajouté qu’il a organisé des vidéo-conférences qui ont permis aux professeurs et aux étudiants de débattre en toute liberté avec des personnalités mondiales et d’autres milieux intellectuels.
Ould Maouloud affirme par ailleurs être intervenu personnellement auprès de l’ex-président Ould Taya pour la libération des imams et des prédicateurs. Cela, affirme-t-il, à un moment où une pareille demande paraissait inimaginable et suicidaire. Il a dit que l’ex- Président lui avait répondu qu’il était prêt à les libérer à une condition qu’ils abandonnent la politique. Il affirme aussi avoir empêché les professeurs de l’ISERI de signer les lettres qui qualifiaient le les imams de Kharijittes et de participer aux campagnes de la presse officielle contre eux.
L’homme a nié tout lien avec le PRDS affirmant que son seul champ d’action c’était l’Association des Ulémas Mauritaniens. Il dit qu’il n’a jamais participé à un seul meeting du PRDS.
Ould Maouloud a laissé entendre qu’il y a des anomalies d’une grande ampleur qu’il a trouvées devant lui à l’ISERI. Il affirme y avoir mis fin malgré la résistance des responsables soulignant détenir les preuves de ce qu’il avance refusant par contre de les livrer à la presse car, a-t-il dit, «ce n’est pas encore le moment».
Enfin, Ould Maouloud a demandé sa réhabilitation s’estimant «victime de l’injustice de l’Etat » , malgré les grands services rendus et la gestion transparente.


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