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Péril acridien : Un atelier pour le renforcement des connaissances des communautés agro-pastorales    
19/11/2007

Un atelier de formation de formateurs pour le «renforcement des connaissances et des pratiques des communautés agro-pastorales à anticiper et contrôler les invasions acridiennes» a été organisé du 14 au 15 novembre dernier à l’Hôtel Mercure par l’Association de Coopération et de Recherches pour le Développement (A.C.O.R.D) en partenariat avec CPI/CRS et avec l’appui de l’USAID.



L’objectif de cet atelier était de sensibiliser, d’informer et de former les communautés à la lutte anti-acridienne. 27 personnes issues d’A.C.O.R.D, des agents du service technique du Ministère du Développement Rural et de l’Environnement (MDRE), des délégations régionales du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage (MAE) et de la presse ont participé à cet atelier.
A l’ouverture de l’atelier, M. Mohamed Lemine Ould. El Houssein coordinateur d’A.C.O.R.D a tenu à faire la genèse de son association et des actions menées en Mauritanie dans le cadre de la lutte contre le péril acridien. De son côté, M. Mohamed El Moustapha Ould Abdi, Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, a rappelé l’importance de l’atelier qui permettra aux bénéficiaires d’acquérir de nouvelles connaissances qu’ils inculqueront à leur tour, aux représentants des comités villageois dont les agriculteurs et les éleveurs. Les deux personnalités ont remercié les organisateurs et les bailleurs de fonds dont l’USAID qui ont contribué à la tenue de ce présent atelier.
Quant à M. Mohamed Abdellahi Ould. Babah, Directeur du Comité National de Lutte Antiacridienne (CNLA), il a présenté son organisme, ses actions et réalisations sur le terrain avant de souligner des projets en cours dans le cadre de la lutte contre le péril acridien. Un aussi brillant exposé du Directeur Ould Babah a permis aux participants et aux autorités présentes de saisir l’importance du Comité National de Lutte Anti-acridienne et de s’imprégner des méthodes de lutte mises en œuvre pour contrecarrer les invasions du criquets pèlerin.
Des conséquences néfastes du criquet pèlerin sur la Mauritanie aux stratégies de lutte contre le fléau en passant par les difficultés du terrain, les zones de reproduction du criquet, les chantiers en cours, etc. tout a été passé au peigne fin par Mohamed Abdellahi Ould Babah qui a exposé à l’occasion les stratégies de lutte préventive, palliative et curative contre le péril acridien. Il dira en substance que des équipes mobiles font plus de 150 kms par jour pour prospecter le terrain en temps opportun. La Mauritanie étant un pays relais et un point stratégique pour les invasions acridiennes même venant du Yemen, il va falloir intensifier les moyens de lutte au niveau des bases locales d’Aïoun et d’Akjoujt a dit Ould Babah.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il y a eu la présentation du partenariat CPI/CRS/ACORD et du projet ELCARP par messieurs Mohamed Lemine Ould El Houssein, Mamadou Camara et Ansari Habaye Ag Mohamed.
Le formateur, l’expert sénégalais Kémo Badji, venu pour la circonstance, a fait face aux techniciens de terrain. En introduisant la formation, il a d’emblée exposé les objectifs, la méthodologie et les résultats attendus.
Dans son exposé sur les stratégies de gestion des invasions acridiennes au Sahel, M. Badji a parlé de la problématique des invasions acridiennes, de son analyse et de la stratégie de gestion du fléau. Pour l’expert, il s’agit de comprendre les différents stades de reproduction du criquet, de son alimentation et de l’invasion. Il dira qu’il faut d’abord connaître l’ennemi avant d’aller en guerre contre lui. Parlant des invasions, il dira qu’elles constituent des problèmes majeurs de défense des cultures au Sahel car tous les pays regroupés au sein du CILSS sont concernés par ce fléau , notamment ceux de la ligne de front constitués de la Mauritanie, du Mali, du Niger et du Tchad. Les ravages, poursuit l’expert, s’étendent dans la majorité des pays arides et semi arides de la côte Ouest de l’Atlantique jusqu’à l’Inde. C’est pourquoi, selon lui, les stratégies de surveillance et de lutte mises au point sont souvent loin d’être cohérentes et efficaces.
Les trois étapes de gestion de l’invasion demeurent selon l’expert, la prévention, la surveillance de la recrudescence et l’élimination du fléau. Des thèmes développés par l’expert au profit des techniciens de terrain. Cependant, pour une lutte efficace, M. Badji a souligné les mesures d’accompagnement dont la cogestion des invasions avec tous les pays concernés, la mise en place d’un fonds national pour la lutte, le suivi et l’évaluation de l’impact des pesticides sans oublier l’organisation et la réorientation de la recherche en acridologie, notamment la formation spécialisée. Des thèmes aussi importants ont été développés au cours de cet atelier qui a été apprécié par les participants à l’image de M. Soumana de A.C.OR.D, qui dit être «satisfait des connaissances acquises à cette occasion qui permettront d’éviter certains risques liés au terrain ».
M. Camara Mamadou, coordinateur du projet ELCARP, a exprimé sa «satisfaction par rapport aux modules présentés » (bio-écologie du criquet pèlerin et les stratégies de lutte, de gestion etc). Il dira qu’à l’issue de cette formation, « il appartient aux participants de faire la même chose à travers des ateliers de restitution à l’endroit des comités villageois de surveillance installés dans 21 communes du pays ».
L’expert sénégalais a précisé : «j’ai contribué aux côtés des Mauritaniens à atteindre les objectifs escomptés. Je suis satisfait parce que les participants étaient motivés et ont montré leur intérêt aux thèmes développés durant l’atelier. Je remercie à cette occasion tous ceux qui, de près ou de loin ont contribué à la réussite de cet atelier ».
Compte rendu Ibou Badiane

 


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