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L’Afrique n’a pas le monopole du tribalisme   
08/07/2014

Nous avons fait de vous des nations et des tribus pour que vous vous entre connaissez – (le coran) (sourate 49) Al-Hujurat « On peut rêver qu’un jour la vérité soit à la mode » Raymond Queneau.



 Le Parti Unique n’a pas étouffé les velléités ethniques. Mais, outre que Le regain d’audiences dont bénéficie le tribalisme n’est pas l’apanage du continent africain, l’effet tribal ne constitue pas forcément un handicap.

 Assumer le fait tribal ! Tel est le défi que les Etats africains se doivent de relever face aux revendications des peuples en faveur de [a démocratie et du multipartisme. On a, trente ans durant, de bonnes ou de mauvaises fois, justifié le Parti Unique par la crainte du réveil des antagonistes ethniques que favorise le jeu démocratique.

 Ce faisant, on a tourné le dos à l’histoire authentique de l’Afrique, dont les grands empires nous ont pourtant laissé le témoignage de démocraties à faire pâlir d’envie les nations d’Occident. Et si l’Afrique n’avait pas le monopole du tribalisme ? En France où l’on assiste à une résurgence du particularisme corse, personne n’ose parler de tribalisme !

 Et lorsque les Bretons revendiquent l’enseignement du Bretons, personne n’y voit un danger pour l’unité nationale ! Reconnaître le fait tribal, c’est déjà l’intégrer comme composante essentielle du développement, sinon comme un élément d’équilibre indispensable à toute démocratie.

 Dans cette perspective, la tribu apparaît comme un élément d’harmonie sociale. Elle privilégie la prise en compte de tous les groupes sociaux dans la réalisation de l’unité nationale. Les grandes démocraties, pour être ce qu’elles sont, ont dû procéder par intégration et non par exclusion, synonyme d’éclatement. De telle sorte qu’à chaque étape de leur développement correspond un équilibre donné. Mais un équilibre toujours fragile et à refaire chaque fois que l’essentiel est préservé.

 L’essentiel étant le respect des valeurs et des individus, qui font à la fois la diversité et la richesse des nations, et qui font de leur identité unitaire ! Il n’est pas de société qui ne connaisse pas ou n’ait pas connu ce problème. Et si on admet que toutes les sociétés doivent emprunter des passages obligés pour atteindre un certain niveau d’équilibre, alors nos sociétés contemporaines n’échapperont pas à la règle.

 L’échec du continent africain, qui d’abord un échec politique avant d’être économique, culturel et social, vient du refus des dirigeants qui se sont succédés depuis nos fameuses indépendances de voir la réalité en face ! Nos sociétés sont comme un puzzle et chacun des éléments doit participer à l’édifice et ne peut donner sa pleine mesure, son plein talent que si sa personnalité lui est reconnue.

 Dès lors que ce préalable est accompli, la tribu cessera d’être à ses membres un refuge contre l’arbitraire étatique et sa politique d’exclusion, pour ne devenir qu’un instrument d’épanouissement de l’individu dans la cité.

Ahmed Bezeid Ould Beyrouck



CRIDEM


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