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Nouvelles interpellations de jihadistes Mauritaniens : «Youssouf El Mouritani» échappe au coup de filet, la fin de la trêve?   
22/10/2007

Un nouveau groupe de jeunes jihadistes mauritaniens a été interpellé au milieu de la semaine écoulée par les éléments de la Direction de la Sûreté de l’Etat (DSE).
Les interpellations sont intervenues après la rafle d’un groupe de jeunes dans une mosquée à Dar Naim. Libérés par la suite, leur interpellation semble néanmoins, avoir été le fil conducteur à l’arrestation d’un groupe de 5 autres jeunes hommes dont trois au moins sont jugés «dangereux» selon une source sécuritaire.



Dans le jargon sécuritaire mauritanien, le terme «dangereux» quand il est accolé à un jihadiste signifie que ce dernier revient des camps -situés au nord du Mali et au sud de l’Algérie) de l’ex-GSPC devenu Branche Al Qaida au Maghreb Islamique.
Parallèlement à cet exploit, les sources sécuritaires n’ont pas signalé qu’elles avaient également «raté d’un cheveu», HOAK, alias Youssouf El Mouritani l’un des éléments de confiance de l’ex-GSPC souvent utilisé par cette organisation comme émissaire entre les Talibans du Sahel et ceux de l’Afghanistan.
Youssouf El Mouritani n’est pas natif de la dernière pluie. Pionnier des mauritaniens du GSPC, il a séjourné en Afghanistan et participé à l’attaque de Lemgheiti en juin 2005. Revenu au pays deux semaines après cette attaque, il habitait avec sa famille à Riyad et entreprenait sa navette régulière avec les camps de l’organisation. Spécialiste du camouflage il a échappé jusqu’ici à toutes les rafles. Sa récente présence parallèlement à celles d’éléments jugés dangereux dont l’un montrait un intérêt particulier pour l’achat dans le marché de Nouakchott du nitrate d’ammonium (un produit explosif) peut ne pas être inscrit dans le cadre de la préparation d’un attentat. En effet, il est arrivé à l’ex-GSPC par le passé, de tenter de se procurer ce genre de produits tant au Mali, au Sénégal qu’en Mauritanie sans que leur usage ne soit destiné au pays où ils sont procurés comme cela a été le cas avec «Hamam» qui avait été dépêché par l’organisation en janvier 2006 pour la même mission.
Ces nouvelles interpellations constituent une rupture dans l’accalmie observée dans la chasse engagée depuis avril 2005 contre les jihadistes mauritaniens. Elles sont les premières après le verdicts rendus entre mai et juillet 2007 dans les procès de la mouvance salafiste jihadiste mauritanienne. Des verdicts dont principalement le dernier (plus que le premier) a été particulièrement clément aux yeux des observateurs notamment vis-à-vis d’un groupe sur les éléments duquel pèsent de fortes présomptions -si ce ne sont pas carrément des certitudes- qu’ils ont participé directement à l’attaque terroriste perpétrée en juin 2005 contre la garnison militaire de Lemgheiti. «Ce verdict a mécontenté des chancelleries occidentales en Mauritanie qui ont vivement protesté quand il fut rendu» nous a déclaré un observateur, sous le couvert de l’anonymat.
Avec ces interpellations d’éléments jugés «dangereux» ainsi que les informations qui circulent dans le milieu du renseignement et des media, comme quoi 30 jeunes jihadistes mauritaniens ont regagné depuis juillet 2007 les camps de l’organisation, on peut se demander si la clémence du verdict notamment dans le procès ouvert à Nouakchott le 25 juin denier -perçue à la fois comme une volonté d’apaisement combinée à un éventuelle sympathie dont bénéficieraient les jihadistes au niveau de l’appareil judiciaire-, a finalement porté ses fruits.
La première vague de salafistes jihadistes mauritaniens exclusivement formée de jeunes sortants des Mahadras (écoles coraniques) a pris contact avec le GSPC au milieu de l’année 2002 suite à l’occupation de l’Afghanistan. Après l’occupation de l’Irak en 2003 d’autres jeunes, par vagues successives, se sont rendus, souvent à leurs propres frais, vers les camps du GSPC au Nord du Mali. Ces jeunes avaient un dénominateur commun : Ils voulaient se rendre en Irak ou en Afghanistan «se battre ou mourir sur les champ du jihad contre les croisés».
Ils ont tous été utilisés par le GSPC plus qu’ils ne l’ont utilisés pour parvenir à leur objectif. Ils n’iront pas comme promis au Moyen Orient. Mais ils seront par contre entraînés dans d’autres aventures en participant aux actions militaires du GSPC en territoires malien, algérien et mauritanien. Certains d’entre eux y trouveront d’ailleurs la mort comme Ahmedou Bamba et Mohamed Lemine Ould Lewlad. Beaucoup d’entre eux ont été trahis par l’organisation. Car aussi curieux que cela puisse paraître, la majorité d’entre eux se fait souvent arrêter dés son retour des camps de l’organisation, en Mauritanie. Comme si la délation provenait de là où ils étaient.
IOM

 


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