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La Mauritanie durcit les sanctions contre l’esclavage    
15/08/2007

Le Parlement mauritanien a adopté jeudi 9 août 2007 une loi faisant de l’esclavage un crime passible de peines de prison. Le projet de loi a été adopté à l’unanimité par les députés mauritaniens. Les propriétaires d’esclaves sont désormais passibles de peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison. Les responsables de l’Administration s’il est prouvé qu’ils se montrent complaisants avec ce genre de pratique, pourront également écoper de peines de prison et de fortes amendes



La loi prévoit également des amendes pour les propos injurieux à l’égard d’une personne considérée esclave ainsi que des sanctions sévères à l’endroit de ceux qui feront l’apologie de l’esclavage.
Longtemps considéré comme un sujet tabou, mystérieux et voué au silence, l’esclavage est ancré dans les moeurs mauritaniennes et dans les différentes ethnies du pays blanches comme noires et pour cette raison, peu d’affaires ont jusqu’ici trouvé une issue judiciaire malgré l’interdiction de 1981.
Selon des historiens, l’esclavage s’est développé en Mauritanie au VIIe siècle, lorsque des envahisseurs arabes professant un islam autorisant la réduction en esclavage de
non-croyants se sont aventuré plus au sud, en Afrique sub-saharienne. Les rois noirs pratiquaient également la traite negriere et réduisaient leurs sujets en esclavage.
Le nouveau président élu en mars dernier, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, s’est engagé à consolider la démocratie et à engager des réformes dans un pays dont la population majoritairement nomade mêle des origines arabes et
africaines.
"Cette démarche est une bonne chose. Elle est l’expression d’un nouvelle volonté politique", a salué l’opposant à l’esclavage le plus célèbre de Mauritanie et par ailleurs président de l’association SOS Esclaves, Boubacar Ould Messaoud.
Anti-Slavery International, l’organisation luttant contre l’esclavage dans le monde, a salué le même jour le "pas en avant historique" de la Mauritanie qui a adopté une loi criminalisant pour la première fois l’esclavage, qui perdure dans certaines parties du pays.
"C’est un pas en avant historique qui est très bienvenu", a déclaré à l’AFP Beth Herzfeld, porte-parole de l’ONG basée à Londres.
"L’esclavage est un problème considérable en Mauritanie, avec des gens qui naissent en état de servitude, qui en héritent comme d’une propriété. Cette loi envoie un message clair que cela ne sera plus toléré", a-t-elle affirmé.
Longtemps tabou, l’esclavage est officiellement aboli en Mauritanie depuis 1981 et a fait l’objet en 2003 d’une loi renforçant sa répression.
Mais ces textes contenaient toujours, selon des associations de défense des droits de l’Homme, des aspects vagues sur des questions essentielles et édictait des peines en deçà de celles généralement prévues pour des crimes similaires.
La loi votée à l’unanimité par l’Assemblée nationale mauritanienne prévoit que les personnes convaincues d’actes esclavagistes risquent désormais de cinq à dix ans de prison ferme.
Il est important que la loi entre rapidement en vigueur et qu’un mécanisme de surveillance soit instauré, a plaidé la porte-parole d’Anti-Slavery International.
Ce mécanisme doit permettre de contrôler les conditions dans lesquelles les gens vivent et travaillent, les conditions de libération des esclaves, les compensations qu’ils reçoivent et leur intégration dans la société, a-t-elle détaillé.
Les organisations anti-esclavagistes estiment à douze millions le nombre de personnes vivant en état d’esclavage dans le monde.

           Le RNRD dit rejeter la violence et l’extrémisme
Le parti islamiste mauritanien nouvellement légalisé a déclaré mardi son rejet de la violence et de l’extrémisme et exprimé son attachement à la démocratie pluraliste et au libéralisme économique,.
"Nous rejetons la violence et l’extrémisme. Nous sommes attachés aux principes de la démocratie pluraliste et au libéralisme économique", a dit à la presse le chef du Rassemblement National pour la Réforme et le Développement (RNRD), Jemil Ould Mansour, lors du lancement officiel de ses activités.
Le RNRD a été légalisé vendredi, devenant l’unique parti islamiste mauritanien à avoir demandé et accédé à un tel statut.
Il avait été interdit sous le président Ould Taya (1984-2005) puis durant la transition (2005-2007) conduite par une junte militaire qui l’a renversé et a abouti à l’élection en mars du président Sidi Ould Cheikh Abdellahi.
Les régimes de Taya et de la transition avaient justifié la non légalisation du RNRD en invoquant des dispositions de la constitution mauritanienne selon lesquelles aucun parti n’a le droit de s’approprier l’islam à des fins politiques.
"Nous sommes un parti comme tous les autres, tous étant islamistes par la force de la constitution qui fait de l’islam la religion du peuple et de l’Etat", a indiqué Ould Mansour, selon qui le RNRD apportera une "dose de moralité" à la gestion de la République Islamique en raison de son "référentiel islamiste".
"Nous sommes reconnaissant à notre peuple qui n’a jamais cru aux accusations faites pour ternir notre image, qui n’a jamais cru que nous sommes extrémistes, mais que nous appartenons à une philosophie du juste milieu et que nous sommes tout à fait modérés, a-t-il poursuivi.
Le RNRD qui tiendra son congrès constitutif "très prochainement", a exigé de l’Etat de reconnaître sa représentation au parlement à travers des indépendants élus au sein de sa mouvance et de le prendre en compte dans les financements accordés aux partis suivant leur représentation au parlement.
Les islamistes disposent de sept parlementaires et de nombreux conseillers municipaux élus, dont des maires.
   Sahara Occidental : un troisième round de négociations en Décembre
Un troisième round de négociations sur le futur statut du Sahara occidental entre le Maroc et le Front Polisario aura lieu début octobre et au plus tard en décembre, a annoncé samedi l’agence algérienne APS, citant une source de l’ONU.
Un deuxième round de négociations sur le Sahara occidental s’est ouvert pour deux jours vendredi à Manhasset, près de New York sous l’égide de l’ONU. Le premier avait eu lieu les 18 et 19 juin.
Ces négociations se déroulent conformément à une résolution du Conseil de sécurité adoptée le 30 avril appelant le Maroc et le Polisario à engager des discussions "sans conditions préalables (...) en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental".
Selon la délégation sahraouie à Manhasset, le Polisario demande que trois options soient soumises à un éventuel référendum: rattachement du territoire au Maroc, autonomie ou indépendance, alors que le Maroc n’envisage qu’une seule option: l’autonomie dans le cadre de la souveraineté du Royaume.

"Le peuple sahraoui, fort de son droit à l’autodétermination, qui reste un principe sacré et un fondement des Nations unies, ne saurait accepter un tel diktat (marocain), ni renoncer à son droit sacré à recouvrer son indépendance", a déclaré à l’APS Brahim Ghali, membre de la délégation sahraouie à Manhasset.
Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975 et dont le Polisario, soutenu par l’Algérie, demande l’indépendance.
Un 3eme round de négociations sur le Sahara Occidental entre le Polisario et le Maroc se tiendra "probablement en Europe"avant la fin de l’année, a annoncé samedi Radhi Bachir Seghaïer, conseiller du cheqf du Polisario Mohamed Abdelaziz.
M. Seghaïer a fait cette annonce rapportée par l’agence algérienne APS, à l’issue du second round de négociations entre le Maroc et le Polisario tenu vendredi et samedi à Manhasset près de New-York.
Le responsable sahraoui a en même temps dénoncé "l’intransigeance" marocaine et affirmé que de ce fait les négociations se "déroulaient dans une atmosphère pesante" et qu’elles "marquaient le pas". "A Manhasset on tourne en rond", a souligné M. Seghaïer.
"Les Marocains observent une position figée. Ils n’ont et n’acceptent aucune autre initiative" que l’autonomie sous souveraineté marocaine de l’ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975 et dont le Polisario, soutenu par l’Algérie, demande l’indépendance.
Le Polisario réclame l’organisation dans ce territoire d’un référendum d’autodétermination, sous l’égide de l’Onu, qui laisserait aux électeurs sahraouis le choix entre trois options: le rattachement au Maroc, l’indépendance ou l’autonomie sous souveraineté marocaine.
"Les Marocains, qui semblent obéir à des instructions fermes, répètent le même discours sur l’autonomie et refusent d’aborder des thèmes spécifiques comme les questions touchant aux réfugiés, aux prisonniers, au mur (de défense, érigé par l’armée marocaine pour empêcher les intrusions sahraouies dans le territoire annexé), le déminage du territoire, l’exploitation de ses richesses naturelles (phosphates, poisson et pétrole), la libre circulation des personnes et l’autorisation des visites entre familles"sahraouies installées dans les camps de réfugiés de la région de Tindouf (Algérie), sous le contrôle du Polisario, et celles résidant dans les zones sous contrôle marocain, a indiqué le responsable sahraoui.
Il a regretté que "les Marocains ne veuillent pas sortir de leur isolement pour revenir aux réalités de la situation au Sahara occidental et souscrire à la résolution 1754 du Conseil de sécurité appelant les deux parties à négocier de « bonne foi, sans conditions préalables », sur la base des propositions des deux parties en conflit en vue d’assurer le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui"""".
Il a émis l’espoir que les prochains rounds, qui se tiendront en dehors des échéances électorales marocaines (législatives), pourront enregistrer plus de progrès".
"Les résultats de Manhasset 2 sont en-deça de ceux de Manhasset I", a pour sa part indiqué l’ancien "ministre" sahraoui de la Défense Brahim Ghali, membre de la délégation du Polisario aux négociations.
Il a qualifié de "préalable inacceptable la position marocaine consistant à ne vouloir discuter que du projet d’autonomie de Rabat.

 

    La découverte de deux fossiles embrouille un peu plus l’arbre  généalogique de l’humanité
L’arbre généalogique de l’humanité se brouille encore un peu plus. La mise au jour en Afrique de deux fossiles vieux d’un million et demi d’années suggère que deux espèces des premiers hommes, Homo habilis et Homo erectus, ne se sont pas
succédées comme on le croyait, mais auraient en fait cohabité. Cette nouvelle recherche, publiée jeudi par la revue "Nature", remet en cause la théorie selon laquelle Homo habilis, la plus ancienne espèce d’hominidés, aurait évolué pour donner naissance à Homo erectus, qui a lui-même disparu ensuite pour laisser place à notre espèce actuelle, Homo sapiens. La paléontologue Maeve Leakey et son équipe ont trouvé en 2000 au Kenya deux fossiles datés de la même période, un crâne entier d’Homo erectus et une mâchoire supérieure d’Homo habilis, qui se trouvaient à une distance qu’on peut couvrir à pied.
Pour les chercheurs, cette mise au jour tend à prouver que les deux espèces ont cohabité pendant au moins un demi-million d’années et que l’Homo erectus n’est pas le successeur de l’Homo habilis, qu’on pensait avoir disparu il y a 1,7 à 2 millions d’années. Pour Fred Spoor, professeur d’anatomie de l’évolution à l’University college de Londres qui a participé à l’étude, les deux espèces
auraient en fait eu un ancêtre commun, encore inconnu, qui vivait il y a deux à trois millions d’années.
Selon lui, si les deux espèces vivaient à la même époque, elles conservaient sans doute leur distances, à l’instar des différentes espèces de singes actuelles: "ls se seraient évités, ils n’auraient pas été à l’aise en présence les uns des autres". De plus, habilis était certainement végétarien tandis qu’erectus mangeait de la viande. Cette nouvelle publication vient renforcer une vision de l’évolution "plutôt chaotique" et éloignée de "la marche héroïque qu’on voit sur les dessins, avec un lointain ancêtre qui évolue vers une espèce intermédiaire et enfin vers nous", a conclu Fred Spoor, interrogé par téléphone depuis le nord du Kenya.
"Plus nous en savons, plus l’histoire devient compliquée", reconnaît Bill Kimbel, directeur scientifique de l’Institut des origines humaines de l’université d’Etat d’Arizona. Il rappelle qu’une précédente étude avait déjà eu apporté des
conclusions similaires à propos de l’homme de Néandertal. Alors qu’on a longtemps cru que ce dernier était notre plus proche ancêtre, on a finalement prouvé qu’il n’était que notre lointain cousin d’une branche éteinte de notre arbre généalogique. L’équipe de Leakey affirme aussi que les femelles erectus étaient
nettement plus petites que les mâles, comme chez les gorilles d’aujourd’hui et contrairement à ce qui s’observe chez l’homme. Le crâne mis au jour, qui appartiendrait à une femelle de 18 ou 19 ans, porte en effet plusieurs marques prouvant son appartenance à l’espèce, mais il est bien plus petit que les autres fossiles. En s’appuyant sur l’observation de plusieurs espèces de singes actuelles, les chercheurs pensent que cette différence de taille peut être corrélée à la polygamie, et que nos lointains ancêtres n’étaient donc pas fidèles...


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