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«Pour la Mauritanie, notre Mauritanie…»   
04/06/2007

L’audience accordée le 29 mai par le président de la République au lieutenant Sy Abou Bocar président de la Coordination des Victimes de la Répression de 1986 à 1991(COVIRE), constitue un geste de très haute portée politique. Il est à mon sens, le geste le plus significatif que le président Ould Cheikh Abdellahi ait entrepris depuis son investiture le 20 avril dernier. Il est significatif, parce que pour la première fois, les victimes de la répression des années d’exception trouvent enfin, au niveau de l’Etat, un interlocuteur, une oreille attentive et laquelle ? Celle du président de la République.



Il est également significatif parce que le Chef de l’Etat a reçu en présence du président de la COVIRE, la présidente du Collectif des Veuves, le président du Collectif des Rescapés Anciens Détenus Politiques Civils Torturés (CRADPOCIT), le Vice-président du Collectif des Orphelins et le président du Collectif Aide Partage (CAP). Il est enfin significatif, parce que les reçus ont exprimé leur satisfaction.
Le règlement du passif humanitaire (déportés, exécutions extrajudiciaires) ne peut continuer à faire l’objet de refoulement dans notre subconscient. S’il n’est réglé pendant que les circonstances s’y prêtent, il restera encore, des siècles à l’ordre du jour .On ne peut pas occulter un problème où il y a eu atteintes aux vies humaines, à la dignité humaine ! Des Mauritaniens ont souffert dans leurs chairs et dans leurs âmes. Des Mauritaniens ont été tués et déportés .Ces Mauritaniens-là malgré les souffrances encourues, tiennent pourtant, un discours qui en dit long sur leur grandeur d’âme. Oui chers lecteurs ! Ils sont définitivement à l’abri des «sirènes de la revanche» : Une chance inouïe pour ce pays et pour son unité nationale. Je vous invite à relire l’extrait ci-dessous, tiré de leur déclaration rendue publique le 1 juin 2007.
«Au nom des familles brisées, des destins réduits à courir derrière le fantôme d’une justice introuvable, en dépit de la mauvaise foi, du sectarisme, de l’impunité tribale, des tentations du repli communautaire, nous croyons, aujourd’hui, à une Mauritanie où l’espérance commune renaît de la vérité, enfin publique et de la réhabilitation des innocents. Nous sommes prêts à concourir, de tout cœur et sans rancune, à une réconciliation nationale qui éclaire d’abord
les consciences, retient les leçons de la tragédie et lie, enfin, la réparation au pardon. Ni la surenchère ni l’hypocrisie ne nous habitent. Nous sommes définitivement à l’abri des sirènes de la revanche, pour la Mauritanie, notre Mauritanie à reconstruire sur de nouveaux fondements, d’égalité d’abord, de la loi toujours, enfin affranchie du racisme et de toutes autres discriminations». Fin de citation.
Ne convient-il pas de le dire? Si les représentants des victimes ont le formidable sentiment de pouvoir pardonner, n’est-il pas indiqué que les responsables de leurs souffrances, aient eux aussi, la capacité de reconnaître et de réparer… «au nom de la Mauritanie, notre Mauritanie» ?
Isselmou Ould Moustapha


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