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Procès du Salafisme Mauritanien : Six prévenus comparaissent devant la cour criminelle   
21/05/2007

Six prévenus ont comparu lundi 21 mai à Nouakchott, devant la cour criminelle. Il s’agit de deux imams de mosquées : Mohamed Mahfoudh Ould Idoumou et Ahmed Ould Kory Ould Kich (notre photo) accusés par les autorités d’avoir crée en 2000 «le Groupe Islamique Mauritanien pour la Prêche et Jihad» en plus de quatre jeunes: Ahmed Ould Hine, Sidi Ould Bah Ould Limam, Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall et Abderrahmane Ould Ghowth accusés à leur tour, d’avoir suivi au milieu de l’année 2004, un entraînement militaire au sein du GSPC-Algérien.



Ce procès va concerner une vingtaine de prévenus en détention depuis plus de 25 mois. Une affluence considérable et des conditions de sécurité renforcées (mais très loin de rappeler celles qui avaient caractérisées le procès des putschistes de juin 2003), ont marqué le début de ce procès, qui permettra de faire la lumière sur les accusations d’accointance avec Al Qaida et le GSPC, formulées il y a plus deux ans, par la Police, contre des imams de mosquées et des jeunes.
Des accusations qui tombent sous les dispositions d’une nouvelle loi anti-terroriste, mais dont la gravité n’avait pourtant pas, empêché la justice de prononcer en septembre 2005 une ordonnance de non lieu en faveur de 77 prévenus cités dans l’affaire, et d’accorder en juillet 2006, la liberté provisoire à 8 autres prévenus.
L’ouverture a été marquée par une demande d’ajournement du procès formulée par les avocats de la défense pour faire prévaloir le nouveau code de procédure pénale adopté par les autorités de la transition, lequel, offre plus de protections aux prévenus, en ce sens, qu’il rend de première instance les jugements de la cour criminelle qui étaient définitifs, dans le premier code. Ce qui fait qu’ils vont devenir susceptibles de faire objet d’appel alors qu’ils étaient par le passé, seulement passibles de pourvoi en cassation devant la cour suprême. Le nouveau code offre également de nouvelles garanties pour les prévenus avec l’obligation faite que les procès verbaux d’enquête de police soient signés, page par page par les prévenus.
Après un bref arrêt au début du procès, la cour a accédé à la requête des avocats. Ce sont donc les dispositions du nouveau code de procédure publié il y a quelques jours dans le journal officiel, qui seront prises en considération.
Premier à comparaître, Mohamed Mahfoudh Ould Idoumou présenté par la Police comme l’ «Emir» du Groupe. Gravement malade, il est cardiaque Ould Idoumou a plaidé non coupable et nié en bloc les accusations portées contre lui.
Interrogé par le parquet sur l’histoire de la voiture enlevée par le groupe, Ahmed Ould Kory Ould Kich ex-imam d’une mosquée à Dar Naim après avoir nié tout rapt de véhicule (décrit dans les procès verbaux tantôt comme étant une VX, une Prado et parfois comme une Hilux) s’est insurgé en lançant : «On n’interroge pas un Imam sur le vol de voiture. Posez ce genre de questions aux délinquants ou aux ministres de Ould Taya ».
Les quatre jeunes ont a leur tour nié les charges retenues contre eux dans les procès verbaux de police affirmant qu’elles ont été obtenues sous la torture pratiquée par la police qui était restée présente lors de leurs premières comparutions en mai 2005 devant le juge d’instruction. Me Ahmed Ould Youssouf le bâtonnier de l’ordre des avocats a demandé à ce sujet, la convocation par la cour, des policiers tortionnaires.
Selon Me Limam Ould Cheikh «aucun lien organisationnel ne lie les prévenus. Le dossier prouve qu’il n y a pas terrorisme en Mauritanie. Ces jeunes ont été emprisonnés, torturés et humiliés, s’ils étaient des terroristes il y a aurait eu réaction à cela, surtout que parmi eux, certains se sont évadés». Et de poursuivre : «Je souhaite que ce procès soit le signe avant coureur pour clore ce dossier et libérer les détenus».
IOM


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