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Reportage : l’Arrivage fait ravage   
18/05/2007

«Arrivage». Voici un terme qui a acquis une nouvelle acception chez nous depuis années ! En effet, en plus du sens que lui confère le dictionnaire, ce mot traduit désormais une activité hautement lucrative que des hommes et femmes débrouillards on trouvé pour se faire des sous. Elle consiste à faire venir d’Europe et de certains pays du Golfe du matériel usagé pour le revendre aux mauritaniens aux revenus modestes. Si cette activité nourrit bien son homme, elle n’en suscite pas moins une concurrence sauvage dans le secteur. En outre, pour des articles de seconde main, les prix proposés sont parfois prohibitifs.



Tout est parti de l’intérêt soudain que les mauritaniens ont apporté aux fripes. Cela remonte aux débuts des années 90. Avant cette date, porter des habits d’occasion n’était franchement pas le meilleur moyen de se faire respecter. A la limite, se faire surprendre à farfouiller dans un tas de vieux pantalons ou de chaussettes était carrément dévalorisant. Toujours est-il que, sans qu’on ne le sente venir, tout le monde a commencé à porter des fripes sans le moindre complexe. Il n’est pas rare que l’on assiste pendant l’ouverture des ballots de fripes à des plongeons spectaculaires. Qui, pour pêcher une paire de baskets, qui, pour dégoter le tee-shirt de ses rêves. Le secteur a littéralement explosé par la suite. A telle enseigne que les fripiers ont donné des idées à d’autres. Ainsi des particuliers qui ne s’étaient jamais investi dans le secteur de l’importation se sont mis à déverser sur le marché en plus des vêtements, des articles des plus divers. Allant de l’armoire au frigo ainsi que la chaîne hi-fi .mais aussi les moteurs de voitures d’occasion. Un nouveau terme générique est né «:arrivage » Le quartier du Ksar fut pendant longtemps l’adresse adéquate pour qui veut se doter d’un moteur de voiture d’occasion. Par la suite, le phénomène des «bourses» a également vu jour. Il s’agit de particuliers ou de groupes de personnes qui importent des véhicules d’occasion et les parquent dans de grandes aires. Là, acheteurs et démarcheurs viendront les admirer les prix se décident à coups de marchandage serrés. Si un marché est conclu, du boss au gardien, chacun y trouve son compte

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De fil en aiguille, une véritable filière s’est installée. Si beaucoup continuent à importer du divers, certains se sont spécialisés dans des produits tels que les frigos, les meubles d’intérieur mais aussi des ordinateurs. Année après année le phénomène de l’arrivage s’est installé dans nos habitudes. Si bien que si une personne de notre connaissance nous met dans le secret de l’acquisition de quelque appareil électroménager, l’on se surprend à lui poser la question : «c’est de l’arrivage ? » S’il y a une chose qui attire l’attention chez les manitous de l’arrivage, c’est le découpage territoriale de la ville de Nouakchott en « zones d’influences ». En effet le temps aidant, les professionnels du milieu se sont organisés de telle sorte que si on veut se munir de moteurs d’occasion, c’est donc vers le Ksar qu’il faudrait se diriger. Pour celui qui cherche un frigo, la bonne adresse est Toujounine. Précisément sur le tronçon de la route de l’Espoir qui va de la fin de l’aéroport de Nouakchott jusqu’au carrefour de Ten Soueilim .Si vous êtes à la recherche d’une voiture d’occasion, l’adresse la mieux indiquée reste l’axe qui va du carrefour Madrid aux encablures du carrefour Nancy sur la route de Rosso. Quant aux amateurs de matériels divers, ils doivent se diriger du côté du quartier SOCOGIM. Sur les deux bords de la rue allant du camp des gardes aux confins du quartier El Mina, les boutiques d’arrivage sont reconnaissables aux objets hétéroclites disposés sur leur devanture. Il y’a des fauteuils, des scooters des lits et bien d’autres lots matériels. Une telle profusion d’articles devait régler les problèmes d’équipement de la classe moyenne mauritanienne. Que nenni ! Les prix qui étaient relativement abordables aux débuts sont devenus tout simplement inaccessibles. Pour preuve, une chaîne hi-fi qui valait 10 000 Um se négocie désormais à 40 000 Um. Le frigo ne se vend pas moins de 50 000 Um. La liste n’est pas exhaustive Ainsi est la Mauritanie : on lance des initiatives commerciales accompagnées de prix défiant toute concurrence. On attend que le poisson morde et tac ! On le ferre. Aussi, le prix d’un article peut se quintupler en l’espace d’un mois. Et personne n’y trouvera rien à redire. 
Biri N’ DIAYE


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