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Six jihadistes présumés inculpés de terrorisme: Lors de leur arrestation, ils détenaient des armes et des munitions   
13/04/2007

Six jihadistes présumés, cinq mauritaniens et un marocain, arrêtés il y a deux semaines à Nouakchott en possession d’armes et de munitions, ont été inculpés mercredi par la justice mauritanienne d’"activités terroristes".Le procureur de la République du tribunal de Nouakchott a inculpé cinq des prévenus, dont le ressortissant marocain, d’"appartenance à une organisation terroriste ayant pour but l’atteinte à la sûreté de l’Etat". Ces cinq suspects sont les mauritaniens Ahmed Ould Abbass, Mohmed Ould Ahmedy, Brahim Ould sid Ely, Abdallahi Ould Jiddou et le Marocain Ahmed Ould Hassouna.



Le sixième homme -Mohamed Yahya Ould Mohamed Fadel- est poursuivi du chef d’accusation de "blanchiment d’argent pour financer des organisations terroristes", a ajouté le procureur Mohamed Mahmoud Ould Talhata.
Lors de leur arrestation, les six prévenus détenaient des armes et des munitions de type Kalachnikov, ainsi que des obus pour lance-grenades, selon le procureur. Recherchés depuis trois mois, ils ont arrêtés sur la base de renseignement très précis.
Le procureur a renvoyé les six prévenus devant le juge antiterroriste pour enquête et les a placés sous mandant de dépôt à la prison centrale de Nouakchott.
Les six hommes inculpés mercredi appartiennent au Groupe mauritanien pour la prêche et le djihad, un groupe lié à la branche d’Al-Qaïda au Maghreb. Le même jour, en Algérie, ce dernier groupe a revendiqué un triple attentat-suicide au véhicule piégé à Alger et dans sa banlieue, qui a fait 24 morts et plus de 220 blessés.
Selon le parquet, deux Mauritaniens et un Marocain sont inculpés pour "appartenance à une organisation constituée pour la préparation d’actes visant l’atteinte à la sécurité"du pays.
Cette organisation "s’adonne à la possession, à l’achat, au transport et à la vente d’armes et de munitions à des organisations terroristes", a-t-on appris auprès d’une source proche du parquet.
Deux autres Mauritaniens, dont l’un est en fuite et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, ont quant à eux été accusés de "vente d’armes et de munitions interdite par la loi" et tombent sous le coup de la loi anti-terroriste, a indiqué la même source sous couvert de l’anonymat.
Le gouvernement mauritanien est en guerre contre le courant islamiste salafiste depuis l’attaque menée en juin 2005 par le GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) algérien, contre une base de l’armée mauritanienne. Cette attaque avait fait quinze morts et de blessés parmi l’armée mauritanienne. Depuis 2005, près de 30 salafistes sont emprisonnées en Mauritanie pour "activités terroristes".

Une délégation américaine à l’investiture du président mauritanien
Une délégation officielle, désignée par le président américain George W. Bush, se rendra à Nouakchott pour assister à la cérémonie d’investiture du président mauritanien, M. Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, qui aura lieu le 19 avril.
La délégation sera présidée par le secrétaire d’état adjoint, M. John D. Negroponte, qui achèvera ainsi une tournée africaine qui l’aura menée au Soudan, au Tchad et en Libye, a annoncé la maison blanche.
Elle comprend la secrétaire d’Etat adjointe chargée des affaires africaines, Jendayi Frazer, le commandant-adjoint du commandement américain en Europe, le Général William E. Ward et l’assistant spécial du président et directeur des affaires africaines du conseil de sécurité nationale, Bobby Pittman
Le Maroc présente son plan d’autonomie à l’ONU ; le Polisario riposte
Le Maroc et le Front Polisario, qui lui conteste la souveraineté sur le Sahara occidental, ont présenté à l’ONU deux projets opposés pour mettre fin au conflit qui les oppose depuis 32 ans.
Mercredi à New York, Rabat a franchi un nouveau pas en présentant son plan d’autonomie au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.
Ce plan accorde de larges prérogatives aux habitants du Sahara occidental, mais sous la souveraineté du Maroc. Des négociations avec les parties (Front Polisario et éventuellement l’Algérie) et un référendum sur le projet d’autonomie ont notamment été proposés par le Royaume.
Cette proposition, lancée par le roi Mohammed VI du Maroc, avait été vigoureusement dénoncée et rejetée par le Polisario qui réaffirmait "le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination".
Ce mouvement indépendantiste, soutenu par Alger, a de son côté proposé un autre plan à l’ONU, le même jour. Il offre des "garanties sur le statut des résidents marocains au Sahara occidental, l’exploitation en commun et équitable de ses ressources et des garanties sécuritaires au Maroc", selon une déclaration à l’AFP de M’hammed Khaddad, coordinateur sahraoui avec la Mission des Nations unies pour le Sahara occidental (Minurso).
Le Polisario a pris acte des changements économiques et sociaux, notamment des investissements considérables engagés par le Maroc dans les infrastructures et le développement urbain du Sahara occidental.
Ce mouvement indépendantiste présente un projet qu’il considère comme "souple et constructif", qui "garantit les droits nationaux du peuple sahraoui à l’autodétermination à travers un référendum libre et régulier".
Le projet est aussi, selon un communiqué du Polisario, "ouvert à la coopération et à des relations de bon voisinage avec le Royaume du Maroc et l’ensemble des pays de la région".
Un changement notable de ton a marqué l’attitude du Polisario et celle du Maroc, qui, lui aussi, s’est engagé dans son projet présenté mercredi à Ban Ki-moon, à "négocier avec bonne foi et de manière constructive (...) pour parvenir à une solution politique définitive et acceptée de toutes les parties afin de régler ce différend dont souffre toute la région".
La vaste campagne diplomatique de Rabat qui a envoyé ces deux derniers mois des émissaires à tous les pays membres du Conseil de sécurité et à de nombreux dirigeants du monde arabe, d’Europe, d’Afrique et d’Amérique latine pour expliquer le projet d’autonomie, a réussi à gagner la sympathie ou la "compréhension" de plusieurs capitales, notamment de Madrid, ancienne puissance coloniale, et de Washington.
Rabat propose que le régime d’autonomie soit issu des négociations, et soumis à "une consultation référendaire des habitants concernés, conformément au principe d’autodétermination et aux articles de la charte des Nations unies".
Le projet marocain accorde aux Sahraouis "la gestion de leurs affaires par le biais d’institutions législatives, exécutives et judiciaires", dans le cadre de la souveraineté marocaine. Un parlement, une police et des tribunaux locaux ont notamment été proposés par le Royaume.
Selon le projet de Rabat, l’Etat marocain gardera les attributs de la souveraineté, "notamment le drapeau (national), l’hymne national et la monnaie". La sûreté nationale, la défense, l’unité territoriale, les relations extérieures et le système judiciaire du royaume seront assurés et gérés par l’Etat marocain.
Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, a été annexé par Rabat en 1975. Cette annexion a été refusée par le front Polisario qui réclame l’indépendance du territoire, avec le soutien de l’Algérie.

Les algérois en proie à la peur du retour de ’’la décennie de sang’’
Au lendemain des attentats qui ont fait 33 morts et 57 blessés à Alger, ciblant particulièrement le palais du gouvernement, un joyau de l’architecture colonial, les Algérois étaient encore en état de choc jeudi. Ils appréhendent désormais le retour à "la décennie de sang" qui a fait plus de 200.000 morts dans les années 1990.
"On croyait que le pire était derrière, mais avec ce qui vient de se produire, j’ai peur qu’on replonge dans l’engrenage de la mort", s’est inquiété Sabrina Amalou, une secrétaire qui travaille non loin du palais du gouvernement. Pour sa part, Rabah Ben Laouane,
directeur d’école, a fait part de sa peur pour les enfants. "J’ai peur qu’ils ciblent les écoles pour faire beaucoup de dégâts et faire parler d’eux", a-t-il confié. En ce premier jour de week-end en Algérie, les kiosques à journaux ont été pris d’assaut par des citoyens en quête
d’informations et d’explications sur ces attentats perpétrés contre le palais et contre le commissariat de Bab Ezzouar, à l’est de la capitale. L’ensemble de la presse a en effet consacré sa "une" aux violences. "Assassins", écrivait "Liberté", dans une allusion aux
auteurs des attentats. "Al Qaïda au Maghreb frappe au coeur du pouvoir algérien", notait en manchette le "Jeune Indépendant. "Opération Kamikaze", titrait de son côté le "Soir d’Algérie", alors qu’El Watan" soulignait "Kamikaze sur Alger".
Sur les axes routiers conduisant vers Alger, le dispositif de
sécurité a été renforcé, avec la multiplication de barrages où les conducteurs sont désormais conviés à marquer de brefs arrêts pour permettre aux gendarmes ou aux policiers, armes aux poings, d’observer l’intérieur des véhicules. Au palais du gouvernement, dont l’accès est fermé, des dizaines de travailleurs étaient déjà à pied d’oeuvre jeudi pour installer les échafaudages et entamer les travaux de remise en état de la façade détruite par l’explosion de mercredi.
Dans la rue Dr Saâdane, qui surplombe le palais, des centaines de voitures étaient stationnées en file indienne, leurs occupants, accoudés à la rambarde de sécurité, regardant ce qu’il était advenu du palais du gouvernement. "C’est triste à voir", a confié Chabane Raissi, un fonctionnaire de la poste, "spécialement venu pour voir de visu les images montrées par la télévision".
Des processions mortuaires se sont déroulées dans les cimetières de la capitale dans la journée, pour l’enterrement des victimes, selon un rite musulman. D’autres familles ayant perdu les leurs ont préféré attendre vendredi, jour des prières, pour les enterrer.
"Il revenait d’une mission au sud du pays. Il attendait le véhicule de service devant le portail de la protection civile quand la première bombe a explosé", a raconté, en larmes, le fils d’un
pompier en enterrant son père au cimetière de Bousekloune, à l’est d’Alger.
Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni a fait la tournée des hôpitaux algérois où les blessés ont été évacués après les attentats. L’occasion de communiquer le dernier bilan, 33 morts et 57 blessés, et de s’exprimer sur les deux attentats. Il a imputé ces violences au GSPC, désormais branche d’Al-Qaïda au Maghreb, qui a revendiqué ces attentats dès mercredi.
La veille, le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, avait qualifié les attentats de "provocation médiatique" avant les élections de mai, prévenant les auteurs des attentats que "le peuple algérien n’accepte pas leur approche et leur style, comme il refuse la violence et le terrorisme".
La classe politique algérienne, de son côté, a condamné les deux attentats. Mais des formations comme le Mouvement démocratique et social (marxiste) et le Front des forces socialistes (FFS) ont imputé, chacun selon son analyse, le retour des attentats à l’échec
de la politique de réconciliation nationale du président algérien Abdelaziz Bouteflika et la "faillite" de la thèse officielle du "terrorisme résiduel".


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