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Histoire: l ’insurrection des Bani Ganiyya : (1185 -1222) (2eme partie)   
28/03/2007

En l’an 605 de l’hégire qui correspond à l’année 1207 de l’ère chrétienne, soit une année après la débâcle qui lui a été infligée par le redoutable gouverneur hafside , Yahya Ibnou Ghaniyya, qui s’est réfugié dans le grand désert, a pu réorganiser ses troupes et partit à l’assaut de Tahart ( dans l’actuelle Algérie) .



Cette offensive se soldat par une horrible dévastation des lieux et d’un massacre qui visé les talibés almohades dont plus de 1600 , parmi les quels le wali, ses fils et tous les membres de la famille de celui-ci , ont été tués d’un coup.
Il semble qu’au cours de son séjour au Sahara, Ibn ou Ghaniyya avait réussi à mettre sur pied une puissante Armée qui se composait des rescapés almoravides et des bédouins arabes venus d’autres horizons. Le rebelle des îles Baléares avait, donc, pu convaincre de nombreuses confédérations tribales sahraouies assoiffées de vengeance et de guerre à reconquérir, à nouveau, l’Afrique du Nord. 
Mais cette nouvelle offensive a été stoppée par le même gouverneur hafside qui avait déjà maté la rébellion de Ibn ou Ghaniyya dans le sud tunisien. Au cours d’un rude combat qui a eu lieu , cette fois ci , prés de Djebel Nef foussa , le rebelle des îles Baléares fut battu et ses espoirs de restaurer le pouvoir almoravide en Afrique du Nord se sont évaporés. Sa puissance à été réduite à néant , sa soldatesque a été écrasée et plusieurs des membres de sa propre famille ainsi que des commandants des tribus arabes qui lui ont prêté allégeance ont été tués.
Ayant échappé à la mort, il refusa pourtant une réconciliation avec le pouvoir almoravide malgré une initiative pacifique qui a été prise par l’un de ses frères qui s’est rendu à Marrakech où les Almohades l’ont accueilli avec joie.
Le rebelle Yahya Ibn ou Ghanniya a préféré un nouvel exil dans le désert.
Il sillonna le Sahara durant trois ans et se dirigea vers Waddane (Libye) dont l’accès était particulièrement difficile. Avec la complicité des tribus arabes, il complota contre son ancien allié l’émir d’origine arménienne dénommé Gharavitch.
. Ibnou Ghaniyya captura et , par la suite, tua ce prince qui régnait dans le désert libyen depuis son arrivée en 568 de l’hégire (1171 ap. JC) en tant que commandant de l’une des armées de Taghiyyou Addine, le neveu du grand Saladin .
Le rebelle almoravide attendit dix ans dans ce coin du désert, jusqu’à la mort de l’invincible gouverneur hafside, pour relancer sa guérilla dans le Maghreb central et au bas Maghreb.
En effet, juste après la mort du gouverneur hafside en l’an 619 de l’hégire (1222 ap .JC), Ibnou Ghaniyya fit son apparition aux confins de l’Ifriqiya. Refoulé, à nouveau, au Sahara, il s’enfonça dans le désert lointain.
Au sujet de cette rébellion, les sources indiquent que les Bani ghaniyya qui ont pénétré dans le domaine saharien (Particulièrement dans ce qui correspond à la Mauritanie actuelle) ont été accompagnés de plusieurs groupements tribaux qui sont les ancêtres de quelques tribus locales comme les Twabir, les Ou lad Mezzoug et d’autres tribus arabes dont la puissance fut réduite au fil du temps.
Il convient de signaler que si nous avons accordé un certain intérêt à l’insurrection des Bani Ghaniyya c’est parce qu’elle constitue un élément fondateur et occupe une place prépondérante dans la mémoire des dizaines des tribus maures qui résidaient dans l’ancienne cité de Abbeir.
Cette cité qui se trouvait à la proximité de l’actuelle Shinguitti fut fondée en l’an 160 de l’hégire (776 ap. JC) et fut peuplée par des tribus qui se dispersées à la suite d’un incident tragique que les chroniqueurs retiennent sous l’appellation « meurtre de Nabila »
Sidi Abdullah ibnou Al Hadj Ibrahim (m. 1223 H – 1818 ap. JC) rapporte à ce sujet : « les Alaouites se composaient de nombreuses tribus qui vivaient à Abbeir , et on nous dis que toute tribu don le nom commence par Idh serait originaire des Zawiyas de cette cité (Abbeir) , les Alaouites qui y résidaient étaient 40 ou 42 tribus qui comprenaient des Alaouites d’origine et d’autres par alliance. La règle dans la cité était de tuer le meurtrier jusqu’au jour où notre aïeul Yahya a tué un citadin, il y’a eu divergence au sujet de ce meurtre.. Certains ont dit qu’il faut appliquer la règle et tuer le meurtrier. D’autres, par contre ont soutenu qu’il faut l’expulser. Ils se contentèrent, donc, d’ordonner son expulsion en raison de son prestige, de son influence et du respect dont il jouissait. Après cette décision d’expulsion notre aïeul s’en est allé sillonner le pays ».
Par delà l’historicité réelle de ce personnage dénommé Yahya de Abbeir dont la preuve a été apportée par le témoignage d’un savant érudit, réputé pour sa probité et ses scrupules moraux, il est curieux de constater la similitude de ce récit avec celui qui a été relaté par Ibnou Khaldoun au sujet de Yahya Ibn ou Ghaniyya Al massouffi. 
Hamahou Allah Ould Salem
Professeur à l’Université de Nouakchott, lauréat du prix Chinghuit 2006.
(A suivre)


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