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Une organisation secrète revendique l’attaque de Kaédi   
22/03/2007

Une organisation jusqu’ici inconnue, aurait revendiqué l’attaque armée perpétrée le 11 mars dernier, lors de l’élection présidentielle, contre le bureau de la préfecture de kaedi, à 450 km au sud de nouakchott. Dans un communiqué distribué aux journalistes et dont les journaux se sont faits l’écho jeudi, "le Front de l’Unité, de la Justice et de l’Egalité en Mauritanie" indique que l’opération qui a fait un mort (le garde Coulibaly) "intervient en réaction à l’attitude du conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) qui a ignoré la question des mauritaniens expulsés vers le Sénégal et négligé le règlement de la question de l’unité nationale". Un garde a été tué par balle dans la nuit de dimanche à lundi à Kaédi, située sur la frontière avec le Sénégal par des hommes armés qui ont tiré sur la préfecture où se déroulaient des opérations de décompte des voix dans le cadre du scrutin présidentiel. Cette attaque constitue un développement grave en Mauritanie car c’est la première fois qu’un groupe prétendant être d’obédience politique commet une telle action, depuis l’arrivée au pouvoir du CMJD.



        La Commission Européenne félicite les Mauritaniens

La commission européenne a félicité le 15 mars le peuple mauritanien, les acteurs politiques et les autorités de transition pour "la réalisation du premier tour de l’élection présidentielle dans le calme, la transparence et le respect de la loi".
Dans un communiqué publié, jeudi dernier à Bruxelles, l’exécutif européen note avec satisfaction que "les libertés d’expression et de circulation ont été assurées aux candidats pendant la campagne électorale et que les autorités de transition ont respecté leur engagement de neutralité pendant le processus électoral".
Le commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, Louis Michel, a souligné "la nature très ouverte de l’élection qui a permis qu’un véritable choix ait été offert aux électeurs".
Cette élection, a-t-il dit, s’est déroulée dans de "bonnes conditions et dans le respect du calendrier initialement fixé".
La commission européenne relève aussi des améliorations techniques et administratives apportées aux processus électoraux en mauritanie, lesquelles "améliorations ont permis des progrès en matière de qualité des scrutins et une meilleure prise en compte du choix des électeurs".
L’exécutif européen exprime, par ailleurs, sa volonté de continuer à soutenir le processus de démocratisation en Mauritanie, se félicitant des engagements pris par les autorités du pays "dans les domaines du respect des principes démocratiques, des droits et libertés fondamentaux et de l’etat de droit ainsi que de la bonne gestion des affaires publiques". L’Union européenne a dépêché depuis le début du processus électoral en Mauritanie, une mission d’observation conduite par l’eurodéputée Marie-Anne Isler Béguin.


                       "RÉGULARITÉ SATISFAISANTE"
Les électeurs ont "généralement" pu voter au premier tour de l’élection présidentielle en Mauritanie "dans des conditions de transparence et de régularité satisfaisantes", ont indiqué mercredi les observateurs européens.
Mais "dans certaines régions, les activités de propagande électorale ou visant à influencer les électeurs se sont néanmoins poursuivies ouvertement pendant le scrutin aux abords des bureaux de vote", a indiqué la mission d’observation électorale de l’Union Européenne.
"Le caractère équitable de la compétition mériterait à l’avenir d’être renforcé par l’organisation de véritables débats d’idées et par le contrôle effectif du financement des campagnes", selon une déclaration préliminaire lue par la chef de mission, l’Euro-députée Marie-anne Isler Béguin.
Avec quelque 80 observateurs sur le terrain, qui ont visité 26% des 2.378 bureaux de vote, la mission européenne est la plus importante des missions d’observation étrangères déployées en Mauritanie..
Un second tour sera organisé le 25 mars entre Sidi Ould Cheikh Abdallahi (ex-majorité présidentielle), qui est arrivé en tête avec près de 25% des voix, et Ahmed Ould Daddah (ex-opposition), qui a obtenu un peu plus de 20% des suffrages.
Cette élection présidentielle constitue le point final du processus de restitution du pouvoir aux civils après un coup d’Etat militaire en août 2005.
"Hormis un incident sérieux survenu à Kaedi (sud) lors de la consolidation des résultats, la journée du scrutin s’est déroulée dans le calme et dans le respect des procédures en vigueur", selon la mission.
Des hommes armés ont tiré lundi 12 mars vers 02h00 (locales et GMT) sur des locaux de la préfecture de Kaedi, où s’effectuait le décompte des voix. Un garde a été tué et un véhicule de la mission d’observation européenne criblé de balles.
"Le président (Ely Ould Mohamed Vall ) nous a dit qu’une enquête était en cours. J’attendrai qu’elle soit terminée pour me prononcer. Mais on ne change rien à notre dispositif" pour le second tour, a précisé la chef de mission lors d’une conférence de presse.
La mission a également relevé que "les candidats disposaient de moyens matériels et financiers manifestement forts inégaux. La réglementation sur le plafonnement et le contrôle des dépenses de campagne n’a pas été mise en oeuvre".
"D’où provient cet argent pour faire des grandes campagnes?", s’est demandée la chef de mission. "On n’a pas pu détecter si telle ou telle partie de l’administration soutenait un candidat", a-t-elle souligné.
"La neutralité des autorités et de l’administration a généralement été respectée. Le ministère de l’Intérieur et l’administration territoriale dans l’ensemble ont assuré leur rôle d’organisateurs des élections en restant neutres et impartiaux", a toutefois précisé la mission dans son rapport.

 

Appel des scientifiques pour une archéologie préventive en Afrique

 

Plusieurs dizaines d’archéologues et chercheurs européens et africains, réunis en Mauritanie, ont lancé un "Appel de Nouakchott" dans lequel ils dénoncent des ""menaces" contre le patrimoine archéologique de l’Afrique et demandent sa "protection et sa valorisation".
L’appel, répercuté en France par l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives), dans un communiqué , a été lancé à la suite d’un colloque international qui a réuni du 1er au 3 février des scientifiques africains et européens et des représentants d’aménageurs (travaux publics, pétrole...).
Les scientifiques y affirment que les travaux actuels d’aménagement du territoire en Afrique, qui s’accélèrent et se multiplient, "mettent en danger les vestiges archéologiques qui y sont enfouis, vestiges dont la contribution à notre connaissance du passé africain est irremplaçable".
Ils demandent donc que les règles internationales relatives à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine archéologique "fassent l’objet de mesures d’application concrètes en Afrique", c’est-à-dire qu’il y ait systématiquement fouilles avant un chantier.
Les réglementations diverses doivent ainsi intégrer "le principe d’un partenariat technique et financier obligatoire entre aménageurs" et les personnes en charge de l’archéologie et du patrimoine, selon l’appel.
Les scientifiques veulent ainsi que les fouilles soient prises en charge financièrement par les aménageurs, et que soit conditionnée à ces fouilles préventives toute aide des organisations internationales.
L’appel demande des mesures "d’information et de sensibilisation à l’intention des populations locales" pour éviter pillage et destruction sur un continent où sévissent les fouilles clandestines.
Le colloque intitulé "les perspectives de l’archéologie préventive en Afrique de l’ouest", a été organisé par l’Institut Mauritanien de Recherches Scientifiques et l’INRAP, en présence d’un représentant de l’UNESCO.

 

 


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