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Maghreb Arabe : Le spectre d’un «arc terroriste» islamiste   
22/03/2007

Les mouvements islamistes radicaux d’Afrique du Nord s’unissent progressivement sous la bannière d’Al Qaïda et menacent les pays de la région, la France et l’Europe, préviennent des experts.



Même si les liens et les échanges entre les organisations terroristes marocaines, algériennes, libyennes, tunisiennes voire sub-sahariennes remontent à plusieurs années, l’affiliation du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) algérien à Al Qaïda, officialisée en septembre sous l’appelation "Al Qaïda au Maghreb", est un signe supplémentaire d’intégration de ces réseaux et un grave motif d’inquiétude, estiment-ils.
Pour le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière, "tous les ingrédients sont réunis: l’ex-GSPC a vocation de prendre en compte l’ensemble des mouvements radicaux du Maghreb: le GICL libyen, le GICM marocain, le GICT tunisien. On a un arc islamiste, avec des projets également dans le sud, au Sahel".
"L’appelation Al Qaïda au Maghreb cela veut dire quoi? Elle traduit la volonté affichée d’une régionalisation de l’organisation (...) C’est notre sujet de préoccupation majeur et il est clair que cela constitue une menace directe pour la France", ajoute-t-il.
Intervenant à la tribune d’une conférence régionale l’an dernier à Alger, Henry Crumpton, ambassadeur itinérant des Etats-Unis chargé du contre-terrorisme, avait assuré que "le GSPC est devenu une organisation terroriste régionale, qui recrute et opère dans vos pays, et au-delà. Il a forgé des liens avec des groupes terroristes au Maroc, au Nigeria, en Mauritanie, en Tunisie et ailleurs".
Dans un rapport publié le 5 mars, le centre de recherches privé américain Stratfor écrivait que "l’expansion d’Al Qaïda au Maghreb intervient à un moment où l’activité militante dans la région est à la hausse, et semble être une tentative de coordonner les différents mouvements régionaux soumis aux pressions des appareils de sécurité de leurs pays respectifs".
En Algérie, après avoir subi une série de revers face à l’armée et la police, le GSPC rebaptisé s’est attaqué à nouveau à des objectifs internationaux, avec le 10 décembre l’attaque d’un autocar transportant des employés du groupe américain Halliburton (un tué, huit blessés) et le 3 mars des attentats à la bombe contre des véhicules à bord desquels avaient pris place 21 travailleurs russes (4 morts, dont un russe).
Pour Louis Caprioli, ancien sous-directeur chargé de la lutte antiterroriste à la DST (contre-espionnage français), "les contacts entre les différents mouvements de la région sont bien antérieurs à l’adoption de l’appelation Al Qaïda au Maghreb".
"En ce qui concerne les Marocains et les Libyens, cela remonte à 98/99. Tout cela se retrouve maintenant sur le terrain (...) On a déjà arrêté des Marocains et des Tunisiens en Algérie. Les frontières sont poreuses. Les gens de l’ex-GSPC jouent un rôle de formateurs, dans leurs maquis, et de transit avant d’envoyer les gars en Irak ou en l’Afghanistan".
"Pour la France, c’est très inquiétant", ajoute-t-il. "Quand ils menacent, il y a toujours un moment où ils frappent. Et ils menacent la France depuis des années".
Toutefois, il estime que "ce que l’on a certainement pas encore, c’est un commandement unique, qui fédère l’ensemble de la mouvance. Les nationaux montent encore leurs opérations dans leurs pays".
Un avis que partage Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE (services de renseignement français). "Tout cela ne marche pas nécessairement ensemble", estime-t-il. "Le fait que les uns aillent chercher des armes chez les autres, ce n’est pas nouveau. Un partage de la logistique, oui, bien sûr. Mais monter un mouvement cohérent avec une stratégie cohérente et des buts cohérents, je ne pense pas qu’on en soit encore là".
Michel MOUTOT


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