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Politique budgétaire et campagne présidentielle: Des projets présidentiels financés comment?   
07/03/2007

En pleine campagne électorale, les promesses électorales pleuvent; et le comment de leur financement n’est toujours pas explicité par les candidats, en partie faute de débats. Voici quelques mécanismes, chiffres, et perspectives du budget mauritanien, pour mesurer les promesses à l’aune de ceux-ci…



Des projets à chiffrer- En 2006, le budget de l’Etat mauritanien a été de 180 milliards d’ouguiyas, dont 50% perçus par les recettes fiscales (sur les bénéfices des entreprises, les salaires). Dans toute économie saine, elles sont censées être pérennes, c’est-à-dire représenter le segment essentiel dans les ressources étatiques; ce qui n’est pas le cas en Mauritanie, où elles représentent à peine 20%. L’impôt sur les salaires rapporte plus de dix milliards d’ouguiyas par an. La TVA a rapporté plus de 33 milliards d’ouguiyas en 2006, alors qu’on en tirait avec grande peine 4, dix ans auparavant. Les autres impôts indirects (droits de douanes, taxes d’habitation etc.) sont gérés de façon trop obscures pour être réellement estimés, ou alors insignifiants dans les ressources du pays (comme la taxe sur l’habitation qui équivaut à même pas 1% des ressources de l’État). «Tous les autres impôts, indirects eux, sont supportés par le consommateur final, vu qu’ils entrent en compte dans l’élaboration des prix des biens de consommation» expose Diombar Thiam, directeur au budget. À ce titre, il est donc primordial de savoir chiffrer ses projets, et savoir donc comment les financer. Et beaucoup de projets des actuels candidats, sans être chiffrés, et sans tenir compte de la réalité budgétaire du pays (qui reste quand même un pays pauvre pour le moment), laissent à penser qu’ils entraîneront un important déficit, qu’il faudra financer par des emprunts extérieurs ou par l’émission de bons du Trésor. Ce ne sont que des solutions de court terme, car elles ont une conséquence sur l’investissement par un important effet d’éviction sur le marché financier, d’un pécule dont sera privé le secteur privé, nécessaire à la promotion d’une croissance durable.

Pas de croissance sans une inflation maîtrisée- «Lutter contre l’inflation c’est lutter pour la croissance, et donc contre la pauvreté» avance Hassan Ould Zeïne, directeur des études économiques au ministère des affaires économiques et du développement. Et l’inflation dans notre pays a longtemps été due à une masse monétaire non maîtrisée, et celle-ci a encore une répercussion aujourd’hui.
Les prix en ont pâti, mais leur hausse est essentiellement due à un marché de l’offre, où dans tous les secteurs de biens il y a, à défaut d’une situation de quasi monopole, une situation d’oligopoles. Dans une telle situation une poignée d’hommes d’affaires ou d’entreprises s’entendent sur un seuil de prix, et des cas où les augmenter. Sans une instance organisée de régulation de la concurrence (où le consommateur est assuré que le prix est sujet à une réelle concurrence entre les offreurs, seule condition qui permette une baisse régulière des prix, jusqu’à un nivellement acceptable par le citoyen), cette situation n’évoluera pas.

Assainir un budget déficitaire- Cette inflation des prix pourrait être maîtrisée avec un solde budgétaire assaini (aujourd’hui à -2,5%). Un tel assainissement est à mettre en perspective par rapport à «des niches de gaspillages de budget encore importants; par exemple, au niveau de l’imposition dans les salaires, il est totalement injuste que les salariés soient les seuls à payer, notamment les salaires moyens» explique Hassan Ould Zeïne. La perception des impôts reste encore perfectible (d’importants progrès ont été effectués en ce sens ces deux dernières années), autant au niveau des salaires, que des entreprises. Des textes complets sont là pour cela, il restera juste pour le futur occupant du fauteuil suprême la volonté politique et le courage nécessaires pour les faire appliquer.

Mamoudou Lamine Kane

 


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