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Cheikh Dedew parle, Cheikh Hamden appelle au silence   
05/04/2012

Quelques jours après la sortie du Cheikh Dedew le 27 mars sur la gouvernance dans laquelle il a dit que le peuple a le droit de choisir son dirigeant, de contrôler son action et de le destituer en cas de défaillances, deux érudits aux ordres, sont montés au créneau lors d’une émission télévisée pour fustiger toute contestation de l’ordre établi et insister...



...sur le fait que l’érudit doit respect et obéissance au Prince.
Cette sortie a créé un vaste élan de sympathie avec le Cheikh Dedew, contesté par les Cheikhs Hamden Ould Tah et Mohamed Fadel Ould Mohamed Lemine , deux érudits de qualité, mais perçus comme étant des soutiens à tout celui qui parvient à se hisser au sommet du pouvoir en Mauritanie .

Le Gouvernement a ainsi lancé ses pions religieux pour contrecarrer le discours du Cheikh Dedew.
En réalité, le pouvoir est mécontent de la mouvance islamiste indépendante , à la quelle il reproche son activisme débordant au sein de l’opposition parlementaire et politique. Le parti islamiste modéré Tawassoul est actuellement en première ligne de la contestation des politiques du régime et se pose en alternative jugée crédible comme au Maroc et en Tunisie . Les étudiants de cette mouvance animent une fronde durement réprimée à l’Institut supérieur des études et recherches islamiques (ISERI) depuis plusieurs mois. Le dernier épisode en date de ce début d’hostilités est la chasse aux sorcières lancée contre les cadres du Tawassoul au niveau de la haute administration avec le limogeage de Souvi Ould Cheibany et Abdoutty Ould Ally respectivement du contrôle financier et du ministère des l’Education. Des directives ont également été données pour empêcher que Cheikh Dedew  voyage en empruntant le salon d’honneur. 

On ne sait donc où les choses évolueront, surtout qu’il semble le pouvoir a bien peur des islamistes et ne se hasarderait donc pas à les affronter de manière frontale.
En janvier 2012 et en prévision des meetings que l’opposition mauritanienne envisageait organiser et dans lesquels Tawassoul jouera un rôle de premier plan, l’islam du « Makhzen » incarné par l’Union des Oulémas de Mauritanie était monté au créneau proposant un angélique prêche du vendredi (khotba) qui dénonçait l’extrémisme et appelait à l’obéissance du dirigeant (weliou el eumri).
La khotba transmise à toutes mosquées relevant du ministère des affaires islamiques mettait en garde contre tout soulèvement et qualifiait de «pagaille» ce qui s’est passé dans le monde (allusion au Printemps arabe).
La soirée du 5 janvier la TVM diffusait une émission où deux religieux, les mêmes invités fin mars 2012, défendaient l’obéissance aux dirigeants et la soumission à celui qui parvient «à avoir le dessus» (meun isteutebeu lehou el eumr) en dominant une communauté des Musulmans.
Très langue bois lui aussi, le journaliste de TVM,  n’a pas daigné demander aux invités : Quelle sera leur attitude au cas où il arriverait que «Belmokhtar» parvienne "à avoir le dessus" chez nous?
Serait-il dés lors un «weliou el eumri» (dirigeant) auquel il va falloir obéir?

IOM


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