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Qu’on nous dise comment ?   
27/02/2007

Quoiqu’on dira, nous sommes en train d’écrire une belle page de notre histoire contemporaine.Une élection présidentielle dans laquelle le Chef de l’Etat n’est pas candidat, supervisée par une commission nationale indépendante, en présence d’observateurs étrangers. Pour y parvenir, il nous a fallu 46 années d’existence, marquées par l’implacable dictature de Ould Daddah, les régimes bananiers qui lui ont succédé, le simulacre démocratique de Ould Taya et un certain 3 août…..



Quelqu’en sera le gagnant, cette élection nous honore à plus d’un titre. Nous nous réconcilierons avec notre classe politique qui a accepté la compétition civilisée et l’arbitrage des urnes auquel elle se soumettra évidemment ; nous nous réconcilierons également avec notre Armée qui aura accepté de céder le pouvoir comme promis à l’issue d’élections.
Mais pour que cette expérience réussisse, il nous revient de nous investir plus que jamais, pour voter en faveur du patriotisme, de la compétence et de l’efficacité. Pour voter pour ceux qui incarnent un meilleur avenir pour ce pays et ses habitants. Qui qu’ils soient, votez pour eux ! Ne soyez pas comme mon voisin qui hésite toujours, entre la sagesse d’un Sidioca , la légitimité historique d’un Ould Daddah ou d’un Messaoud, la probité morale d’un Ould Maouloud, le courage d’un Ould Hannena et le CV d’un Sidi Ould Isselmou.
Mais pour que vous choisissiez bien qu’ils vous aident ces candidats, qu’ils soient plus explicites sur les grandes lignes de leurs programmes.
Certains candidats poussent un peu loin, et nous promettent une Mauritanie paradisiaque, où nous serons d’oisifs insouciants bercés par d’envoûtantes notes d’ «Ardine» avec à portée de main des gigots rôtis d’agneau et un «Adress» de lait de chamelle ! D’autres candidats prônent le changement, la consolidation de l’unité nationale, l’équitable répartition des richesses, la justice sociale. Des thèmes que l’on retrouve partout Mais pour que nous soyons rassurés, qu’on nous dise ce qu’il y a à changer, comment cela va être changé (non pas en douceur ou en douleur), mais qu’on nous dise par exemple s’il est possible de proscrire le tribalisme par décret ? D’inculquer la citoyenneté par ordonnance ? Et qu’on nous dise, si nous sommes en guerre civile tant il est question partout de consolidation de l’unité nationale. A entendre ce slogan, on se dirait au Rwanda, les années 1990. Et qu’on soit également clair avec nous, cette la fameuse répartition des richesses, en quoi cela consistera-t-il ? Nous imaginons déjà une clé de répartition genre : Recettes fiscales pétrole, fer, poisson divisées sur 3000 000 d’habitants. Est-ce cela ? Quand à la justice sociale chacun y va . Si quelque part on estime que les «INTOUCHABLES» de Mauritanie en ont assez bavé et qu’il est grand temps qu’ils se fassent une place au soleil, il se trouve aussi que nos féodaux ont été malmenés par la sécheresse et piétinés par l’Etat National. Et en tout état de cause, des descendants des premiers et des seconds se côtoient dans nos Ghettos et pratiquent ensemble, la mendicité aux abords des stations service.

Isselmou Ould Moustapha


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