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Candidatures à l’investiture suprême : Comment limiter les candidatures impertinentes?   
25/01/2007

Il y a une anomalie dans notre système de consultation électorale en Mauritanie, en particulier, pour les présidentielles. Effectivement,  la constitution garantit à chaque mauritanien le droit de briguer les suffrages de ses concitoyens. Mais un tel postulat de notre loi fondamentale  ne doit pas s’analyser  exclusivement dans l’absolu, que chacune et chacun  est susceptible d’être présidentiable



En effet, briguer un mandat présidentiel consiste  avant tout à faire face  aux règles et pratiques   universelles relatives à l’élection d’une personne nécessairement émérite à l’effet de diriger les affaires de la Nation.
Dans les pays à tradition démocratique, la scène politique est le plus souvent déjà apte à filtrer le cru  des candidatures qui se présentent aux suffrages de leurs compatriotes.
Généralement, le postulant a déjà franchi ou presque  toutes les étapes électives (locales, régionales, nationales) qui lui permettent de capitaliser l’expérience indispensable à l’épanouissement et donc à la maturation de sa carrière politique.
Le candidat à la fonction, la plus haute de l’Etat aura de ce fait franchi de très nombreuses étapes qui vont développer chez lui des capacités de leader incontestable au moins  au niveau  du «collectif»  électoral qui l’a vu grandir. Les capacités requises sont tout d’abord nécessairement transversales. En effet, il ne s’agit plus là pour le politique candidat au scrutin de pouvoir développer un pôle d’intérêt centré sur un aspect donné de la vie nationale mais,  bien plus,  de disposer d’un large éventail d’expériences qui vont bien au-delà de la simple singularité intellectuelle.
C’est qu’à ce niveau de responsabilité, l’art de disposer d’une grande somme  d’expériences constitue le seul atout pour la Nation de pouvoir disposer au sommet de l’édifice d’un personnage qui saura arrondir  les angles avec sagesse..
Mais si l’aboutissement de toute carrière passe d’abord par une accumulation soutenue de «mouvements historiques», il  semble  que la sélection par l’épreuve du temps et de l’exercice ne sont plus à elles seules, suffisantes.
Devant une multiplicité d’expériences, il devient indispensable, en effet, de recréer de nouveaux critères de choix. C’est ce que les anglo-saxons ont dénommé les primaires électorales.  Avant d’aller chercher les voix des citoyens à l’échelle nationale, il est apparu essentiel que le candidat puisse disposer d’abord  d’une «base de gestation» qui est la base électorale, «qui a vu naître et s’épanouir le candidat».
Au-delà du fait que cette sélection limite tout naturellement les candidatures impertinentes, les premières permettent de n’avancer   au niveau du scrutin électoral le plus élevé que les personnes véritablement méritantes et qui, de ce fait, ont déjà développé de réels talents de leaders.
Par ailleurs, briguer les suffrages nationaux n’est pas seulement un geste politique isolé et sans conséquences. Le moindre effet est qu’une telle candidature engendre de la dépense publique, dépense qui, juridiquement, ne peut être et ne doit être une «dépense sans cause».
Dans des pays comme le nôtre, c’est-à-dire sans grande expérience démocratique, il est important que les candidatures soient filtrées par la sagesse du conseil constitutionnel qui devrait , à ce niveau, faire respecter le principe de bonne gouvernance.
En effet, les procédures de «recrutement» des chefs d’Etat se doivent d’être aussi transparentes que les recrutements du personnel de l’Etat à des niveaux bien moins élevés, tels des fonctionnaires, des experts ou des contractuels.
C’est bien pour cette raison que le Conseil constitutionnel doit empêcher que le scrutin se tourne en queue de poisson ou qu’il soit parasité par des «candidatures» qui ne soient que de mode.
M.N.


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