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Interview de Fatou Guéwel Diouf, artiste chanteuse sénégalaise.   
09/07/2011

« Le renforcement de l’unité nationale est très important non seulement pour la Mauritanie mais nous devons toujours travailler à consolider la paix dans nos pays respectifs et dans le monde ». Fatou Guéwel Diouf est une star de la musique...



...sénégalaise Mbalax. Cette artiste de renommée internationale, a tenu en haleine le public nouakchottois le 30 juin dernier à « la Case ».

Devant un parterre de grandes dames venues de tous les horizons de la ville, cette diva de la musique sénégalaise, a fait vibrer la foule. Comme d’habitude, à chaque chanson, les hommes et les femmes qui ne résistent pas à sa voix d’or, font tomber les billets de banques. Malgré la conjoncture, les grandes dames de Nouakchott ont montré qu’elles gardent encore Fatou Guéwel dans leurs coeurs.

L’artiste absente des scènes de Nouakchott depuis 1999, a renoué avec ses fans et ses sympathisants. L’artiste s’est prononcée en marge de cette soirée, sur beaucoup de questions dont la manifestation du 23 juin qui a failli basculer le Sénégal dans une spirale de la violence. Entretien.

Tahalil-Hebdo : Votre longue absence en Mauritanie?

Fatou Guéwel Diouf : Je rends grâce à Dieu et à Serigne Touba (fondateur du mouridisme ndlr). Je sais que quand tu es dans un métier, là où se trouvent tes fans et tes sympathisants, tu souhaites avec l’aide de Dieu t’y rendre pour les satisfaire. C’est ça l’objet de notre présence en Mauritanie. Je pense que notre premier voyage en Mauritanie remonte en 1996 à Nouakchott. En 1999 nous étions à Nouadhibou. Jusqu’à cette année 2011, nous sommes revenus en Mauritanie par l’entremise de Boubacar Nem, votre confrère de Radio Mauritanie que je remercie au passage.

 

TH : Pourquoi avoir attendu si longtemps pour revenir en Mauritanie? Est-ce la préparation de projets ou d’albums ou tout simple aucun promoteur ne vous a contacté?

FGD : Oui, on était dans les projets et la préparation d’autres albums. Mais, ça dépendait des engagements des promoteurs. Parce qu’on ne peut pas aller là où on n’a pas été engagé par un promoteur. Nous étions entrain de nous occuper d’autres choses dans le cadre du travail. Si on ne vous engage pas quelque part, vous ne pouvez pas y aller. Maintenant que quelqu’un nous a engagé, nous sommes là à sa disposition et à la disposition du public mauritanien.

 

TH : Vous venez de faire une belle prestation au dancing « la CASE ». Comment voyez-vous le public mauritanien et Fatou Guéwel ? C’est un amour renouvelé?

FGD : Je suis vraiment très contente du public mauritanien qui m’a chaleureusement accueilli. Parce que quand tu viens dans un pays, tu trouves tes fans et tes sympathisants très enthousiastes, je pense qu’il y a de quoi se réjouir. Nous sommes très content du public mauritanien. C’est un plaisir de venir en Mauritanie trouver des Sénégalais nés ici, ceux qui sont venus travailler en Mauritanie, des parents, des maures, des pulars, wolof etc. J’espère que nous les avons tous satisfait et c’est un grand plaisir pour nous.

 

TH : Le promoteur Babacar Nem et son groupe de femmes disent qu’ils sont porteurs d’un projet pour contribuer au renforcement de l’unité nationale en Mauritanie. Qu’est-ce qu’ils peuvent attendre de Fatou Guéwel?

FGD : Je leur souhaite d’abord une réussite dans cette entreprise, lui et ses sœurs qui l’accompagnent dans ce projet ainsi que la jeunesse qui s’était mobilisée ce jour. Moi, je suis toujours l’avocate des femmes. Comme je le dis toujours, « L’homme est bon et utile, la femme également ». Parce que c’est deux mains qui attachent le pantalon et ce sont deux mains qui attachent le pagne. Les femmes sont braves. Si les hommes les soutiennent, elles peuvent aller loin. C’est pourquoi, je souhaite à Babacar et aux femmes qui l’accompagnent, plein succès dans ce projet noble de contribuer au renforcement de l’unité nationale. C’est très important non seulement pour la Mauritanie mais nous devons toujours travailler à consolider la paix dans nos pays respectifs et dans le monde.

 

TH : Le Sénégal et la Mauritanie partagent beaucoup de chose en commun. C’est une longue histoire d’amitié et de fraternité. Qu’en dites-vous à propos?

FGD : La Mauritanie et le Sénégal constituent un seul peuple. C’est l’eau qui nous séparent mais nous sommes les mêmes. Aujourd’hui, si tu viens en Mauritanie, tu trouves des Sénégalais qui y ont fondé des foyers avec des enfants et sont devenus par la force de l’histoire des Mauritaniens. Au Sénégal, c’est la même chose. Il y a des maures qui ont des familles, des enfants et sont devenus Sénégalais. Ce qui explique que la Mauritanie et le Sénégal sont deux pays avec un seul peuple qui vit en harmonie. Si tu viens en Mauritanie, tu trouveras des Pulars, des maures, des soninkés, des Wolofs, des Sérères, des Diolas etc. comme au Sénégal où tu trouveras toutes ces ethnies qui vivent en symbiose.

 

TH : Alors que direz-vous aux Sénégalais et aux Mauritaniens dans ce sens?

FGD : Il faut que chacun se comporte comme un ambassadeur. Que chacun s’efforce davantage pour renforcer les relations entre les deux pays. Il y va de l’intérêt de tous et Dieu nous aidera à atteindre nos objectifs dans le cadre du raffermissement des liens d’amitié et de fraternité.

 

TH : Quel commentaire vous inspire la manifestation du 23 juin au Sénégal lorsque les populations et l’opposition sont descendues dans la rue pour protester contre le projet de loi du président Wade?

FGD : Nous rendons grâce à Dieu parce que les manifestations du 23 juin n’ont pas engendré une mort d’homme. Al Hamdullilah, tout ce que les gens revendiquaient ce jour a été retiré. Ils ont donc obtenu gain de cause. Actuellement, le monde est secoué par des crises politiques, des soulèvements populaires aux conséquences graves. Mais au Sénégal, ces choses là peuvent ne pas nous arriver pour la simple raison que nos ancêtres, nos grands hommes religieux qui y sont enterrés constituent une bénédiction pour le Sénégal. Nous avons aussi des guides religieux qui prient à longueur de journée pour la paix au Sénégal. C’est pourquoi, toute secousse, tout soulèvement aboutira à l’apaisement et au calme. Le Sénégal est une terre de paix et nous devons consolider ces acquis.

 

TH : Quel message à lancer au président Wade à cet effet?

FGD : Je suis contente de lui, de sa sagesse qui a valu le retrait de ce projet de loi qui a failli faire basculer le Sénégal dans une spirale de violence. Le Président Wade est un homme de paix, il est tolérant et aime son peuple. Ce qu’il a fait est une décision sage. Toutefois, il faut qu’il sache que c’est dur. Il faut qu’il fournisse davantage des efforts pour satisfaire le peuple sénégalais. Mais partout dans le monde, c’est dur et nous devons aussi le savoir. Je ne souhaite pas ce qui arrive aux autres dans d’autres pays, nous arrive. Le Sénégal ne mérite pas ça parce qu’il n’y a pas de place pour des affrontements.

 

TH : A l’opposition qui s’agite et aux jeunes qui s’adonnent à la casse?

FGD : J’appelle tout le monde au calme et à la sérénité. Il faut que tout le monde prêche pour la paix des cœurs et des esprits. Que les politiciens et autres se comprennent bien et s’acceptent les uns, les autres. Quant aux jeunes, je leur demande de rester calme, de se limiter aux revendications et non s’adonner à des actes de vandalisme encore moins de violence physique. Parce que si tu brûles la maison de Fatou Guéwel qui est sénégalaise comme toi, tu l’as fait pour toi-même. Si tu casses la voiture d’un concitoyen, tu l’as fait pour toi-même. Donc j’appelle tout le monde à faire preuve de tolérance et de patience. Le Sénégal est une terre de paix et de dialogue. Que Dieu nous bénisse et nous protège tous!
Propos recueillis par Ibou Badiane
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Encadré :
Le promoteur Babacar Nem et un groupe de femmes mauritaniennes à l’initiative du séjour de Fatou Guéwel Diouf, portent un projet de promotion de la jeunesse, la délinquance juvénile, la mendicité, la pauvreté notamment.

Sur un autre plan, les porteurs du projet veulent contribuer au renforcement de l’unité nationale en Mauritanie par l’organisation de manifestations culturelles regroupant l’ensemble des composantes de la population mauritanienne.

A en croire Babacar Nem, « nous ne comptons pas s’arrêter en si bon chemin. Avec l’appui des femmes et des jeunes, nous voulons contribuer au renforcement de l’unité nationale en Mauritanie ».

Pour Babacar Nem, « le choix de Fatou Guéwel s’explique par le fait que cette chanteuse compte en Mauritanie beaucoup de fans et de sympathisants surtout les femmes. Mais aussi «cette soirée sera pour nos femmes un prétexte pour rendre un hommage posthume à feue Dimi Mint Abba, surnommée la diva du désert qui nous a quitté il y a un mois».
Les organisateurs ont saisi l’occasion pour remercier tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réussite de cette manifestation qui a réuni la quasi-totalité des femmes de Nouakchott, notamment des femmes opératrices économiques, des femmes d’affaires, des professionnelles etc... Le sénateur Mohcen Ould El Hadj, a été remercié par les promoteurs pour sa forte contribution au projet.


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