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Festival Assalamalekoum : Un prétexte pour éveiller les autorités    
15/06/2011

La 4ème édition du festival Assalamalekoum a ouvert ses rideaux le 13 juin dernier à l’Institut Français de Mauritanie (IFM) communément appelé Centre culturel français (Ccf). Plusieurs artistes invités de marque ont répondu à l’appel de Monza, l’organisateur principal de l’évènement



Il s’agit notamment de Sénégalais avec Amadou Fall Ba du Festa 2H, de Duggy TEE ancien membre de PBS (Positive Black Soul), Keur Gui, du franco-sénégalais Sefyu, du suisse MAM, du marocain Would Chab, de l’espagnol Rapsus Klei et du malien Big Mo en plus de grands groupes de rap mauritaniens tels que Diam Min Tekky, Bads Diom, Minen Teye, Couliman … pour ne citer que ceux-là.
A l’ouverture, une conférence de presse a été tenue par Monza et Sefyu devant un parterre de journalistes, artistes et des partenaires de l’évènement. Il s’est agi pour les conférenciers, de revenir sur les tenants et les aboutissants du Festival. A cette occasion, Monza a indiqué que « le Festival Assalamelekoum répond à un besoin culturel ». Une manière de dire que les artistes mauritaniens sont dans un pays où la culture peine à se développer depuis des décennies. « Il n’y a personne qui se lève pour que cela change » souligne-t-il. Pour Monza, il est la personne la mieux indiquée pour booster la culture. «Je suis dans cette dynamique » soutient-il.
Pour ce faire, Monza compte sur ses propres moyens et sur les artistes eux-mêmes. Déjà des évènements culturels ont été organisés à l’intention des artistes comme « Assalamalekoum découverte » remporté par Aziza et qui a drainé du monde et des artistes. C’était une façon de découvrir des talents cachés et de les encourager. C’est pourquoi, cette 4ème édition du Festival Assalamalekoum attribuera des prix aux artistes et autres acteurs culturels qui se distingueront par leur prestation. « Ce n’est qu’un symbole et une manière de leur témoigner notre respect » a indiqué Monza.

 

Eveiller les autorités pour une meilleure prise en charge de la culture

Pour sa part, le franco-sénégalais Sefyu qui s’est dit honorer d’être en Mauritanie, a apprécié à sa juste valeur le métissage mauritanien. «Chaque métissage est une force, une dynamique et il faut savoir s’en servir » a-t-il indiqué. Et de poursuivre : «J’espère que cet évènement servira à éveiller les autorités, ceux qui ne veulent pas compter avec leur jeunesse et à ceux qui veulent aller dans un sens qui ne profite que leurs propres intérêts». L’avertissement est de taille. La culture est un volet délaissé par nos autorités. Et pourtant, on parle de pays au million de poètes. Ahmed Hamza sera-t-il encore honoré ou décoré après avoir été distingué par les cinéastes qui l’ont désigné lors de la Senaf comme «Ambassadeur de la culture »? Certainement. La preuve, cette 4ème édition est placée sous le haut patronage de la Communauté Urbaine de Nouakchott qui ne ménage aucun effort pour la réussite du festival.
Les rappeurs sont donc déterminés, comme à l’accoutumée et comme dans leur constance musicale, à éveiller la conscience des autorités pour redynamiser la culture en général et le rap en particulier. Ce sont donc des soldats de la culture qui ont la ferme conviction de travailler pour l’éclosion d’une véritable révolution culturelle en Mauritanie.

 

Une soirée garnie, un public absent

Si la soirée offerte le 13 juin à l’IFM est certes bien fournie en spectacle, le public, lui, n’a pas répondu massivement à l’appel de Monza. Et pour cause? L’évènement, selon beaucoup d’observateurs, a coïncidé avec la période des examens. « Les élèves et les étudiants sont stressés par les examens» soutient Guisset, membre de l’organisation pour qui, la période n’a pas été bien choisie pour le Festival.
Toutefois, les artistes qui sont montés sur le podium, notamment Desert Devil’s, Dimbe Révolution, Ziza, Minen Tèye, Paco Leňol et Veteran Cosmic Rocker en featuring avec Matador, Monza, Mustaff et Sefyu ont surchauffé la foule. Leur prestation s’est déroulée dans une ambiance électrique et nos rappeurs ont encore montré leur savoir-faire de cette musique très convoitée par la jeunesse mauritanienne. Sefyu a fait une prestation bien appréciée par un public vraisemblablement assoiffé de musique rap.

 

Un fil qui repose la problématique de la misère en Afrique

La journée du 14 juin a été consacrée aux projections et au théâtre. Ainsi, après un point de presse en guise de débriefing tenu par Monza et compagnie, le public a suivi une projection de film du célèbre rappeur Didier Awadi. Le film intitulé « Le point de vue du lion » tente de mettre des mots sur les maux dont souffre le continent africain. « Tant que les lions n’auront pas leurs historiens, les histoires tourneront toujours à la gloire du chasseur » telle est la célèbre phrase qui en dit long sur la problématique du développement de l’Afrique. Didier Awadi a donné la parole à travers ce film, aux personnalités politiques, hommes de culture, de science, de simples citoyens et des candidats à l’immigration. Il s’agit notamment de l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, Hervé Bourges président du comité permanent de l’audiovisuelle, Aminata Traoré écrivain et ancien ministre malien de la culture et du tourisme, les écrivains comme Cheikh Hamidou Kane, Théophile Obenga, l’ancien SG de l’Unesco Amadou Mokhtar Mbow, Manu Di Bango, Alphadi, Tiken Jah Fakoly … Tout comme il a mis en exergue les extraits des discours de leaders africains comme Sékou Touré, Tomas Sankara, Cheikh Anta Diop, Aimé Césaire etc. Le réalisateur a fait une véritable enquête, un travail de fourmis entre 2006 et 2010 pour parvenir à une réponse sans équivoque des questions mystères qui entourent la pauvreté frein au développement de l’Afrique. « L’Afrique n’est pas pauvre, mais appauvrie » soutient un intellectuel africain. Sans langue de bois, tous les mécanismes du système de contrôle de l’Afrique sont mis à nus par les interlocuteurs de Awadi dans ce film. Le festival se poursuivra jusqu’au 17 juin prochain.
Ibou Badiane

 


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