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Trop de questions et pas de reponses   
24/10/2010

Le «débat national» annoncé il y a quelques jours, sur le terrorisme et l’extrémisme a débuté en milieu de journée du 24 octobre au Palais des congrès de Nouakchott. Ce débat de 4 jours a débuté sous la supervision du président Mohamed Ould Abdel Aziz en présence...



...de plusieurs ministres, de religieux, de présidents de partis de la majorité et de l’opposition (chef de file, ADIL, WIAM) ainsi que des diplomates étrangers.

 

Organisé par le ministère mauritanien de la Défense, deuxième débat du genre après celui de janvier 2010, il doit permettre à la Mauritanie de trouver de nouvelles pistes lui permettant d’affronter plus efficacement le terrorisme incarné par l’ex-GSPC devenu Al-Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi).

Il doit également contribuer à une meilleure mobilisation nationale et internationale face au terrorisme, principalement. L’extrémisme sectaire et identitaire, malgré ses récurrentes manifestations sémantiques ne semble pas constituer une source de préoccupation, si l’on en juge par les interventions faites lors de la première journée du débat, toutes axées, sur l’extrémisme religieux et ses dangers sur la paix, la stabilité et le développement.
Mais au-delà de la volonté officielle maintes fois affirmée d’affronter le terrorisme à l’intérieur et -si nécessaire- à l’extérieur de la Mauritanie et des exposés de qualité présentés par les religieux sur le caractère anti-islamique de supposé Djihad adopté par Aqmi contre les gouvernements de l’Algérie, de la Mauritanie et du Niger, il n’en demeure pas moins que ce débat restera sans grand effet sans la participation des religieux adeptes du Djihad ainsi que des djihadistes repentis ou non, lesquels, doivent à l’occasion pouvoir s’exprimer librement face aux arguments qu’ils ont l’habitude de considérer comme émanant des "gouvernements apostats" ou des "religieux de la complaisance".Et Dieu sait qu’ il ya des religieux de la complaisance qui parlent encensent louent les paroles du prince et s’en foutent pas mal du reste. des "Oulemas Banava" comme disait Ould Sidi Yahya.

En fait le débat doit tourner sur des questions fondamentales et ne doit se limiter aux professions de foi. Qui a habileté ces djihadistes à décréter le Djihad ? A proclamer l’apostasie des gouvernements et peuples musulmans ? Pourquoi s’en prennent-ils au système démocratique, jugé impie? Aux occidentaux «Mousta amanine» en pays musulmans ?

Que faire pour récupérer les jeunes adolescents recrutés et manipulés par des organisations djihadistes ? Est-il vrai que les djihadistes comptent restaurer le Khalifat islamique ? Et qui en sera le Khalife ? Ben Laden ? le Mollah Omar ? Anwar al- Awlaghi? Droukdel ? Abou Zeid ? Est-il vrai que les gouvernements du monde musulman sont tous mécréants ?

Les occidentaux sont-ils redevenus des croisés? Quel traitement sécuritaire pour les suspects en matière de terrorisme ? Quelle justice pour eux ? Quelle couverture médiatique pour les affaires de terrorisme ?

Le débat engagé le 24 octobre doit apporter des réponses à toutes ces questions. Il doit être un débat marqué par des idées contradictoires qui s’affrontent et pas seulement entre les tenants d’une thèse, se succédant au micro pour raconter des superficialités, des bobards et nous dire quelques jours aprés : "Hé vous m’avez vu à la Télé?"
Isselmou Ould Moustapha

 


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