Facebook
Rapport 2006 de la CNUCED sur les PMA : Diversifier et booster la production   
25/07/2006

Les cinquante "pays les moins avancés" (PMA) de la planète ont affiché en 2004 et 2005, de bons résultats macro-économiques, selon le rapport annuel de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) publié jeudi 20 juillet. Cependant, de profondes inégalités sociales demeurent et se creusent encore davantage.
La croissance économique n’a jamais été aussi forte depuis vingt ans (5,9 %). Cette performance s’explique par l’afflux des investissements directs étrangers (IDE, 10,7 milliards de dollars), la flambée des exportations de marchandises (57,5 milliards de dollars), due à l’explosion de la demande et des prix des matières premières, et l’accroissement de l’aide internationale (24,9 milliards de dollars).
Mais ces chiffres dissimulent, selon la CNUCED, de profondes inégalités, tant entre les pays, qu’à l’intérieur de chacun d’entre eux.



Tout d’abord, les IDE sont concentrés dans l’extraction et l’exploitation des ressources naturelles, qui forment d’ailleurs l’essentiel des exportations. Ce sont donc quatre pays producteurs de pétrole (Angola, Guinée équatoriale, Soudan et Yémen) qui ont bénéficié à eux seuls de plus de la moitié de la hausse des exportations. Avec la Mauritanie et le Tchad, deux autres pays pétroliers, ces quatre États ont en outre absorbé 70 % des IDE.
Or, constate la CNUCED, ces activités extractives, essentiellement contrôlées par des grandes entreprises occidentales (les secteurs énergétiques et de télécommunications notamment), créent peu d’emplois. La libéralisation des échanges, la privatisation des grandes entreprises d’État, l’entrée de ces pays dans le commerce mondial, leur ont certes permis d’afficher de bons résultats macro-économiques, mais n’ont pas créé un secteur productif local, constitué de petites et moyennes entreprises dans l’agriculture, l’industrie et les services, seules susceptibles d’absorber la main-d’œuvre et d’apporter des revenus suffisants à la population.
De plus, l’aide au développement, qu’elle provienne des États, des agences internationales (ONU, Banque mondiale, Fonds monétaire international) ou des organisations non gouvernementales des pays riches, s’est concentrée sur les secteurs de l’éducation et de la santé, afin de pallier les défauts des services publics mis à mal par les cures d’austérité budgétaire imposées par les politiques macro-économiques d’ajustement. Ceci aux dépens, estime la CNUCED, de l’aide au secteur productif, en particulier dans les zones rurales.
Pour créer les conditions d’un développement durable, générateur d’emplois et de richesses pour les populations locales, jugent les experts de la CNUCED, l’aide internationale et les politiques économiques publiques doivent être réorientées vers la construction d’infrastructures (transports mais surtout énergie) et la mise en place de systèmes de financement (crédit et investissement), afin de permettre la croissance des échanges sur le marché intérieur et la multiplication de PME intermédiaires entre les petites exploitations agricoles et les grandes entreprises internationales.
Développer les capacités productives
Tout le monde est presque unanime sur le fait que le développement des capacités productives est indispensable à une croissance économique soutenue dans les PMA. C’est en développant leurs capacités productives que ces pays seront à même de mobiliser davantage de ressources intérieures pour financer leur croissance économique, de réduire leur dépendance à l’égard de l’aide, et d’attirer des flux de capitaux privés susceptibles de soutenir leur processus de développement. Dans ce sens, en Mauritanie, le secteur bancaire devrait bénéficier de l’arrivée de la Banque Internationale d’Investissement, et celle prochaine de BNP Paribas
Pour tirer parti des progrès technologiques récents, les PMA ont l’obligation de se rapprocher de divers seuils en matière de capital humain, de recherche-développement et de gestion, et de les dépasser. Ce que la plupart de ces pays n’ont pas réussi à faire, faute de ressources, ou de volonté politique.
Malgré les progrès accomplis dans les années 90, la formation de capital ne représente encore que 20% du PIB mauritanien, et l’investissement privé intérieur est particulièrement faible. Pour favoriser une plus forte création d’emplois, ce taux doit se maintenir à 35% au moins.


Toute reprise totale où partielle de cet article doit inclure la source : www.journaltahalil.com
Réagir à cet article
Pseudo
E-mail
Commentaire
Entrer le code
La rédaction de Tahalil vous demande d'éviter tout abus de langage en vue de maintenir le sérieux et de garantir la crédibilité de vos interventions dans cette rubrique. Les commentaires des visiteurs ne reflètent pas nécessairement le point de vue de Tahalil et de ses journalistes.
Les commentaires insultants ou diffamatoires seront censurés.

TAHALIL 2006-2020 Tous droits reservés