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Terrorisme: Au début, l’Afghanistan   
17/04/2010

Le terrorisme est avant tout,  un usage de la terreur. Il se manifeste par des actions violentes, dont les auteurs sont des groupes, ou des individus dotés d’une idéologie radicale, religieuse ou nationaliste. Il est apparu par vagues successives  ayant chacune, ses caractéristiques, ses aspects moraux, et ses enjeux.



Contemporainement, il est apparu en Occident à la fin du XIX eme siècle avec les anarchistes et les révolutionnaires, puis au milieu du XX eme siècle avec l’extrême gauche et les nationalistes et enfin, à la fin des années 90, avec le courant islamiste radical dit «Salafiya». 
«Salafiya» représente sur le plan politico-idéologique un courant extrémiste par rapport aux autres mouvances islamistes comme celles des «Frères Musulmans» et de «Daawa Wa Tébligh». La première préconise l’action politique pour parvenir au pouvoir avec l’utilisation de la propagande dans les milieux populaires afin de gagner la sympathie des masses.
La seconde, «Daawa Wa Téblgih estime que c’est l’abandon par les musulmans de leur religion qui est à l’origine de leurs maux et qu’il est donc indispensable de faire renaître l’amour de l’Islam à travers l’éducation pour conquérir leurs cœurs. Les Tebligh-iyoune se disent apolitiques et non violents.
Salafiya est un mélange de plusieurs approches religieuses, notamment, celles de Mohamed Ibn Abdel Wahab (Wahabisme), de Ibn Tenmiya (Hanballisme) et de Ibn El Ghayyoum Ezzewji.
Elle prône une révolution pour le retour à la manière de vivre des ancêtres des musulmans, spécialement du Prophète Mohamed (PSL), de ses compagnons, dans leur pratique originale de l’Islam et l’instauration d’Etats théocratiques appliquant à la lettre le Coran et la Sunna.

Salafiya s’est également recentrée sur une forme notamment jihadiste depuis l’invasion soviétique de l’Afghanistan en 1979.
Alors qu’elle se cantonnait en Arabie Saoudite, elle s’est propagée avec la guerre de l’Afghanistan (1979-1989, qui fit plus d’un million de morts musulmans) à la faveur de la forte campagne d’appui menée en faveur des «Moujahidines», par les pays musulmans, tels l’Arabie Saoudite ainsi que par les pays occidentaux et les USA. Par milliers ses adeptes, issus du monde arabo-musulman ont afflué vers le Pakistan (Peshawar) puis vers l’Afghanistan (Herat) pour combattre les Soviétiques.
Utilisés comme remparts contre le communisme, l’ennemi à abattre au début des années 80, certains combattants salafistes victorieux étaient revenus chez eux au début des années 90. Les germes étaient ainsi semés. Le noyau dur de cette «légion islamiste» qui a combattu en Afghanistan était resté dans ce pays. Il va constituer quelques années plus tard l’organisation salafiste «Al Qaida», sous la houlette de Oussama Ben Laden, auquel on prête l’intention de créer un nouveau Califat (empire) islamique, regroupant tous les Etats musulmans.
La situation en Palestine et l’incohérence de la communeauté internationale avec elle, la première guerre contre l’Irak (1991), la guerre en Tchêchenie, la re-invasion de l’Afghanistan en 2001 puis l’occupation de l’Irak en 2003 vont constituer des facteurs de mobilisation et de radicalisation. Si les violences attribuées à Al Qaida ont précédé l’occupation de l’Afghanistan en 2001, elles vont s’ intensifier après, emportant à la fois musulmans et non musulmans : ( Khobar, Arabie Saoudite, 25 juin 1993 puis le 12 mai 2003 à Riyadh, et le 28 mai 2004 ) ; (au Kenya à Nairobi et en Tanzanie à Dar Salam, 7 août 1998 ), (aux USA, le 11 septembre 2001) ; (à Inde à New Delhi 13 décembre 2001) (au Pakistan 3 attentats en 2002) ; (en Tunisie, attentat de Djerba avril 2002) (au Yemen contre l’USS Cole le 12 octobre 2000, puis le 6 octobre 2002 contre le Limbourg),( en Indonésie contre Bali le 12 octobre 2002, puis le 5 août 2003 à Djakarta) ; (au Maroc le 16 mai 2003 à Casablanca), (en Algérie, le 5 juillet 2002 à Alger, puis le 11 avril 2007 et le 11 décembre 2007) –en Turquie les 5 et 20 novembre 2003), (au Philippines le 4 janvier 2004), (En Espagne le 11 mars 2004) , (en Angleterre, le 7 juillet 2005).
En Irak, en Afghanistan et au Pakistan les violences liées aux groupes se réclamant Al Qaida sont si fréquentes qu’elles relèvent de plus en plus de l’ordinaire.

 

Un nouveau Afghanistan ?

En Afrique du Nord le terrorisme s’est longtemps confiné à l’Algérie jusqu’au milieu 2003 avant de se manifester dans les zones désertiques du Mali, du Tchad, du Niger, de la Mauritanie ou de la Tunisie. Même après la création du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) en 1998, la sous région était restée 5 ans, à peu prés, épargnée par le phénomène malgré l’attentat de Djerba (Tunisie 2002).
C’est à la mi-2003 que le terrorisme du GSPC s’est manifesté au Sahara-Sahel avec l’affaire de otages occidentaux kidnappés au sud de l’Algérie près d’Illizi et libérés au nord du Mali dans la région de Gao en août 2003, contre le versement probable, d’une rançon.
Une prose médiatique assez fournie, alimentée par des sources sécuritaires et diplomatiques avait précédé l’implantation du GSPC dans la zone avec un matraquage sur un nouvel sanctuaire d’Al Qaida au Sahara-Sahel qui a justifié le lancement de l’initiative américaine Pan Sahel (2002) visant à préparer les armées de la sous-région à une menace, laquelle, quoi qu’amplifiée, était néanmoins, réelle.
La présence de deux groupes armés dirigés par des algériens «Amara Saifi», «Abdel Hamid Abou Zeid», «Abdel Hagh Abou El Khabbab » et «Moctar Belmokhtar» (un vétéran d’Afghanistan),  était signalée au milieu de 2003 par diverses sources dans les zones désertiques, des sortes de No Man’s Land à la fois en Algérie, (Illizi Tinzouaten) en Mauritanie (Taoudenni), du Mali et du Niger (Adrar des Ifogas), et au Tchad (Tibesti).
Des zones où écumaient dit-on, des rebelles anti-gouvernementaux, des contrebandiers et des hors-la-loi, et où la notion d’Etat était réduite à sa plus insignifiante expression.
Ces groupes armés se présentant comme «salafistes» -donc de la mouvance idéologique d’AlQaida du Proche et Moyen orient- étaient venus s’incruster dans un paysage peu habité, pour constituer une base arrière à la lutte armée menée par leurs compagnons en Algérie. Les enlèvements, le contrôle des trafics et les recrutements entamés aussitôt par ces groupes, s’inscrivaient dit-on dans le cadre de la constitution de cette base arrière, qui finira cependant, par viser les pays de la sous région.
Aussi le 31 janvier 2004 la presse algérienne annonçait que l’armée a détruit, dans le sud du Sahara (algérien), une colonne de véhicules du GSPC qui convoyaient des armes vers l’Algérie. Deux autres accrochages sont signalés avec les armées du Niger et du Mali (Inchaye) en février 2004.
Et un troisième, le 16 mars 2004 dans le désert du Tibesti, (Tchad), Amara Saifi et ses combattants sont faits prisonniers par les rebelles Tchadiens qui les livrent à l’Algérie.
Après un assez long répit interprété comme étant lié à la débâcle du Tibesti, les groupes armés se sont réorganisés en «Katibas», (regroupant en plus des algériens, mauritaniens, maliens, nigériens, des combattants des certains mouvements terroristes du Maghreb : le GICL libyen, le GICM marocain, le GICT tunisien). Certaines des recrues mauritaniennes du GSPC préfèrent néanmoins rentrer au pays en mars 2005 «faute d’avoir pu regagner l’Irak», et se font aussitôt arrêter.
Les «Katibas» du GSPC foncent le 4 juin 2005 sur une caserne de l’armée mauritanienne à Lemgheity (située au nord-est du pays) près des frontières algérienne et malienne. L’attaque se solde par 15 morts et vingt blessés parmi les soldats mauritaniens. Les agresseurs emportent des véhicules, des armes et des munitions et se retirent vers une zone dénommée «Hassi Etila» en territoire malien. Dans le cadre des poursuites entamées contre ses agresseurs, l’armée mauritanienne neutralise un groupe armé au mois de juillet 2005 à Taoudenni. L’accrochage a précédé de quelques jours, une attaque aérienne signalée par la presse algérienne à Bordj Moctar contre «une colonne liée aux agresseurs de Lemgheity».
En avril 2006, ce sont 14 douaniers algériens qui sont assassinés à El Ménéa (Algérie) par un groupe armé qui convoyait des armes vers l’Algérie.
Revigoré par ses «succès» de Lemgheity et El Ménéa, le GSPC -qui y a laissé quand même des plumes- a envisagé d’autres actions en Mauritanie. Son équipe qui y envoyée en avril 2006 est neutralisée avant de passer à l’action. C’était là, la première tentative de transférer «le champ de bataille» vers les centres urbains de Mauritanie.

 

Le GSPC s’«al-Qaidise»

Le 11 septembre 2006, Ayman Al-Zawahiri, déclare le ralliement du GSPC à Al-Qaida, l’appelant à «devenir une épine dans la gorge des croisés américains, français et de leurs alliés», ralliement confirmé le 13 septembre, par le GSPC sur son site Internet à travers un vidéo intitulée : « Jahimou el mourtedine» (en français: l’enfer des apostats).
Décembre 2006, le GSPC étend son action à la Tunisie où un violent accrochage se produisit dans la banlieue de Tunis entre un groupe armé : «Jound Assad ibn El Vourat » et l’armée tunisienne. Le groupe est décimé, parmi les tués : «Abou Khaitheme », qui avait quitté sa Mauritanie natale en mars 2004 pour les camps du GSPC dans le nord du Mali.
« Droukdel» devenu Emir du GSPC depuis juin 2004 (aprés la mort de Nabil Sahraoui) annonce le 24 janvier 2007 que son groupe change de nom pour devenir «Al-Qaida au Maghreb islamique» (AQMI), ce changement de dénomination est suivi en Algérie par un changement dans les méthodes avec des attentats suicide et d’une guérilla semi permanente depuis plus d’une décennie dans «le triangle de la mort» (Tizi-Ouzou-Boumerdés-Bouira) ainsi qu’une expansion vers les pays du Sahel : attaques armées, meurtres, attentat et enlèvements en Mauritanie (2005-2007,2008,2009), enlèvements en Tunisie, au Niger et au Mali (2004-2006-2008,2009), exécution d’un officier malien à Tombouctou (2009) et accrochages meurtriers avec l’armée malienne à Tessalit et Araoune (2009).
IOM

 


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