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ZIDANE, QUE S’EST-IL PASSÉ?   
11/07/2006

Le contenu des conversations entre joueurs et journalistes après la finale de la Coupe du monde a confirmé une théorie célèbre. Etre placé au coeur de l’événement n’est pas la meilleure façon de le comprendre. A moins que le silence entourant la perte de sang froid de Zidane, à commencer par celui de l’intéressé, soit le dernier épisode en date de la rétention d’information décrétée depuis des semaines entre les Bleus et le monde extérieur. Que s’est-il passé dans la tête de Zidane, une bête de compétition de 34 ans, pour qu’il décide, après quelques secondes de réflexion, de se condamner à un carton rouge en fonçant dans le thorax de son ange gardien, comme un petit excité dans un match de quartiers ?



Il est malheureux, il faut le laisser tranquille.» Escalettes «n’excuse pas» le geste du capitaine tricolore mais «il ne le blâme pas». « Ça nous est arrivé à d’autres niveaux, là c’est en finale de la Coupe du monde, mais ne tirons pas sur l’artiste.»

 

Ne tirons pas sur l’artiste

Sur la pelouse, les joueurs disent avoir été pris par surprise. «Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé», ont annoncé en choeur Thuram et Henry. «Je venais juste de prendre place sur le banc, raconte le buteur français. Et puis j’ai entendu des gens crier. Je me suis tourné, j’ai vu Materazzi par terre.» Les joueurs semblaient effectivement manquer de renseignements sur la nature du geste. «Materazzi a dû dire quelque chose à Zizou, imagine Gallas. Lui, il a dû mal réagir. Je dis bien “il a dû”, car je n’ai pas vu». Cela n’empêche pas les Bleus d’avoir un avis tranché sur le circuit qui a conduit l’arbitre argentin M. Elizondo, après de longues secondes de confusion, à brandir le rouge. «J’ai vu, juste devant notre banc, l’arbitre central demander à l’arbitre de touche s’il avait vu quelque chose, et les deux se sont dits non, raconte Henry.

J’ai déjà vu, dans des circonstances pareilles, des matches où les joueurs se laissaient aller sans être expulsés.» Thuram a un peu plus de biscuit : «C’est le quatrième arbitre qui a vu quelque chose sur son moniteur. Je n’ai pas l’habitude de parler de l’arbitrage, mais je trouve vraiment que c’est bizarre si le quatrième arbitre peut décider de certaines choses.» Raymond Domenech, lui, ne trouve pas ça bizarre, mais clair. «On vient d’instaurer l’arbitrage vidéo! C’est une nouvelle règle qui s’est mise en place.» Le débat concerne aussi l’importance de ce fait de match dans l’issue finale.

Pour Domenech et Gallas, tout aurait pu être différent puisque les Italiens tiraient vraiment la langue à ce moment-là.

Pour le président de la FFF, c’est moins sûr. «Ça s’est fait à dix minutes de la fin, ça n’a pas eu d’influence.» Thuram est aussi de cet avis : «C’est toujours préférable d’être à onze contre onze mais on ne peut pas parler de tournant du match.» Zidane a-t-il communiqué dans le vestiaire sur l’acte de Materazzi qui a entraîné son coup de sang ? «Sûrement qu’il s’est passé quelque chose mais je ne sais pas exactement quoi, dit Thuram. J’étais au contrôle antidopage.»

David Trezeguet comprend l’italien, mais poursuit sa route quand il lui est demandé une séance de traduction, tout en suggérant que l’homme Zidane a plus de grandeur d’âme que le joueur Materazzi. Henry se dédouane. «Demandez lui». Mais Zidane ne viendra pas. La dernière image publique du capitaine des Bleus, au stade, à la télé, est celle d’un capitaine abandonnant les siens en finale de Coupe du monde.

Il a enlevé son brassard. Il passe à quelques centimètres de la Coupe du monde exposée entre les deux bancs puis disparaît. Cinq minutes plus tôt, il a fallu le meilleur gardien du monde pour l’empêcher d’inscrire le deuxième doublé de sa carrière en finale de Mondial. C’était une autre façon d’entrer dans l’histoire, là, à portée de main. Celle que tout le monde aurait chérie.                                                 


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