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Journées casamançaises: Sous le sceau de l’intégration et du souvenir   
21/11/2009

Les ressortissants en Mauritanie de la région naturelle de Casamance ont organisé du 12 au 13 novembre à l’ancienne maison des jeunes et le 14 novembre au quartier du 5ème arrondissement, leur fief, des manifestations culturelles pour communier avec le public mauritanien les différentes facettes de leur culture.



N’est-il pas normal de se souvenir de temps en temps de ses origines culturelles ou de sa tradition ? A cette question, les Casamançais de Nouakchott ont tous répondu par  l’affirmatif. C’est l’objectif principal de l’organisation des journées culturelles casamançaises en souvenir aux coutumes mais aussi pour mieux imprégner nombre d’observateurs que la Casamance reste encore ce creuset de civilisations et de diversité culturelles.
Pour les organisateurs, c’est une autre façon de renforcer leur intégration en Mauritanie mais également un moment de souvenir de leurs références culturelles. D’ailleurs dans son allocution à cette occasion, le président de l’Union Kajamoor des Ressortissants Casamançais en Mauritanie (Ukrcm), Mamadou Lamine Sané a déclaré : «Si nous osons organiser une telle manifestation en Mauritanie, c’est parce que la communauté sénégalaise est parmi les mieux intégrées dans ce pays frère et ami qui partage avec le nôtre l’histoire, la géographie, la religion et la culture ». Sceller les relations séculaires entre les peuples mauritanien et sénégalais est aussi l’un des objectifs principaux de ces journées. Car, selon M Sané « la culture est un facteur qui contribue au raffermissement des relations entre le Sénégal et la Mauritanie » par le fait qu’elle constitue une passerelle, un trait d’union et un pont entre les peuples. Cela s’est traduit par la participation des artistes mauritaniens à la manifestation et la présence des communautés étrangères établies en Mauritanie.
L’autre particularité de cette manifestation, c’est le choix du parrain qui n’est rien d’autre que le président de la communauté urbaine de Nouakchott, M. Ahmed Hamza qui a passé toute une partie de son enfance au Sénégal. Même si le maire de la ville de Ziguinchor en Casamance, M. Abdoulaye Baldé, de surcroît ministre d’Etat, ministre des Forces Armées sénégalaises a été remercié vivement pour son soutien à la manifestation, l’apport du premier magistrat de la ville de Nouakchott a été magnifié. A en croire les organisateurs, c’est «celui sans qui, certes, la manifestation n’aurait pas lieu ». C’est pourquoi, le président a indiqué que «Monsieur Ahmed Hamza, n’a ménagé aucun effort, comme à l’accoutumée, pour la réussite de cette manifestation ». Et de renchérir : « Cet homme aux qualités exceptionnelles, de parole, de droiture ayant un sens inné de justice et des relations humaines, a été l’élément catalyseur qui s’est tout donné pour la réussite de cette manifestation ». Et par conséquent les organisateurs l’ont remercié «du fond du cœur pour d’innombrables services qu’il n’a cessé de rendre à la communauté sénégalaise depuis belle lurette » indiquant que «le choix de sa personne comme parrain de la manifestation n’a pas été un fait du hasard».
A l’endroit de l’ambassadeur du Sénégal, SEM Mahmoudou Cheikh Kane, «ce diplomate de carrière, chevronné et prompt à répondre aux nombreuses sollicitations de ses compatriotes, est resté égal à lui-même ». Allusion à sa disponibilité constante et ses conseils à l’endroit des Sénégalais pour un meilleur séjour en Mauritanie.
Prenant la parole, M. Adiya Tandian, représentant le président de la commune urbaine absent de Nouakchott, a remercié les organisateurs pour le choix du parrain en la personne de Ahmed Hamza qui n’est pas un inconnu des Sénégalais avant d’indiquer que «cette manifestation permettra d’unir les cœurs et les esprits et d’instaurer la paix entre les deux peuples».
Pour sa part, l’ambassadeur du Sénégal, a d’abord témoigné du bon comportement des Casamançais en référence à leur éducation. Il a toutefois rappelé que cette manifestation vient s’ajouter à celle organisée en  juillet 2005 en contribution aux accords de paix signés à Ziguinchor le 30 décembre 2004. Une manifestation qui a connu un franc succès. A cet effet, il a magnifié l’organisation de cette manifestation culturelle qui permettra, à coup sûr, de renforcer davantage les relations entre les deux peuples. C’était le moment choisi par SEM Kane, pour remercier au nom de ses compatriotes, les autorités mauritaniennes qui ont facilité l’organisation de cet évènement comme l’a si bien dit le président des ressortissants casamançais dans son allocution. Il a saisi la même occasion pour remercier ses homologues de Gambie, du Mali, de la Guinée … et d’autres personnalités qui ont effectué le déplacement à cette occasion.
 
Une manifestation riche en couleurs et en symboles
 
Après l’échange de discours, place à la manifestation proprement dite. C’est d’abord par un chœur d’ouverture qui a retracé les conséquences de la crise casamançaise. Les artistes de la troupe « Casadimansa » (la maison du roi), par cette chanson, ont touché plus d’un casamançais. Tous ont ressenti dans leur for intérieur, la douleur des populations de Casamance. Emouvant mais très instructif, les artistes ont fait comprendre aux casamançais qu’il est encore temps de faire la paix et de se tourner vers l’avenir.
Dans la deuxième séquence, le public a vécu au rythme du «diambadong», une danse traditionnelle casamançaise qui se fait pendant les cérémonies de circoncision pour accompagner les candidats ou les candidates. Cette danse est accompagnée d’un « fanbonding » tout de rouge vêtu (symbole de la sacralisation et/ou mystification des circoncis). Ensuite, il y a eu la danse «Kumpo» déguisé en feuilles de rônier. Cette danse qui se déroule après les récoltes symbolise la bonne récolte après un bon hivernage. Il s’y ajoute la danse de « Thiakaba ou «Ayongoyongo» de plusieurs mètres de hauteur dont la danse démontre une certaine magie des hommes de la forêt. Quant au masque, il est symbole de règlement de conflits entre jeunes et vieux. Souvent utilisé pour mettre le bémol entre deux générations, il est le symbole de la paix. A chaque séquence sa signification. Pour boucler la boucle, la troupe « Casadimansa » a clôturé la manifestation par un balai «manodj », danse de l’ethnie ballante de la Casamance. Les hommes avec des déguisements d’un type particulier dansent en chœur. Des mouvements en harmonie, ils chantent des symphonies rythmées avec une cadence qui répond aux normes sacrées. Ce sont des pas de danse endiablés qui montre la bravoure des hommes.
C’est dire que la manifestation culturelle casamançaise, la deuxième du genre, a été un franc succès comme en témoignent les différentes démonstrations de danses, symboles d’une culture authentique et sacrée. « C’était formidable ! Je viens de comprendre que la Casamance regorge des traditions culturelles qui expliquent le mythe de cette région sud du Sénégal » déclare un observateur sous couvert de l’anonymat. « Je salue l’esprit par lequel la manifestation s’est tenue. Cela permettra de renforcer l’intégration entre les deux peuples. Car ces derniers sont les maillons qui peuvent contribuer largement au raffermissement des liens historiques qui unissent le Sénégal et la Mauritanie » déclare un haut responsable mauritanien. Quant à ce diplomate d’un pays étranger, « vous honorez les Sénégalais et votre ambassadeur ». Les observateurs étaient tous unanimes du succès de la manifestation. De l’avis même des organisateurs, jamais pareille manifestation n’a reçu un éclat particulier. C’est d’ailleurs pourquoi, le représentant du maire de Ziguinchor, M. Malick Sonko s’est réjoui du bon déroulement de la manifestation. Et par conséquent, a invité les Casamançais de Mauritanie, les Mauritaniens et  la troupe « Casadimansa » au grand festival culturel qu’organise le maire de Ziguinchor et ministre sénégalais des forces armées, au mois de mars 2010 à Ziguinchor. Il a toutefois exprimé les sentiments de gratitude du maire pour avoir été impliqué dans cette manifestation.
Cependant, si l’évènement a connu une réussite c’est grâce aussi aux autres contribuables à l’image de la Société de boisson de Mauritanie (Soboma) qui a mis à la disposition des organisateurs toute la boisson nécessaire durant trois jours pour aider les participants à étancher leur soif. C’est pourquoi, ces derniers ont infiniment remercié le directeur commercial de la Soboma, M. Alaoui pour avoir contribué au bon déroulement de la manifestation. Car, cette société a toujours sponsorisé les actions du genre. Tout compte fait, Nouakchott a vécu au rythme de la culture casamançaise et le public présent à la manifestation s’est bien régalé en spectacle. Toutefois, les organisateurs ont promis d’organiser une prochaine édition qui sera plus riche que les deux précédentes en réservant des innovations et des surprises.
Ibou Badiane


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