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Ould Mansour: Un discours à géométrie variable   
15/11/2009

Le conseil national du parti islamiste Tawassoul s’est terminé le 14 novembre à Nouakchott sur le «départ volontaire» du président de cette instance en plus de l’annonce que le parti reste à l’opposition,  tout en oeuvrant pour un partenariat avec le pouvoir.



Mohamed Mahmoud Ould Seyidi ex-président du conseil national de Tawassoul  et ancien  ministre de l’enseignement supérieur sous le Premier ministre Yahya Ould Waghf a cédé ainsi sa place à Ahmed Jiddou Ould Bahi.

Officiellement Ould Seyidi quitte la présidence  du conseil national parce qu’il veut «se consacrer» au secrétariat général d’une association islamiste dénommée : «chebibete el moustaghbal » (en françaisla jeunesse du futur),  présidée par l’Erudit Cheikh Mohamed El Hacen Ould Deddew.

Mais des sources bien informées  indiquent que l’ancien président du conseil national a surtout voulu s’éloigner des orientations devenues «contradictoires et déconcertantes» d’un parti de plus en plus dominé par  son président Jemil Ould Mansour.
«Tawassoul reste dans l’opposition sage.Son alliance avec le parti au pouvoir aux sénatoriales était une alliance électorale, qui peut (ou non),   si les conditions se réunissent, prendre la forme d’un partenariat politique» a déclaré le 14 novembre Jemil Ould Mansour à la fin des travaux du dernier conseil national.
«Nous avons créé un atelier pour examiner la question de  lutte contre la gabegie  et nous nous prononcerons la dessus» a affirmé également , en champion de l’esquive, Ould Mansour. Quand ? Aucune date n’a été avancée !
 «Vous allez avoir une évaluation qui plaira à la fois aux autorités et aux victimes de la lutte contre la gabegie» affirme de son coté un chercheur qui travaille sur le discours politique de Jemil Ould Mansour et qui avoue  avoir eu des "migraines" à cause de ce sujet de recherche.
Le 15 novembre, nouvelle déclaration qui s’inscrit dans la géométrie variable habituelle. «Les articles et écrits du quotidien  «Essirage» n’engagent que leurs auteurs. Et parce que  certains des journalistes de «Essirage»  sont membres de Tawassoul, cette mise au point est nécessaire» déclare le président de Tawassoul.

En réalité, les articles  de «Essirage»  quotidien arabophone de qualité, qui est en fait l’une des vitrines des islamistes commencent à gêner l’exercice d’équilibrisme de Tawassoul version Jemil, auquel il est attribué un certain cynisme  et un penchant poussé  pour  la manoeuvre sur tout et rien, à travers les suspens et les sous-entendus.

Interrogé en septembre 2004 sur les liens entre les islamistes et leurs éléments impliqués dans la tentative de putsch organisée par les «cavaliers du changement» au  Burkina Faso,  Ould Mansour avait répondu : «Il  s’agit d’accusations émanant de la police, mais même, si elles sont fondées, n’impliqueraient que des personnes et …non les islamistes».
Deux années après, en 2006, au cours de la (première) transition, Ould Mansour se vantera sur la Télévision de Mauritanie lors d’une émission qui l’avait regroupé avec Moustapha Ould Bedredine  de «l’expérience militaire commune entre les islamistes et les cavaliers du changement» !
Pressé en juin 2008 de prendre position par rapport à la fronde parlementaire et au différend entre les généraux et le président Sidi Ould Cheikh Abdellahi, Ould Mansour avait répondu -non sans machiavélisme- : «Nous ne pouvons prendre position dans un litige qui oppose les militaires et Sidi !». En d’autres termes: Nous attendrons voir. Le combat des militaires et celui de Sidi, ce n’est pas le notre .
Cela n’empêchera pas Ould Mansour de monter au créneau le 8 août 2008, deux jours après le putsch, pour le rejeter.
En  mai 2009, Ould Mansour était monté au créneau suite à la publication d’un communiqué du FNDD qui se félicitait de l’hostilité américaine vis-à-vis de la junte et s’en prenait à la position de la France.

Les observateurs avaient estimé que le dirigeant islamiste, prenait cette position pour plaire à la fois, à l’aile radicale et anti- américaine de Tawassoul,  mais  aussi, à la France.
Après la mise en œuvre de l’accord de Dakar et alors que le FNDD examinait une candidature unique, le conseil national du parti «Tawassoul» (membre du FNDD) se réunit et porte Jemil Ould Mansour à la présidentielle de juillet 2009.

Cela n’empêche pas Ould Mansour de venir le lendemain  dire au cours d’une conférence de presse du FNDD: « Nous ne sommes pas partisans d’une candidature unique, et  restons au FNDD».

Par la suite c’est la présidentielle du 18 juillet, Jemil s’empresse de saluer la victoire du Président Mohamed Ould Abdel Aziz alors que le FNDD et le RFD la contestent.
 Le 14 novembre moins de quatre mois après la présidentielle et une semaine après la sénatoriale où Tawassoul s’est allié avec le pouvoir, Jemil affirme que son parti  reste à l’opposition et pourrait évoluer vers un partenariat avec le pouvoir.

Mon Dieu , est-il possible de jouer et de gagner, sur tous les tableaux ?

Jemil semble l’avoir réussi.
MAOB


Toute reprise totale où partielle de cet article doit inclure la source : www.journaltahalil.com
Commentaires
hi5
salem@hotmail.com
2009-11-16 09:24:38

Vous êtes jaloux de ce grand homme qui comprend très bien cette société maure hypocrite.Il est quelqu’un de serieux pieux mais .le chien avoit la caravane passe

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