Facebook
USA-Monde musulman : Obama tient un discours nouveau   
05/06/2009

Le discours à l’adresse du monde  musulman prononcé jeudi 4 juin au Caire par le président américain Barack Obama a été très largement retransmis par les télévisions en langue arabe du Moyen-orient, dont Al-manar, la station du Hezbollah , et la télévision iranienne Al-alam.



En Mauritanie L’ambassade américaine a convié des hommes politiques des acteurs de la société civile et des journalistes pour suivre le discours et le commenter par la suite.
Plus de 30 télévisions appartenant à des Etats, des partis politiques ou tout simplement des groupes privés ont relayé le discours du président Obama, destiné à quelque 1,5 milliard de musulmans.
Le discours a été diffusé sur des réseaux de socialisation sur internet comme Facebook, Twitter et Myspace, de façon à multiplier son impact, tandis que le site internet du département d’Etat offrait la possibilité de recevoir des extraits par SMS en arabe, persan, ourdou et anglais.
Barack Obama a proposé au monde  de tourner la page d’un cycle de méfiance et de discorde" entre l’Amérique et le monde musulman et d’en finir avec le conflit israélo-palestinien.
"Ce cycle de méfiance et de discorde doit s’achever", a lancé à l’université du Caire le président américain dans un discours de rupture avec l’ère bush à l’adresse de 1,5 milliard de musulmans.
"Je suis venu chercher un nouveau départ entre les Etats-unis et les musulmans à travers le monde, un départ fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel, un départ fondé sur cette vérité que l’Amérique et l’islam ne s’excluent pas", a-t-il dit devant 3000 personnes triées sur le volet.
"Tant que nos relations seront définies par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine plutôt que la paix, à ceux qui font la promotion du conflit plutôt que de la coopération", a-t-il déclaré.
Citant le Coran, M. Obama a affirmé vouloir exprimer totalement sa vérité sur tous les sujets qui font débat ou ont provoqué un divorce entre les Etats-unis, comme leader de l’occident, et le monde arabe et musulman.
La discorde l’a emporté après la guerre en Irak, le scandale de la prison d’Abou ghraib en Irak, le camp de Guantanamo ou la priorité à la lutte anti-terroriste de l’administration bush après les attentats du 11-septembre 2001.
Mais il aussi souligné que le monde musulman devait aussi lutter contre les "préjugés" anti-américains, évoquant aussi les questions épineuses des droits de l’homme, du rôle de la femme et de leur "libre choix" dans les sociétés musulmanes.
Sur la question clef du conflit israélo-palestinien, il a considéré qu’il était désormais crucial de trouver une issue négociée en faveur de deux Etats comme "seule solution" après des décennies d’impasse, de "pleurs" et de "sang".
Tout en fustigeant le négationnisme de l’holocauste, et soulignant le "lien inébranlable" entre son pays et Israël, il a affirmé que "le temps est venu que cessent les colonies d’implantations" juives en Cisjordanie.
En Israël, la visite de M. Obama fait grincer les dents, les responsables redoutant que le rapprochement avec le monde arabe se fasse au détriment de ses liens privilégiés avec washington.
L’autorité palestinienne a immédiatement salué comme un "bon début" le discours de M. Obama, l’estimant en rupture avec l’administration Bush.
S’il a défendu clairement la politique américaine et de ses alliés en Afghanistan, c’est une sorte d’autocritique que M. Obama a faite de la guerre en Irak, promettant une Amérique ouverte à la diplomatie et l’approche multilatérale.
S’agissant des "questions spécifiques" que musulmans et Etats-unis doivent "affronter finalement ensemble", il a affirmé que "la première question que nous devons affronter c’est l’extrémisme violent sous toutes ses formes".
A propos du programme nucléaire iranien, il a affirmé que la confrontation avec Téhéran était "à un tournant décisif", mais il a invité l’Iran à "surmonter des décennies de méfiance", reconnaissant d’anciens torts américains.

"Nous sommes désireux d’aller de l’avant sans conditions préalables et sur la base d’un respect mutuel", a-t-il lancé aux dirigeants iraniens.

Venant d’Arabie Saoudite, autre allié clé des Etats-unis et berceau de l’Islam, M. Obama s’est entretenu dans la matinée avec le président égyptien Hosni Moubarak, 81 ans, considéré par ses partisans comme un pilier de la stabilité régionale et ses détracteurs comme un autocrate au pouvoir depuis 27 ans.
Le président  Obama a pressé  l’Etat hébreu de cesser la colonisation dans les territoires palestiniens et exprimé son engagement en faveur d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël.
Il a aussi souligné le lien "inébranlable" avec l’allié israélien et appelé les palestiniens à "cesser la violence".
M. Obama a affirmé que "les Etats-unis n’acceptent pas la légitimité de la poursuite de la colonisation israélienne" qui "viole les accord passés et nuit aux efforts de paix".
"Il est temps que la colonisation cesse", a lancé M. Obama, alors que les relations entre les Etats-unis et Israël traversent une phase très délicate en raison du refus du gouvernement de  Netanyahu de geler la colonisation en Cisjordanie occupée et du principe de l’Etat palestinien.
M. Obama a affirmé que les Etats-unis soutenaient les aspirations "légitimes" des palestiniens à un Etat.
"La situation pour le peuple palestinien est intolérable. L’Amérique ne tournera pas le dos aux aspirations légitimes des palestiniens à la dignité et à leur propre Etat", a-t-il dit.
M. Obama a par ailleurs appelé les "palestiniens à abandonner la violence. Résister par la violence et le meurtre est erroné et ne réussit pas".
Il a aussi affirmé que le mouvement palestinien Hamas, " jouit de soutien parmi les palestiniens", avait "des responsabilités à assumer".
Il faut, a-t-il dit, "qu’il joue un rôle dans la réalisation des aspirations palestiniennes, qu’il unifie le peuple palestinien. Le Hamas doit mettre un terme à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit d’Israël à exister".
Dans une première réaction, le Hamas a relevé "un changement tangible" dans le discours de M. Obama mais aussi "des contradictions".
"C’est un discours qui joue sur le sentiment et il est rempli de civilités, ce qui nous laisse croire qu’il visait à embellir l’image de l’Amérique dans le monde, il a dénoncé les violences subies par les israéliens sans évoquer celles dont sont victimes les palestiniens ", a déclaré à le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum.

(Afp)


Toute reprise totale où partielle de cet article doit inclure la source : www.journaltahalil.com
Réagir à cet article
Pseudo
E-mail
Commentaire
Entrer le code
La rédaction de Tahalil vous demande d'éviter tout abus de langage en vue de maintenir le sérieux et de garantir la crédibilité de vos interventions dans cette rubrique. Les commentaires des visiteurs ne reflètent pas nécessairement le point de vue de Tahalil et de ses journalistes.
Les commentaires insultants ou diffamatoires seront censurés.

TAHALIL 2006-2020 Tous droits reservés