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Les vagues d’émigrants déferlent sur les canaries   
22/05/2006

Les barques de clandestins continuaient inlassablement à arriver aux Canaries, tandis que Madrid tentait des démarches désespérées auprès des pays africains pour tarir la source de cette émigration massive. Un énième "Cayuco", une sorte de pirogue, transportant 68 africains, est arrivé en mardi dernier au port de la station touristique de Los Cristianos à Ténérife, escortés par une embarcation rapide des services de sauvetage en mer.



Au moment où cette embarcation touchait terre, une deuxième, également chargée d’émigrants interceptés en mer, était en vue à l’entrée du port. Sur l’île voisine de Gran Canaria, huit émigrants clandestins marocains ont été arrêtés à leur arrivée par bateau. Les canaries, et principalement l’île de Ténérife, connaissent depuis vendredi une nouvelle vague d’arrivées massives d’immigrants africains, après celle du mois de mars. Le tribunal supérieur de justice des canaries a indiqué qu’au cours des six derniers jours, plus de 1.300 sans papiers ont été interrogés au tribunal d’Arona, à Ténérife. Les centres d’accueil de l’île sont saturés et d’autres ont dû être aménagés dans le sud de l’île, comme au commissariat et au Tribunal de la Playa de Las Americas, ainsi que dans une ancienne caserne, à Las Raices. Le ministre espagnol de l’intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, a affirmé que "ceux qui entrent de manière irrégulière en Espagne seront expulsés". L’afflux de "Pateras" venant du Sénégal et de Mauritanie est en partie dû au plus fort contrôle exercé par l’Espagne et le Maroc sur leurs côtes atlantiques et méditerranéennes, tout comme aux abords des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, dans le nord du maroc. Du coup, les embarcations partent de plus en plus au sud, de la Mauritanie et même à partir de Saint-Louis, dans le nord du Sénégal, selon le journal espagnol El Pais.
Selon le ministre de l’intérieur, la situation "peut être réglée, même si c’est compliqué et à moyen terme". Le gouvernement espagnol a demandé par écrit aux présidents du Sénégal,
du Mali et de Guinée-Bissau de s’impliquer dans la crise migratoire qui concerne en majorité des ressortissants de ces pays africains, selon des sources officielles. Des lettres signées de José Luis Rodriguez Zapatero ont été remises mardi en personne aux présidents sénégalais, Abdoulaye Wade, malien, Amadou Toumani Touré, et bissau-guinéen, Joao Bernardo Vieira, par le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, qui se trouvait à paris pour la remise du prix Félix Houphouët-Boigny, au siège de l’Unesco. "Il est temps de prendre des mesures urgentes, dont les rapatriements d’immigrants qui sont entrés illégalement dans les îles canaries", écrit notamment M. Zapatero qui qualifie la situation de "crise humanitaire".
" Il s’agit de construire entre tous, pays d’origine, pays de transit et pays d’arrivée, un modèle migratoire qui prenne en compte les différentes dimensions des migrations", ajoute-t-il.
M. Moratinos a assuré que la réponse des trois présidents a été "positive" et qu’ils avaient s dit être prêts à accepter "une part de responsabilité" dans la situation, selon el pais.
La vice-présidente du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega, avait assuré lundi que l’Espagne était "sur le point" de signer des accords de rapatriement avec le mali, le Ghana, le Sénégal, le cap vert et le cameroun. Un accord de ce type existe déjà avec la Guinée-bissau.
Elle avait aussi annoncé pour "les prochains jours" des rapatriements vers la Mauritanie, puis le Sénégal, le Niger, le Mali et la Guinée bissau.


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