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Bahanga-Al Qaida-drogues et otages: Nos Présidents doivent se presser un peu   
28/02/2009

A en croire plusieurs sources bien informées, la Libye aurait accordé l’asile politique à Ibrahim Ag Bahanga pour des raisons humanitaires et pour contribuer en même temps à renforcer l’accalmie et le climat d’apaisement.



Consécutifs d’une part à la décision politique des dirigeants de l’Alliance du 23 Mai de déposer les armes, d’autre part à la défaite militaire de Bahanga et de ses fidèles sous la pression des troupes de l’armée commandées par les colonels Ould Meïdou et Gamou.
Il faut rappeler qu’au plus fort de l’offensive de l’armée, Iyad Aghaly chef historique du Mouvement Populaire de l’Azawad (MPA) et ci-devant agent consulaire à Djeddah, s’était rendu en Libye pour y négocier l’exfiltration de Bahanga. A-t-il réussi à faire comprendre à ses interlocuteurs, qu’outre le sauvetage physique de l’intéressé, celui-ci demeurait une carte maîtresse qu’il convient de conserver intacte ? Toujours est-il que ce départ organisé a libéré aussi la voie du ralliement au dernier carré qui était resté avec lui.
Il faudrait espérer que nos autorités sauront mettre en garde nos amis libyens contre une répétition d’un scénario que nous avons déjà connu. C’est, en effet, de retour d’un précédent exil en Libye, qui avait été à l’époque justifié par des arguments identiques à ceux en cours, que Bahanga a lancé le raid contre Nampala.
Si tout le monde se félicite de l’accalmie intervenue, à la suite du renversement de la situation militaire en faveur de l’Etat, beaucoup d’interrogations demeurent quant à la gestion de la période à venir. Le statut « d’exilé politique »complaisamment décerné à Bahanga, cache-t-il une intention de l’imposer ultérieurement dans un processus parallèle de négociation ? Ceux qui étaient dans l’armée avant le 23 Mai 2006 sont-ils définitivement absous et réadmis sans aucune condition ? Y-a-t-il intégration de ceux qui n’étaient dans aucun corps ? Que va-t-on faire des forces supplétives (des milices comme diraient certains qui ont été mobilisées à partir des régions de Gao et de Tombouctou pour soutenir les forces armées ? Comment Kidal va « digérer » la forte concentration d’éléments militaires consécutive aux différents ralliements étant entendu qu’avec la meilleure diligence des programmes de réinsertion peuvent difficilement être montés dans l’urgence ?
 Accroissement des facteurs d’instabilité
Ces interrogations se posent dans un environnement qui est troublé au cours des dernières semaines par deux événements majeurs : l’enlèvement de diplomates et de touristes occidentaux suivi de la revendication de leur captivité par Al Qaida via le groupe de Moktar ben Moktar qui conditionnait leur libération à celle de militants islamistes détenus dans un pays de la sous région. A cette occasion, certaines sources ont indiqué que le scénario le plus probable a pu se dérouler en deux temps : capture par des éléments isolés qui les ont rétrocédés à un groupe plus professionnel de la mouvance Al Qaida. C’est la première fois que la panoplie habituelle de Al Qaida a été déployée via la chaîne Al Djézira et internet, indiquant du même coup l’influence grandissante et dangereuse des islamistes dans la bande sahélienne.
Cette illustration de l’accroissement des facteurs d’instabilité survient au moment même où pour la ènième fois le Sommet que ATT tente de réunir depuis plus d’un an a été reporté. Si, comme d’aucuns l’ont avancé ce report est lié au démarrage de la campagne électorale en Algérie, il y a fort à craindre que la rencontre n’ait plus lieu de sitôt. Alors qu’il y a urgence à accélérer les efforts d’une réponse commune aux différentes menaces transnationales.
Il faut rappeler que c’est en janvier 2008 que ATT a reçu le soutien de ses pairs au sommet de la CEDEAO pour réunir un Sommet « pour réduire les tensions (dans l’espace sahélo-saharien) et permettre un débat sur les questions se rapportant à la sécurité, à la circulation des armes légères, le trafic de drogue et les besoins en développement. Depuis, seule la réunion des ministres des Affaires étrangères a pu se tenir en Novembre dernier. Or la zone s’enfonce dans l’instabilité parce que de la Mauritanie au Soudan, en passant par le Tchad, il y a un enchevêtrement de conflits et de tensions qui s’alimentent mutuellement et dont la dimension sous-régionale s’impose de plus en plus.
Il reste à espérer que le caractère incontournable d’une réponse collective finira par convaincre les différents Chefs d’Etat de faire un effort pour harmoniser leurs agendas juste pour une demi-journée.
 Bassaro Touré
Nouvelle République du 28 /02/09 (Journal Malien)


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