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Superfavori, Ahmed Daddah garde le silence : Programme politique: rester calme, ne pas agir, ni réagir, se taire… et gagner   
08/05/2006

Il est le favori de tous les sondages d’opinion amateurs sur les personnalités politiques. Le number one, dans les intentions de vote pour les prochaines élections présidentielles. D’aucuns disent qu’Ahmed Daddah a fait jusque là un parcours presque sans faute dans sa mission d’homme politique, au point qu’il peut servir aux partenaires étrangers de baromètre et peut effectuer un audit de sagesse et de lucidité sur la vie politique des deux dernières décennies en Mauritanie. Ce n’est pas pour autant que la majeure partie de la classe politique nationale et une grande majorité des milieux d’affaires lui voient un destin politique national. Au moment où le débat sur le texte du nouveau projet de Constitution et les enjeux du référendum constitutionnel tarde à démarrer, Tahalil Hebdo a sollicité en vain un entretien avec Daddah, le «Géant du Trarza». Rester calme, ne pas agir, ni réagir, se taire…semble être le nouveau programme de Ahmed Daddah et de son parti le RFD.



« Il n’est aucun problème assez urgent en politique qu’une absence de décision ne puisse résoudre». Cette fameuse formule de Henri Queuille, figure du radicalisme français parait être aujourd’hui la devise un peu cynique, du leader du RFD. Attention ! Tout le monde n’est pas le «Prince»! Sa plasticité et son expérience du passé malheureux de la politique en Mauritanie, conduisent le «Géant du Trarza» à présent, à vouloir surfer sur tout ce qui est à la mode et en phase avec les points de vue du Comité Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD) et du goût du «boss» Ely.
Daddah est actuellement, comme il le disait lui-même lors de sa première conférence de presse au lendemain du putsch, en «harmonie complète» avec les «seigneurs de la transition» (ndlr). On s’en doute bien !


On le voit à toutes les activités du CMJD, acquiesçant, applaudissant ; jouant même le relais de l’exécutif en renforçant les propos du «boss» dans les interviews express accordées aux médias étrangers (les hommes politiques nationaux, complexés, préfèrent se confier à ces derniers). Jamais en contradiction avec les «colonels». Il n’a plus de socle de convictions personnelles. Il peut dès lors changer totalement son prétendu discours sur les questions du passé, suivant les circonstances, la sensibilité et les interlocuteurs du moment. Pieds et poings liés, tout indique qu’il aurait prêté serment d’allégeance au CMJD.
Sinon comment comprendre que Daddah ne se prononce pas sur le nouveau texte de Constitution? A-t-il aussi un avis ou une conviction sur le mode de financement des partis politiques ; sur la position du CMJD dans les négociations avec l’Union Européenne concernant les accords de pêche qui arrivent à échéance en juillet prochain? Quelle est la position de son parti sur les questions liées à l’immigration clandestine, comme les centres d’accueil que l’UE refuse de plus en plus sur son territoire et qu’elle cherche à établir en Mauritanie, surtout quand on connaît les problèmes de respect de droits de l’homme que ces centres soulèvent ?
Pourquoi le «Géant du Trarza» refuse-t-il la contradiction des journalistes quand il est invité dans les médias publics ; ainsi que ça été le cas lors de son passage à l’émission «Club de la presse» de la Radio Mauritanie ? De quoi a-t-il peur ? De se révéler tel qu’il est ou se croit-il au dessus de la mêlée?

Ahmed le renard politique?
En réalité Daddah se sait incontournable. Il se voit déjà en Président de la République. Il n’attend que le moment de la consécration. Il a compris également que quoi qu’il fasse, dise, chacune de ses paroles, chacun de ses gestes peuvent avoir un écho et une répercussion nationale voire internationale. Certains de ses amis, croient savoir qu’il aurait pactisé avec le CMJD, juste au lendemain du putsch : cautionner le «coup d’éclat» du 03 août, observer un silence radio sur les affaires internes de la Transition, contre deviner quoi.
Par calculs, ou peut être par patriotisme, accordons lui le bénéficie du doute : il n’ose se prononcer sur les questions urgentes qui déterminent le destin du pays. Or, «s’engager», n’est-ce pas le rôle et le devoir d’un candidat qui aspire à la magistrature suprême?
Ses ennemis qui cherchent à lui couper l’herbe sous les pieds et lui barrer la route dans l’accession au poste de président de la République, lui prêtent des intentions machiavéliques de vengeance terrible, ruminée et ourdie à l’encontre de tous ceux qui, à un moment ou à un autre, ont fait du mal à sa famille propre, surtout à son défunt frère.
Quoiqu’il en soit, à quelques mois des échéances électorales, vu toutes les interrogations évoquées ci-dessus, Ahmed Daddah est condamné à aller aux charbons et à prendre la parole. Ce n’est pas encore très tôt!!! o
Par El Popèye Cissé Cisse25@yahoo.fr


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