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Hausse du prix du carburant à la pompe : Les facteurs extérieurs… jusqu’à quand?   
08/05/2006

Le prix du litre d’essence à la pompe vient de passer de 250 à 302 UM et celui du gasoil de 217,7 à 247 UM. Une nouvelle hausse. La troisième en quelques mois. Elle est liée aux fluctuations du marché international, a indiqué un haut responsable du ministère mauritanien de l’énergie et du pétrole, lequel, n’a pas apporté de précisions sur les vrais enjeux de la politique énergétique de notre pays, en terme de stabilisation des prix et du raffinage du pétrole. Les autorités devraient réfléchir davantage, pour briser la spirale infernale de la hausse des prix sur un marché international voué à l’instabilité.



M. Dieng Mika Yero, le directeur de l’approvisionnement, du stockage et de la distribution au ministère de l’énergie et du pétrole a été apparemment chargé de nous faire avaler la pilule de la nouvelle hausse des prix du pétrole. Après la nouvelle augmentation des prix du carburant, il est monté au créneau pour expliquer que la hausse des prix des hydrocarbures est liée à des facteurs extérieurs, à la situation sur le marché international.
Pour les autorités, la nouvelle hausse s’explique par «la forte demande de la Chine et de l’Inde et par les intempéries observées dans le Golfe du Mexique où il existe un grand nombre de raffineries et de plates formes de production pétrolière». M Dieng a également souligné «l’instabilité politique dans quelques pays producteurs», avant d’ajouter que le gouvernement mauritanien déploie des efforts considérables afin de protéger le consommateur à travers la stabilisation des prix. La Mauritanie aurait importé, 473.000 tonnes d’hydrocarbures, en 2004 pour 165 millions de dollars. Selon le responsable du ministère de l’énergie, les importations s’élèvent à 471.000 tonnes en 2005.
Calcul élémentaire
Pourtant, malgré la baisse des importations, il a été constaté une hausse des charges du pétrole, due à la hausse des prix sur le marché international. Le responsable mauritanien a indiqué, qu’en décembre 2005, le mazout coûtait 530 dollars la tonne et qu’en 2006 (mois de mai) le prix de la tonne atteint 670 dollars. Les prix à la pompe étaient établis sur la base de cotation du gaz-oil à 530 dollars/tonne. Ce qui explique que c’est la hausse du prix d’achat qui a occasionné une nouvelle hausse sur le prix de la vente chez nous. Du calcul élémentaire!
Concernant les perspectives, l’officiel mauritanien ne nous pousse guère à être optimistes. Selon M Dieng, « le fait que notre pays soit devenu producteur de pétrole n’implique pas forcément une baisse des prix à la pompe car, le pétrole extrait du puits Chinguitti par exemple, est brut et ne peut servir à la consommation sans passer par le raffinage ». Il ajoutera « n’ayant pas, d’industrie de raffinage, le pétrole mauritanien sera soumis au traitement international et obéira au contexte du marché mondial, une fois, raffiné ».
Ce qui signifie que notre pétrole nous reviendra au même prix, que le pétrole mexicain ou nigérian. Evaluant les efforts fournis pour maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande, chez nous, M. Dieng Mika précisera qu’au prix parité- importation et grâce «à la force de négociations», les prix des hydrocarbures sont de 4 dollars, moins chers que ceux des pays de la sous-region. Et que le contrat d’approvisionnement conclu avec le nouveau fournisseur (Vittol) en hydrocarbures, reviendrait à 2 milliards d’Um, moins cher, que le précédent contrat (Trafigura).
Assez de complaintes
A noter, que M Dieng Mika n’a pas fourni d’explications sur deux axes essentiels d’une politique énergétique plus conséquente. Car, pour parer aux risques liés aux hausses continuelles du prix du pétrole sur l’activité économique nationale, il incombe aux autorités de réfléchir en dehors des sentiers battus des contrats d’approvisionnement et de la comparaison de nos prix avec ceux de la sous région.
Il est temps que nos autorités songent à développer chez nous une industrie du raffinage dont l’infrastructure existe à Nouadhibou et à créer, avec les recettes de notre pétrole, un fonds de stabilisation des prix, qui couvrira les fluctuations sur le marché international. Sans quoi, nous continuerons à subir et à écouter les mêmes complaintes. o
Isselmou Ould Moustapha


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