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Gaza: Les civils menacés par les attaques incessantes, indique le CICR   
31/12/2008

Alors que les raids israéliens sur Gaza et les tirs de roquettes palestiniens se poursuivent, le CICR reste extrêmement préoccupé par la situation des civils touchés par les hostilités. Selon le personnel du CICR  à Gaza, la population civile est terrorisée par la poursuite des raids. Les victimes civiles, dont des enfants, continuent d’affluer dans les hôpitaux locaux.



Telle est la description donnée par un collaborateur du CICR chez lui à Gaza : « Nous n’avons nulle part où nous cacher. Nous réunissons les enfants dans la salle de séjour et y dormons sur des matelas. Nous devons laisser les fenêtres ouvertes pour que les vitres ne se brisent pas lorsque des bombes tombent à proximité. Il fait très froid et les enfants pleurent en entendant les explosions ».
Aujourd’hui, un nombre légèrement plus grand de personnes se hasardent dans les rues de Gaza par rapport à hier car les bombardements semblent moins nombreux. De longues queues se forment devant les boulangeries et il est de plus en plus difficile de trouver certains produits alimentaires. Le prix du carburant – utilisé principalement pour faire marcher des générateurs privés – a considérablement augmenté, passant de 1,8 shekel avant l’opération militaire en cours à 5,8 shekels le litre.


Hôpitaux

Les hôpitaux de Gaza ont indiqué au CICR qu’ils ont admis 1 266 blessés le 29 décembre à la mi-journée. Hier, 29 décembre, les spécialistes en médecine, eau et assainissement du CICR ont visité l’hôpital Shifa à Gaza. L’hôpital traite actuellement la plupart des personnes blessées dans la bande de Gaza. Son unité de soins intensifs dispose de 43 lits. Dès que l’état des patients s’est stabilisé ou qu’ils ont été opérés, ils sont transférés vers d’autres hôpitaux. Même si la situation à l’hôpital Shifa semble être moins tendue, avec, semble-t-il, moins de morts et de blessés, l’hôpital reste surpeuplé et très occupé. La plupart des fenêtres du bloc chirurgical et de la salle d’urgence ont été soufflées par les explosions de bombes dans une mosquée proche. Des réservoirs d’eau sur le toit ont également été endommagés et le CICR prévoit de les réparer. Les hôpitaux semblent disposer de médicaments et matériels médicaux suffisants pour couvrir leurs besoins actuels, mais il leur faudra plus de médicaments et de sang dans les prochains jours.
Quelques hôpitaux sont davantage tributaires des générateurs pour leur alimentation électrique, l’alimentation régulière ne fonctionnant que quelques heures par jour. L’entretien et la réparation des générateurs risquent de poser problème.
Hier, 29 décembre, six patients ont franchi la frontière de Rafah pour être soignés en Égypte.


Activités du CICR
• Aujourd’hui, le CICR a acheminé à Gaza six camions contenant des médicaments et des articles jetables fournis par le Croissant-Rouge palestinien, des pièces de rechange pour les ambulances et le matériel médical (tensiomètres, appareils de mesure de la fréquence cardiaque, ventilateurs), des bâches en plastique, 322 colis de nourriture et 350 colis d’articles d’hygiène.
• Un avion affrété par le CICR transportant des secours en quantité suffisante pour couvrir les besoins de 500 blessés de guerre devrait quitter Genève pour Tel Aviv en fin d’après midi. Ces secours seront acheminés dès que possible à Gaza.
• Une équipe chirurgicale de Genève devrait arriver à Gaza dans les prochains jours pour soutenir le traitement dans les hôpitaux locaux de personnes blessées lors des combats.
Communiqué de presse 08/248 du CICR
Le CICR appelle à la retenue alors que les hôpitaux sont submergés par l’ampleur des urgences. Le Comité international de la Croix-Rouge est extrêmement préoccupé par le nombre toujours plus grand de victimes à l’intérieur de la bande de Gaza, à la suite d’une série de raids aériens des Forces de défense israéliennes.
Ces raids ont tué 275 personnes et blessé plus de 950 autres, selon les responsables de santé palestiniens. En Israël, des civils ont été pris sous les tirs de roquettes lancées depuis Gaza, tuant au moins un Israélien et blessant plusieurs autres.
« À Gaza, les personnes ont très peur de sortir dans les rues qui sont pratiquement désertes. Les hôpitaux sont submergés et n’arrivent à faire face ni au nombre de blessés qui ne cesse d’augmenter ni aux différents types de blessures », dit Marianne Robyn Whittingon, déléguée santé du CICR à Gaza.
L’afflux de blessés de guerre a provoqué des tensions considérables dans les hôpitaux déjà surchargés de Gaza qui ont cruellement besoin de matériel médical. Les stocks de secours médicaux et de médicaments étaient déjà épuisés en raison de la difficulté d’acheminement d’articles médicaux dans la bande de Gaza ces derniers mois.
« L’acheminement immédiat d’un plus grand nombre de secours médicaux aux hôpitaux figure au premier rang de nos priorités », dit Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR en Israël et dans les territoires occupés. « Il est donc essentiel que cette assistance humanitaire d’urgence ait accès à Gaza ».
Le Croissant-Rouge palestinien a fourni du personnel supplémentaire aux hôpitaux tandis que des collaborateurs locaux et des volontaires ont aidé à évacuer les morts et les blessés des bâtiments endommagés ou détruits. Pour l’heure, le CICR a réussi à acheminer des secours médicaux à deux hôpitaux de Gaza pour faire face aux besoins urgents de plusieurs centaines de blessés de guerre. Un convoi du CICR, contenant plus de secours médicaux, de liquides intraveineux et de pièces de rechange pour les générateurs des hôpitaux, devrait être acheminé dimanche. Il faut espérer que cinq ambulances du Croissant-Rouge palestinien seront envoyées de Jérusalem à Gaza lundi.
Le CICR rappelle aux parties impliquées dans les combats qu’en vertu du droit international humanitaire une distinction claire doit être établie entre la population civile et les biens de caractère civil, d’une part, et les objectifs militaires, d’autre part. En particulier, le CICR souligne l’obligation qui incombe aux parties de prendre toutes les précautions possibles pour épargner la population civile contre les effets des hostilités. Les installations médicales et le personnel médical doivent également être protégés.
« Le CICR lance un appel à toutes les parties prenantes aux hostilités pour qu’elles fassent preuve de retenue, et leur rappelle d’urgence l’obligation qu’elles ont de se conformer au droit international humanitaire en toutes circonstances », a déclaré Wettach.


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