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Discours du 20 avril : Ce que le "Boss" n’a pas dit !   
24/04/2006


La tâche était délicate : officiellement, il faut séduire les fonctionnaires, les hommes politiques et les opérateurs économiques pour combattre la corruption et le détournement des deniers publics et préparer la bonne tenue d’élections libres et transparentes. Pourtant on n’assistera pas au langage de la séduction. Mais à une vigoureuse mise en garde contre la mauvaise gestion, contre le tribalisme, et pour la restauration des valeurs et de la confiance. Et si le chef de l’Etat a été direct sur la volonté du CMJD d’en découdre avec les auteurs des pratiques préjudiciables au pays, il n’en a pas moins dit sur des questions d’ordre capital.
A la question, faut-il avoir des inquiétudes sur l’après transition? Qu’est ce qu’il a dit sur le dossier? Rien nous semble-t-il. Dans les cercles intellectuels et officines politiques, d’aucuns se demandent aujourd’hui s’il ne faut pas s’inquiéter plutôt du rôle de ces militaires du CMJD au lendemain de l’élection présidentielle de mars 2007. Autrement dit aussi, pour qui roule le CMJD?
Puisqu’en effet depuis la fin des années 70, l’armée mauritanienne a toujours "veillé" sur la vies politique et économique, n’hésitant pas à pratiquer le coup d’Etat lorsque la religion érigée parfois en dogme politique et constitutionnel était mise à mal ou lorsque l’économie et l’Etat sont au bord de la déliquescence ou de la faillite (l’exemple du 03 août 2005).
Quelle est donc l’urgence du moment pour que le "Boss" en appelle à la propreté dans les pratiques et les transactions entre mauritaniens et vis-à-vis des investisseurs étrangers?

Un discours constituant, fondateur…mais
Ce discours cache-t-il mal des appréhensions par rapport à un hypothétique retour de Maaouya? D’ailleurs certains milieux prient tous leurs dieux pour une rentrée au bercail (imminente selon des indiscrétions) de celui-ci.
Par ailleurs, quelques voix dénoncent, dans des discussions de salon- peu de leaders d’opinion osent s’y coller à gorge déployée- une classe politique de plus en plus sous tutelle militaire. Elle est courtisée, ménagée, pour s’attirer ultérieurement ses bonnes grâces. Aux dernières nouvelles, un "deal" serait conclu entre quelques partis dits puissants et le CMJD pour un après "transition concertée"
Qu’est ce qu’une partie des membres du CMJD aurait à craindre de l’après transition ? Les dés sont déjà jetés. Si l’on en croit le patron du Comité Militaire, l’armée retournera aux Casernes, même si des opinions qualifiées à tort ou à raison de saugrenues s’expriment ça et là en faveur d’une prolongation de la transition. Une donnée non moins importante est que si l’on a demandé une prolongation, c’est sans doute parce que le CMJD a su se constituer un réseau efficace de partenariats pour débusquer des compétences mauritaniennes éparpillées à travers le monde, afin de s’entourer d’éminences grises dans tous les domaines de la vie active. Les faits sont là. Les chiffres plaident pour le moment à sa faveur : concertations consensuelles de la classe politique avec le gouvernement intérimaire, hausse des salaires de 50 pour cent, baisse du déficit budgétaire, restitution de centaines de millions détournés
Ely et son équipe n’auraient pas réussi tout cela, s’ils n’étaient pas accompagnés des moyens économique, politique, social et financier venus du concours des forces vives de la nation. Ces forces vives ont pour noms : opérateurs économiques, société civile, partis politiques, syndicats, bailleurs étrangers…pour un dialogue national. Dialogue auquel ne s’est jamais astreint l’ex-president.
La Mauritanie est sur une bonne vague. Mais il n’est pas tôt de penser à l’après élection.
Si l’armée redevient républicaine et rentre dans les casernes comme prévu, qu’adviendra-t-il de toutes ces luttes annoncées contre la corruption, contre le népotisme, le détournement des biens de l’Etat, surtout quand on sait que les leaders sont tenus de puissants magnats de la finance locale?
Est-ce que le départ des militaires signerait un "come-back" gagnant pour les extrémismes islamistes ou les particularismes? Que faut-il penser d’ailleurs sur le fait que la majorité des populations continuer à plébisciter le CMJD comme étant " garant et promoteur d’une certaine idée et une forme naissantes de démocratie à la mauritanienne" ?
Enfin, jusqu’à quelque point, pourrait-on et doit-on réduire la force de frappe de l’armée pour qu’elle soit républicaine dans un pays encore politiquement et économiquement instable?
Par El Hadj Popèye Cissé
Cisse25@yahoo.fr


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