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Enfants abandonnés : Les anges de Sebkha   
24/04/2006


" Mais cela a changé. Depuis, le suivi est beaucoup plus rigoureux, très strict même. Aujourd’hui tout est fait en fonction exclusive de l’intérêt de l’enfant et son suivi est effectué jusqu’à l’âge avancé de 7 ans" reprend-elle. L’année dernière, 37 cas d’enfants abandonnés ont été recensés à Nouakchott, le plus souvent dans des maisons inhabitées, mais il n’est pas inhabituel de les retrouver dans les poubelles.
Les couffins ont toujours entre 3 et 5 jours. " Pour le moment, nous en sommes à 6 abandons constatés depuis le début de l’année 2006 " affirme Mme Ndioro. Les enfants recueillis sont réquisitionnés par la police qui les amènent ensuite au service pédiatrique du centre hospitalier national.
De là, le service en question appelle le centre d’accueil des enfants abandonnés, cellule dont Mme Ndioro est responsable. " A partir de cette étape, notre rôle consiste à récupérer le bébé, se substituer aux parents un temps, avant de trouver des parents permanents d’adoption " continue Mme Ndioro. À ce niveau, les progrès sociaux sont conséquents: l’enfant est suivi au sein de la famille où il évolue; on observe la connexion affective éventuelle entre le bébé et les nouveaux parents; l’aisance matérielle pour subvenir à l’éducation de l’enfant ne suffit pas. La famille doit être moralement et psychologiquement " stable ". Et une fois que la famille est acceptée par la cellule, l’engagement de la famille est définitif, et ne saurait être rétroactif.
Le grand danger pour l’enfant et pour la famille adoptive alors, une fois que l’enfant est intégré à la cellule familiale nouvelle, c’est de voir resurgir des parents (des mères surtout ndlr) épris de remords, et qui tentent de récupérer leur enfant. Un cadre juridique a été mis en place depuis 1988 portant sur l’attestation de garde remise aux parents adoptifs qui leur évite ce genre de surprise.
Cette attestation leur est remise à la fin de l’appréciation par le centre d’accueil, de leurs qualités éducatives. Elle les reconnaît comme les uniques parents de l’enfant. " Mais les cas de ces mères suivant les faits et gestes du bébé abandonné restent tout de même relativement rares " rajoute Mme Ndioro.

Des structures d’accueil aux maigres capacités
En effet, une partie des enfants recueillis est alors dirigée vers les soins de la DASS, mais cette structure de l’Etat n’a pas les moyens d’une telle politique de soins et d’accompagnement de ces bambins, avec un budget de moins de 50 millions d’ouguiyas.
L’initiative privée prend une importance notable pour ces naufragés; c’est le cas par exemple de Mme Diallo, dont l’association qui porte son nom a été fondée en 1968. Depuis cette date, elle s’acharne à recueillir le plus, de bébés abandonnés, ou des enfants vivant dans la rue. Elle en a recueilli et élevé 30 au total, depuis la création de l’association. Mme Ndioro concède cet aspect du problème, en soulignant que " les enjeux sociaux, individuels, de ce phénomène qui s’amplifie depuis 5 ans avec l’urbanisation grandissante de la ville, corrélée à une paupérisation accrue, ne sont pas trop pris en compte par les autorités publiques ".
Mais les mouvements associatifs heureusement tiennent le terrain et des femmes comme Awa Ndioro veillent à donner le meilleur avenir possible au maximum de ces anges tombant de Charybde en Scylla.
Par Mamoudou Lamine Kane
mamoudoukane@hotmail.com


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