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Addis abeba: La communauté internationale envisage des «mesures appropriées» contre la junte   
21/11/2008

L’Union Africaine (UA) a débuté vendredi 21 novembre une nouvelle réunion à Addis abeba avec ses partenaires internationaux, dont l’Union Européenne (UE), sur de possibles sanctions contre la junte qui a pris le pouvoir par la force le 6 août en Mauritanie."La position de l’UA sur la Mauritanie est presque similaire avec celle des autres partenaires comme l’UE, les Etats Unis et les autres", a déclaré le président de la commission de l’UA, Jean Ping.



 "Nous avons condamné le coup d’Etat, nous avons suspendu la Mauritanie de l’UA, nous avons lancé des ultimatums... tout a été fait. Maintenant nous allons prendre une décision, nos textes disent que nous pouvons dans les six mois après un coup d’Etat prendre des sanctions", a-t-il ajouté.

L’UA exige de la junte un retour à l’ordre constitutionnel et la libération du président déposé au plus vite.

Le ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner participe à cette réunion au titre de la présidence française de l’Union Européenne (UE).

L’ONU, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) et la Ligue Arabe sont également représentées. L’UE a brandi le 20  novembre une nouvelle fois la menace de "mesures appropriées"contre la junte en Mauritanie, à laquelle elle avait donné un mois, jusqu’au 20 novembre, pour rétablir l’"ordre constitutionnel" mais Nouakchott rejette ces pressions et demande la "poursuite des discussions".

Le ministre mauritanien de la Communication Mohammed Ould Moïne a rejeté le 20 novemebre à Paris les pressions de l’UE et de l’Union africaine (UA) sur le pouvoir militaire , assurant que "personne n’est le tuteur"de ce pays. "Mon pays est un Etat souverain et indépendant. Ce qui signifie que personne, je dis bien personne, n’a le droit de prendre des décisions concernant mon pays et personne n’est le tuteur de mon pays", a déclaré  M. Ould Moïne.

 A Nouakchott, la junte avait  auparavant demandé à Bruxelles la "poursuite des discussions" pour tenter de sortir de la crise.
"Le 20 octobre dernier, l’UE a donné un mois à la junte pour faire des propositions en vue de ce retour à l’ordre constitutionnel", a rappelé  le 20 novembre le ministère français des Affaires étrangères.

 "Compte tenu du caractère jugé insuffisant par la communauté internationale des propositions faites par la junte, les Etats membres de l’UE vont examiner, sur la base de propositions de la Commission, les mesures appropriées prévues dans le cadre de l’article 96 de l’accord de Cotonou", a ajouté un porte-parole du ministère, Frédéric Desagneaux.
Des militaires mauritaniens qui venaient d’être limogés, ont renversé le 6 août dernier, le président démocratiquement élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi qu’ils ont transféré le 13 novembre de la villa où il était détenu à Nouakchott jusqu’à son village natal, à 250 km de la capitale, où il a la possibilité de rencontrer "qui il veut, quand il veut" selon le Gouvernement.

Le porte-parole français a fait état à ce propos de "quelques évolutions ces derniers jours". Mais le président élu  reste placé en résidence surveillée, déplore l’UE qui réclame sa libération.  La France assure jusqu’à la fin de l’année 2008 la présidence de l’UE, principal bailleur de fonds du pays. Paris n’a pas détaillé en quoi consisteraient les "mesures appropriées" qui sont évoquées.

Des sanctions européennes pourraient prendre la forme d’une suspension des relations diplomatiques et de l’aide au développement, hors aide humanitaire. Selon des sources proches du dossier, le Gouvernement nommé par la junte au pouvoir en Mauritanie, a récemment écrit au secrétaire d’Etat français chargé de la coopération, Alain Joyandet, pour demander "la poursuite des discussions avec l’UE" dans l’esprit des accords de Cotonou "qui prévoient 120 jours" de consultations pour aboutir à une solution.

Par ces accords liant depuis 2000 l’UE aux Etats d’Afrique, Caraïbes et Pacifique, les signataires ont pris des engagements sur la forme démocratique de leur gouvernement.

Le Haut conseil d’Etat, dirigé par le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, mène actuellement une vaste campagne pour "faire comprendre les enjeux véritables du changement du 6 août", en organisant à Nouakchott des meetings et en utilisant les medias d’Etat qui ne connaisent plus la contradiction et desquels les opposants au putsch sont privés d’accès.

Le Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD) avait organisé le 20 novembre à Nouakchott et dans plusieurs villes à l’intérieur du pays  de grandes  manifestations (non réprimées cette fois), pour réclamer le retour du président élu à son poste.


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