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Corruption : la justice algérienne aux trousses de l’ancien PDG de la Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour   
26/03/2021

Abdelmoumen Kaddour a occupé de nombreux postes de responsabilités dans le secteur pétrogazier algérien. Le dernier en date étant celui de PDG de la Sonatrach, il est désormais employé par Exxon Mobil, mais fait l’objet depuis



février d’un mandat d’arrêt international pour des affaires de corruption.

Le 23 mars, l’ancien PDG de la société publique algérienne des hydrocarbures (Sonatrach) Abdelmoumen Ould Kaddour (photo) a été libéré sous caution en contrepartie de 300 000 $ après avoir été arrêté à l’aéroport de Dubaï alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Mascate, au sultanat d’Oman, en provenance de Paris. Le retraité qui est accusé dans deux affaires de corruption, s’était vu privé de sa liberté le 20 mars dernier dans le cadre de l’application d’un mandat d’arrêt international émis contre lui en février.

Dans les détails, la première affaire pour laquelle Kaddour est poursuivi, est relative à l’acquisition en 2018 de la raffinerie d’Augusta située en Italie pour la somme de 725 millions $. Ce montant était initialement jugé exorbitant et avait provoqué l’indignation des citoyens et des différents acteurs intervenant dans le secteur en raison de la vétusté de l’infrastructure.

La vieille raffinerie de 70 ans a de surcroît nécessité de l’Etat, une enveloppe supplémentaire de 250 millions $ pour sa réhabilitation, portant le total des dépenses à 975 millions $. Kaddour expliquait alors que l’usine devrait permettre à l’Algérie de diminuer ses importations de gasoil, mais il s’est avéré que l’infrastructure ne pouvait raffiner que du brut saoudien et azerbaïdjanais, mais pas de pétrole algérien.

La raffinerie appartenait à ce moment à Exxon Mobil pour qui l’ancien dirigeant travaille actuellement. Sur les réseaux sociaux, de nombreux Algériens accusent Ould Kaddour d’avoir sciemment acheté la raffinerie défectueuse pour rendre service à Exxon qui cherchait alors à s’en débarrasser.

Cette affaire fait actuellement l’objet d’une enquête pour délimiter les responsabilités de tous les acteurs ayant participé à cette transaction. Les observateurs disent s’attendre à un long procès.

Pour ce qui est de la seconde affaire, l’ancien PDG de la Sonatrach est pointé du doigt pour des marchés octroyés de gré à gré avec en prime une accusation de surfacturation. Parmi ceux-ci, figure le contrat conclu par la Sonatrach avec le leader mondial dans les gaz industriels, Air Products, pour un coût de 200 millions $ en 2018. L’accord qui portait sur l’approvisionnement en hélium et la création de deux nouveaux sites de séparation des gaz de l’air, devait contribuer à diversifier la chaîne d’approvisionnement et améliorer la fiabilité des livraisons aux clients venant des continents africain et européen.

« Ces projets de production de gaz industriels avec un partenaire de renommée internationale s’inscrivent dans notre stratégie de diversification des activités de la Sonatrach et permettront de mieux valoriser nos ressources et de sécuriser nos besoins en la matière à des coûts compétitifs », avait alors déclaré l’ex-patron de la Sonatrach.

Mais selon certains experts, la valeur réelle de ces deux unités de production n’allait pas au-delà de 70 millions $ et les clauses du contrat signées avec l’américain Air Products étaient plus avantageuses pour ce dernier que pour la société publique algérienne des hydrocarbures.

« Air Products a édicté ses propres règles à la Sonatrach qui paye 100 % de la production (take or pay), avec une bonification obligatoire de 1 million de dollars par mois que les unités soient en activité ou à l’arrêt », a rapporté le média El Watan.

Il faut savoir que les démêlés d’Abdelmoumen Ould Kaddour avec la justice algérienne datent de 1993 au moment où il occupait le poste de PDG de Brown & Root-Condor (BRC), une joint-venture algéro-américaine détenue à hauteur de 51 % par la Sonatrach et à 49 % par Halliburton. En effet, à cette époque l’opacité qui entourait les activités de BRC avait poussé l’ex-président Abdelaziz Bouteflika à exiger la dissolution de cette société mixte en janvier 2007. Quelques mois après, Kaddour avait été condamné à 2 mois et demi de prison ferme pour divulgation d’informations classées secret-défense dans le cadre d’une affaire d’espionnage et d’intelligence avec des puissances étrangères.

L’économie algérienne qui peine déjà à récupérer des effets négatifs de la pandémie de Covid-19, risque de connaître une aggravation de son déficit budgétaire. Avec ces scandales qui ont éclaté, le pays pourrait faire face à la fuite de capitaux étrangers entraînant ainsi une forte dévaluation du dinar et à long terme, une récession économique.

(Agence Ecofin)


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