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Sahel : entre succès militaires et contestations anti-Barkhane, Paris veut faire de la place à la force Takuba   
25/01/2021

Après de nombreuses victoires contre les groupes terroristes, mais aussi des pertes sur fond de contestations, la France réfléchit à redimensionner sa présence au Sahel. Début janvier, la ministre Florence Parly avait annoncé une réduction « probable » des effectifs de la force Barkhane.



Dans un discours prononcé devant les Forces armées françaises le 19 janvier 2021, le président français, Emmanuel Macron, a évoqué l’avenir de la présence française dans le Sahel. Selon le dirigeant, les troupes de l’Hexagone présentes dans cette région en proie à l’insécurité à travers l’opération Barkhane, subiront un « ajustement », dans un délai qui n’a pas été précisé.


L’annonce intervient quelques jours seulement après celle de la ministre des Armées, Florence Parly, qui parlait d’une réduction « très probable » des effectifs de la force Barkhane dans la région.

Selon les autorités françaises, cette décision est entre autres motivée par les succès obtenus par les militaires français dans le Sahel en 2020. Plusieurs chefs terroristes ont été abattus et la mise sur pied de la force Takuba censée regrouper les forces spéciales de plusieurs pays européens devrait permettre de renforcer la lutte contre le terrorisme dans la région.

« Les résultats obtenus par nos forces au Sahel, conjugués à l’intervention plus importante de nos partenaires européens, vont nous permettre d’ajuster notre effort », a déclaré le président Macron à Brest en France.

Ainsi, selon Paris, la réduction des effectifs de la force Barkhane devrait entre autres concerner les 600 militaires envoyés en renfort au début de l’année 2020, dans le cadre d’un déploiement désigné comme « temporaire ».


Toutefois, il faut noter que ces annonces interviennent dans un contexte difficile pour la coopération française avec les pays du Sahel plus précisément le Mali.

Ces derniers mois, des contestations populaires anti-Barkhane se sont multipliées. Elles ont même poussé le colonel Malick Diaw, président du Conseil national de transition (CNT) du Mali, à publiquement réaffirmer son attachement à l’aide française, et à condamner les déclarations contre la présence française qui se font entendre dans le pays.

Ces déclarations qui ont récemment émané de personnalités membres du CNT avaient déjà poussé Paris à convoquer le sommet extraordinaire de Pau en 2020, afin de faire taire les critiques contre la force Barkhane. A cela s’ajoute l’important coût économique que représente un tel déploiement pour la France en pleine crise économique mondiale, ainsi que les pertes de soldats (51 depuis 2013) qui se sont accentuées ces derniers mois.


Lancée le 27 mars 2020, la force Takuba n’est pas à ce jour encore complètement opérationnelle, même si elle a déjà connu le déploiement d’un détachement franco-estonien en juillet 2020. Si la covid-19 a retardé le projet, l’année 2021 semble offrir de nouvelles perspectives plus positives. Reste à savoir si les pays européens vont respecter leurs engagements et accélérer la mise sur pied de cette nouvelle opération.

Notons néanmoins, qu’il faudra attendre le prochain sommet conjoint de la France et des pays du G5 Sahel en février à N’Djamena, la capitale du Tchad, pour avoir des décisions concrètes et définitives concernant l’opération Barkhane.

Emmanuel Macron a d’ores et déjà indiqué qu’il sera « présent à N’Djaména pour un nouveau sommet et des décisions structurantes, avec un cap inchangé, la stabilité et la victoire contre le terrorisme ».


(Agence Ecofin)


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