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Atelier AMPEF/OXFAM sur les droits des femmes : L’AMPEF pose le débat sur la problématique de l’évolution des droits des femmes en Mauritanie   
18/03/2020

Dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la femme, l’Association Mauritanienne pour la Promotion de l’Education de la Fille (AMPEF), en partenariat avec Oxfam Mauritanie, a organisé, le 12 mars 2020 à Nouakchott, un atelier sur l’évolution ...



... des droits de la femme dans le contexte mauritanien et le dialogue intergénérationnel. L’objectif est de susciter le débat sur la problématique du dialogue intergénérationnel pour assurer la relève. Plusieurs acteurs de la société civile mauritanienne notamment les femmes, ont pris part à cet atelier d’échange.

D’emblée Mme Salimata Sy présidente de l’AMPEF, a indiqué dans son discours que la présence des experts qui ont exposé le débat et l’éminente assistance composée d’élites femmes, «aideront à mener un débat intéressant sur  l’évolution des droits des femmes dans le contexte mauritanien » et qu’elle reste persuadée que «des pistes de solutions se dégageront pour nos préoccupations».
En outre, la présidente de l’AMPEF a soutenu que cet atelier d’échange et de dialogue intergénérationnel «va contribuer à écrire une nouvelle page de l’histoire de la femme dans sa quête de plus de droits, de justice et trouver des chemins idoines pour une relève assurée ».
Pour sa part, le directeur pays d’Oxfam Mauritanie, Mr Yahya Deddou a souligné que l’objectif global de cette journée d’échange est « d’inviter à une réflexion sur l’état d’avancement  des droits des femmes en Mauritanie » et ce, pour « contribuer à la promotion des droits politique, économique, social et culturel des femmes et des filles ». Mais également, « renforcer à la fois la dynamique féminine de lutte pour les droits des femmes et des filles mais aussi d’impulser une dynamique masculine plus sensible à la défense des droits des femmes et des filles».
D’ailleurs, les deux responsables de l’AMPEF et d’Oxfam ont indiqué que cet atelier rentre dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la femme dont le thème est : « Je suis de la Génération Egalité : Levez-vous pour les droits des femmes ». Enfin, le directeur pays d’Oxfam a invité tous les acteurs de la société civile mauritanienne « à contribuer à la défense et à la promotion des droits des femmes et des filles pour qu’ensemble nous bâtissons un monde plus juste dans lequel les hommes, les femmes, les filles, les jeunes jouissent et exercent leurs droits».


Des conférenciers avertis, un débat passionnant …
Les experts qui ont animé la journée ont été à la hauteur des attentes de l’assistance qui a, à son tour, contribué avec passion à l’enrichissement du débat. C’est ainsi qu’au cours de la conférence-débat, l’imam Abdallahi Sarr, philosophe et théologien, a souligné dans son intervention que l’islam confère les mêmes droits à la femme qu’à l’homme. Mais le problème c’est comment faire en sorte que les femmes jouissent pleinement de ces droits eu égard aux réalités socio-culturelles du pays. Il a développé la position de l’islam avec force et arguments pour démontrer l’existence de ces droits de la femme dans le contexte musulman.
Dans son intervention, le sociologue et professeur d’université Mr Sow Abdoulaye Samba a établi les faits de nature à faire comprendre les phénomènes qu’on découvre dans les organisations de la société civile, analysant au passage avec arguments à l’appui, les défis et lancer les perspectives d’un dialogue entre activistes sur les droits des femmes en Mauritanie. Ce qui a permis à l’assistance de mieux comprendre les comportements  des femmes dans les organisations civiles et baliser à cet effet le chemin d’une relève imminente.
Pour lui, il faut  une rupture courageuse avec la transmission des stéréotypes qui veulent que la femme soit toujours inférieure à l’homme. Mais surtout il faut l’émergence d’un leadership féminin à mesure d’interpeller les pouvoirs publics sur le respect  des droits de la femme et son autonomie économique. La société  mauritanienne  étant capitaliste, une dépendance vis-à-vis des hommes n’est pas favorable  au respect des droits de la femme, a-t-il soutenu.
Mieux, selon Mr Sow, les femmes sont responsables dans la transmission des stéréotypes dévalorisant l’image et le comportement de la femme à travers l’éducation qu’elles inculquent à leurs filles. Donc pour lui, l’émergence d’un leadership féminin doit passer nécessairement par le renforcement des capacités des ONG nationales qui s’activent pour la promotion des droits de la femme mauritanienne.
Quant à l’avocat et parlementaire Me El Id M’Bareck il a fait l’état des lieux de l’évolution des droits humains et spécifiquement ceux de la femme avant de poser le problème de la non application des lois alors que la Mauritanie avait ratifié toutes les conventions internationales et adopté des textes qui garantissent les droits des femmes. La faute incombe, selon lui et en partie à la dualité droit positif/ charia. Car, nombre de magistrats formés en charia refusent de tenir compte du droit positif. Il a ainsi soutenu qu’il faut mettre en place une stratégie afin d’inciter les tribunaux à tenir compte de la loi pénale de 1983, du code du statut personnel de 2001 et du code de l’enfance de 2015 pour garantir les droits de la femme.
De son côté, Mme Salimata Lam, enseignante spécialisée et formatrice en leadership féminin, a retracé l’histoire des organisations de la société civile en mettant l’accent sur l’évolution du militantisme féminin en Mauritanie. Toutefois, elle a posé la problématique du leadership notamment féminin dans les organisations. Donc le dialogue intergénérationnel selon elle, trouvera une solution lorsqu’il y aura changement de comportements et de visions dans les organisations mais aussi que la jeune génération ne s’impatiente pas à prendre la relève. Elle doit travailler et se donner à fonds à l’image de l’ancienne génération qui s’est sacrifiée dans tous les combats de la vie associative.
Pour sa part, Mademoiselle Aliya Abass, journaliste et activiste des droits humains, a également dans son exposé, posé les difficultés liées à l’évolution des droits à travers le manque ou le refus de transfert des compétences de l’ancienne génération vers la jeune génération qui a soif d’assurer la relève. En outre, elle a souligné que l’ancienne génération qui continue toujours d’occuper des places de choix dans les organisations pour capter des fonds, ne veut pas léguer à la jeune génération le combat. Toutefois, elle a proposé la mise en place d’une stratégie de dialogue qui puisse aboutir à lever les équivoques et créer les voies et moyens d’une relève bien avertie.
Beaucoup d’intervenants ont apporté leurs contributions aux débats mais ont également souhaité la poursuite du dialogue pour trouver des chemins idoines à la mise en place d’un processus adéquat pour assurer la relève.
I.Badiane 


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