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IVeme Forum Mondial de l’Eau (Mexico 2006) : Plus d’un milliard d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau   
03/04/2006


Quelques années après, les choses n’auront guère évolué notamment en matière d’accès à l’eau, car la communauté internationale ne se donne pas les moyens suffisants. Les évaluations estiment entre 9 et 30 milliards les besoins en nouveaux financements pour disponilbilser l’eau, à plus d’un milliard d’êtres humains.


Les dirigeants du monde réunis en septembre 2000 ont adopté sous l’égide des Nations Unies les "objectifs du millénaire" qui visent entre autres, la réduction de moitié de l’extrême pauvreté, l’éducation primaire pour tous, l’arrêt de la propagation du sida, qui devaient garantir l’avènement d’un monde meilleur à l’horizon 2015. Dans cet engagement planétaire, l’eau tenait une place centrale. Il s’agissait pour les dirigeants du monde de réduire de moitié, d’ici à 2015, la population mondiale n’ayant accès ni à l’eau ni à l’assainissement. Quelques années après, les choses n’auront guère évolué notamment en matière d’accès à l’eau, car la communauté internationale ne se donne pas les moyens suffisants. Les évaluations estiment entre 9 et 30 milliards les besoins en nouveaux financements pour disponilbilser l’eau, à plus d’un milliard d’êtres humains.

Après Marrakech, La Haye et Kyoto, c’ était au tour de Mexico, d’accueillir le IV ème Forum mondial de l’eau dont les travaux ont pris fin le 22 mars dernier.
Ouvert le 16 mars sous le thème central ‘‘Des actions locales pour un défi global’’, le Forum a reuní plus de 13000 participants, représentants les gouvernements, les agences des Nations Unies, les bailleurs de fonds, les agences inter-gouvernementales, les universités, les entreprises privées, les groupes communautaires, les jeunes et les média. La Mauritania y était representée par une delegation gouvernementale dirigée par le ministre de l’hydraulique et comportant cinq responsables d’organismes publics. Les Etats-Unis d’Amérique y ont envoyé la délégation la plus importante (391 participants).
La délégation française, conduite par la ministre de l’environnement, Nelly Olin, comptait 309 personnes parmi lesquelles de nombreux élus. Viennent ensuite le Japon (252 participants), l’Inde (181), les Pays-Bas (175) et le Nigeria (151).
La cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions des Co-présidents du Forum Cristobal Jaime Jaquez et Loïc Fauchon, respectivement directeur général de la commission national de l’eau du Mexique et président du Conseil Mondial de l’ eau qui ont souligné l’ importance stratégique d’une vision à long terme de la gestion de l’eau et que le droit à l’eau est indispensable a la dignité humaine.
Après sept jours de travaux, les 13 000 participants au IVe Forum de l’eau se sont séparés sur un constat amer : l’objectif des Nations Unies de diviser par deux d’ici 2015 le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable dans le monde (1,3 milliard d’individus) ne sera pas atteint si tous les acteurs ne se retroussent pas les manches en responsabilisant plus sur les collectivités locales, et en trouvant les financements adéquats.
En effet dans les pays en voie développement, plus de 1 milliard de personnes (près de une personne sur cinq) n’ont toujours pas accès à une eau potable. L’eau est de plus en plus évoquée comme un problème, voire le problème du XXIe siècle.
Pour relever le défi de la fourniture de l’eau à tous, la décentralisation visant à donner aux collectivités locales une plus grande maîtrise de la gestion de leur eau a été proposée. Une autre proposition émanant de la Banque Mondiale souligne l’importance du partenariat public privé (PPP). Selon la Banque Mondiale le PPP permet de compenser les restrictions budgétaires des Etats et met à la disposition des gouvernements et des collectivités locales l’expertise des entreprises spécialisées. Néanmoins les organisations non gouvernementales qui militent pour l’inscription du droit à l’eau dans les constitutions des pays y voient une privatisation partielle des ressources en eau, et ont défendu l’idée, que l’eau ne doit pas être perçue comme une marchandise mais un bien public.
Le Forum de Mexico s’est terminé par deux déclarations l’une émanant des gouvernements et la seconde des élus. Nous les reproduisons ici.

La Mauritanie au IVème Forum Mondial de l’eau
Dans le cadre des travaux du IV forum mondial de l’eau, notre ministre de l’hydraulique a présidé le 21 mars à Mexico city les travaux d’une session relative à "la réduction de la vulnérabilité de l’Afrique de l’Ouest aux impacts climatiques sur les ressources en eau" .
La session tenue à la Casa Montejedo 4 du complexe Banamex Center a été marquée par plusieurs présentations relatives à des actions locales dans le domaine de l’accès à l’eau potable et une meilleure préservation de la ressource eau.
Un exposé de M Oluminde Akinsola de l’UICN a retenu l’attention par la démonstration faite de la raréfaction de la ressource eau au niveau de l’Afrique de l’Ouest avec l’exemple du rétrécissement continu du lit du Lac Tchad, ainsi qu’avec des recommandations formulées dans le cadre d’un dialogue régional sur l’eau et le climat en Afrique de l’Ouest. D’autres intervenants ont abordé les questions des aménagements hydrauliques et de la préservation de l’environnement ainsi que les questions de la variabilité et de changement climatiques. Les intervenants s’accorderont a reconnaître que si la variabilité du climat constitue une notion naturelle, le changement du climat résulte lui, de causes étrangères notamment à l’Afrique de l’Ouest où la production des gaz à effet de serre représente à peine les 0, 1% de l’émission mondiale.
Ainsi l’Afrique de l’Ouest se retrouve interpellée à s’adapter aux conséquences d’une situation dont elle n’est pas responsable plutôt qu’à faire baisser une émission de gaz à effet de serre insignifiante.
A souligner que la séance a été marquée par la présentation de la plate forme Eau du Sahel adoptée à Nouakchott le 1er mars 2006 par les pays membres du CILSS. C’est M SaadEbih Ould Mohamed El Hacen le directeur du centre national de la recherche en eau (CNRE) qui fera la présentation de cette plateforme dont les objectifs sont d’amelioer l’accès des populations à l’eau potable et à l’assainissement, l’amélioration durable de la sécurité alimentaire, la maîtrise des eaux souterraines et de surface, l’exhaure solaire , la petite irrigation et l’ensemencement des nuages (pluies artificielles) pour sécuriser la production agro-sylvo- pastorale. Il est à préciser que Nouakchott la capitale de la Mauritanie est approvisionnée en eau potable à partir de la nappe Idini située à 65 kms au Nord Est de cette grande mégalopole qui souffre de problèmes d’approvisionnement dans la mesure où l’eau ne coule pas dans tous les robinets et où les citernes et les charretiers constituent des sources d’approvisionnement .La capitale de la Mauritanie compte sur le projet Aftout Essahli qui va drainer et potabiliser l’eau du Fleuve Sénégal située à 200 kms au sud de Nouakchott à l’horizon 2009.



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