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Condamnation unanime du coup d’Etat du 6 août : Synthèse des réactions extérieures   
07/08/2008

Le chef de l’Etat mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdellahi, premier président démocratiquement élu du pays, a été arrêté le 6 août  à Nouakchott au cours d’un coup d’Etat sans effusion de sang, mené par son  chef d’état Major particulier,  qu’il venait de limoger. Ce  coup d’Etat a entraîné un grand  tollé de part le monde.



Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a dit regretter "profondément" le coup d’Etat militaire, fermement condamné par l’Union Africaine (UA), la Commission Européenne et la Présidence (Française) du conseil de l’Union Européenne. Les Etats-Unis ont également condamné ce coup de force. La Secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a appelé les putchistes à libérer le président et le premier ministre et à restaurer "immédiatement" le gouvernement légitime.
L’UA a exigé  la libération du président et des autres personnalités arrêtées, ainsi que le rétablissement sans délai des institutions que le peuple mauritanien s’est démocratiquement choisi.
Le chef de l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade a "conseillé" mercredi 6 août à la junte de "veiller" à la sécurité du président renversé, Sidi Ould Cheikh Abdellahi et de ses proches.
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali ont dépêché à Nouakchott le secrétaire général de la présidence tournante de l’Union du Maghreb Arabe pour "suivre l’évolution de la situation".
"Les Etats-Unis condamnent le renversement par les militaires mauritaniens du gouvernement de Mauritanie démocratiquement élu et saluent les déclarations de l’Union Africaine et de l’Union Européenne qui condamnent le coup", a déclaré Mme Rice, citée dans un communiqué.
"Nous appelons les militaires à libérer le président Sidi Ould Cheikh Abdellahi et le premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf et à restaurer immédiatement le gouvernement légitime, constitutionnel et démocratiquement élu", a-t-elle ajouté.
La mission permanente d’observation de l’organisation de la conférence islamique (OCI) auprès de l’ONU a également réagi dans un communiqué. Son secrétaire général, Ekmeleddin Ihsanoglu y exprime son inquiétude après le coup d’Etat militaire.
Il dit être "particulièrement choqué par ces développements alors que la Mauritanie avait fait montre d’une évolution exemplaire dans le sens de l’implantation de la démocratie et de l’Etat de droit dans le pays".
Le secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie Abdou Diouf condamne le coup d’Etat en Mauritanie et entend convoquer les instances de l’OIF à ce sujet, selon un communiqué publié jeudi.
"La rupture brutale de l’ordre légal et l’éviction par la force des autorités mauritaniennes issues d’élections libres et fiables, après une transition pacifique et exemplaire, sont totalement inacceptables", a déclaré M. Diouf.
Le secrétaire général "regrette que les nombreux mécanismes prévus pour réguler la vie politique dans ce pays n’aient pas été dûment activés".
L’OIF rappelle, dans ce communiqué, qu’après le coup d’Etat d’août 2005, le conseil permanent de la francophonie "avait instauré des mesures de sanction contre la Mauritanie".
"Dans l’attente des décisions pertinentes que prendront les instances compétentes de la francophonie qu’il entend convoquer", M. Diouf "en appelle au plein respect de toutes les libertés fondamentales, à un retour à l’ordre constitutionnel", poursuit le texte.

L’Egypte s’est dite "consternée" par le coup d’Etat en Mauritanie, tandis que la Ligue arabe, dont le siège est au Caire, a fait part de son "extrême" inquiétude.
"L’Egypte ressent une profonde consternation au vu de la situation dans ce pays frère", a affirmé le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Hossam Zaki, dans un communiqué.
Elle appelle toutes les parties mauritaniennes à "privilégier le dialogue" et à "respecter les règles de la démocratie", a-t-il ajouté.
Le secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, s’est pour sa part dit "extrêmement inquiet", selon un communiqué de l’organisme panarabe.
M. Moussa "espère que (le coup d’Etat) ne constituera pas de pas en arrière pour le processus démocratique" en Mauritanie. Il demande que "les problèmes politiques soient résolus dans le cadre d’un dialogue démocratique et du respect des institutions démocratiques".
La France a menacé le 7 août  la junte au pouvoir en Mauritanie, au lendemain d’un coup d’Etat, de "conséquences sur les relations" de ce pays avec l’Union Européenne s’il n’y a pas de "retour à la légalité constitutionnelle".
"L’absence de retour à la légalité constitutionnelle aura nécessairement des conséquences sur les relations de la Mauritanie avec ses principaux partenaires, y compris l’Union Européenne", a déclaré un porte-parole du ministère des affaires étrangères, Romain Nadal, lors d’un point de presse.
Paris, qui assure la présidence tournante de l’UE, a également appelé à la "remise en liberté immédiate du président de la république, du premier ministre, et des ministres retenus".
"Nous rappelons que le président Abdellahi a été élu en mars 2007 à la suite d’élections libres et transparentes. Il est donc le président légitime de la Mauritanie", a ajouté M. Nadal.
La France a également conseillé à ses ressortissants de différer leurs déplacements vers la Mauritanie "jusqu’au rétablissement d’une situation normale" après le coup d’Etat mené dans ce pays.
"En raison du coup de force mené par des responsables militaires le 6 août 2008, il est conseillé de différer tout déplacement vers la Mauritanie dans les prochains jours et ce, jusqu’au rétablissement d’une situation normale", indique un avis aux voyageurs diffusé sur le site internet du ministère des Affaires Etrangères.
"Pour les français présents en Mauritanie, il est recommandé de se tenir régulièrement informé de l’évolution de la situation et de limiter les déplacements au strict nécessaire", ajoute le site.
Le Canada a condamné le coup d’ Etat survenu en Mauritanie et réclamé le retour à un gouvernement civil dans ce pays.
"Le Canada demande le retour de l’ordre constitutionnel que personnifie le président élu, M. Sidi Ould Cheikh Abdellahi, et appelle à la remise en liberté immédiate de toutes les personnes détenues par les militaires, dont le président et le Premier ministre", a déclaré le chef de la diplomatie canadienne David Emerson dans un communiqué.
Le président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi a été renversé mercredi par les militaires et est détenu dans les quartiers généraux de la Garde présidentielle.
"La Mauritanie a franchi un pas important dans son cheminement démocratique en organisant en 2007 des élections transparentes et crédibles qu’a saluées la communauté internationale. Dans le meilleur intérêt du peuple mauritanien, le Canada souhaite que ce processus se poursuive", a ajouté le ministre canadien.
A Bruxelles, la Commission européenne a demandé la libération du président et du Premier ministre, comme préalable à l’organisation de nouvelles élections.
"Nous ne disons pas que nous souhaitons de nouvelles élections, mais nous prenons note de l’annonce faite par les militaires", a précisé, embarrassé, le porte-parole John Clancy.
La France a  rejeté le principe de nouvelles élections présidentielles et souligne que le président Abdellahi, ""élu démocratiquement en mars 2007", est "le président légitime de la Mauritanie", selon un communiqué de la Présidence Française.
Les Etats-Unis ont annoncé avoir suspendu leur aide bilatérale non-humanitaire à la Mauritanie, au lendemain du coup d’Etat militaire qui a renversé le président Sidi Ould Cheikh Abdellahi.
"Actuellement, toute aide américaine non-humanitaire est suspendue et en cours d’examen", a déclaré à la presse un porte-parole du département d’Etat, Gonzalo Gallegos.
Les Etats-Unis ont accordé pour l’année fiscale 2008 une aide militaire de 15 millions de dollars à la Mauritanie, a indiqué M. Gallegos.
Ils ont également débloqué une aide au développement de 3 millions de dollars, auxquels s’ajoutent 4 millions de dollars destinés à la formation au maintien de la paix et 805.000 dollars à la non-prolifération, la lutte contre le terrorisme et au déminage, a-t-il précisé.
Une aide alimentaire de 4.9 millions de dollars sera cependant maintenue, a-t-il ajouté.
Washington a en outre suspendu un programme d’aide de plusieurs millions de dollars qu’il était prévu d’accorder prochainement à la Mauritanie dans le cadre de la Société du Défi Millénaire (MCC), lancée par l’administration Bush et liant l’aide au développement à la bonne gouvernance.
"L’aide qui aurait dû être accordée dans le cadre de ce programme, dont je n’ai pas le montant précis à ce stade, sera suspendue pour le moment", a indiqué M. Gallegos.
L’Union Africaine (UA) a "exigé" le 7 août  dans un communiqué la libération du président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdellahi et "des autres personnalités arrêtées", ainsi que le "rétablissement sans délai des institutions que le peuple mauritanien s’est démocratiquement choisi".
Ce communiqué a été publié à l’issue d’une réunion jeudi sur la situation en Mauritanie du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’UA à Addis Abeba, siège de l’organisation continentale.
L’UA "exige la libération du président de la république islamique de Mauritanie et des autres personnalités arrêtées, la préservation de leur intégrité physique, de leur sécurité et de leur dignité, ainsi que celles des membres de leurs familles", déclare ce communiqué.
Enfin, l’UA rappelle notamment les dispositions "de l’acte constitutif de l’UA, de la déclaration de Lomé de juillet 2000 (...) qui prévoient la suspension automatique de la participation du pays concerné aux activités de l’UA jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.
L’Union Interparlementaire Internationale (UPI), qui regroupe les parlements de 150 pays, a condamné le coup d’Etat en Mauritanie et demandé un retour immédiat à un gouvernement civil dans ce pays.
L’UPI déclaré :«A notre époque, l’usurpation du pouvoir par l’armée est totalement inacceptable». La France a mis "fermement en garde" le 7 août  les auteurs du coup d’Etat en Mauritanie, "qui pourraient faire l’objet de mesures à leur encontre" faute d’un retour rapide à "la légalité constitutionnelle", selon un communiqué de la Présidence française.
"La France, à titre national, réaffirme sa totale condamnation du coup d’Etat inacceptable" survenu mercredi en Mauritanie, indique la présidence, rappelant "les principes édictés par l’Union Africaine qui refusent de la manière la plus vigoureuse toute prise du pouvoir par la force".
Le gouvernement argentin a déploré jeudi le coup d’Etat militaire en Mauritanie et exigé la libération des responsables politiques renversés, dans un communiqué du ministère des Affaires Etrangères.
"Le gouvernement argentin déplore l’interruption de l’ordre constitutionnel et exige la libération rapide du président et du premier ministre" à la suite du coup d’Etat de mercredi dans la République Islamique de Mauritanie, selon le communiqué.
"L’Argentine forme des voeux pour la normalisation immédiate des institutions démocratiques et la stabilité politique de ce pays, conclut le communiqué.


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