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Lettre lobbying de la presse privée : Le Ministre de la Communication lève les équivoques   
26/04/2008

Les responsables de plus d’une vingtaine d’organes de la presse privée mauritanienne ont adressé le 22 avril, une lettre au Ministre de la Culture et de Communication pour lui signaler que quatre journaux «remplissant les conditions requises» pour bénéficier  de l’appui public à la Presse, n’ont pas été «sélectionnés».



L’appui en question, se résume à des réductions des frais d’impression.
Les  signataires (dont certains ont quand même été surpris  de voir figurer le nom de leur publication dans cette lettre) ont précisé dans leur lettre-lobbying  que les journaux non sélectionnés sont : «El Bedil Ethaleth», «Biladi», «Le Quotidien de Nouakchott» et «Chtary» . Ils accusent le ministère de la Communication d’avoir «exclu volontairement» ces journaux tout en ajoutant d’autres journaux pour des «raisons inexpliquées et inexplicables».
Cependant, et  pour des raisons inexpliquées et  inexplicables -il y a lieu de le dire- les noms des journaux «ajoutés» n’ont pas été fournis  dans  la lettre des Editeurs, que nous publions ci-dessous.
 Le Ministre de la Culture et de la Communication M Mohamed Vall Ould Cheikh a répondu aux éditeurs par la lettre (que nous publions également ci-dessous). Il a exprimé «son étonnement face à certaines affirmations gratuites voire des accusations contenues dans la lettre» et rappelé que  l’étude qui a permis la sélection des 35  journaux avait été confiée à la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA)  soulignant que c’est cette dernière, qui a fixé les critères parmi lesquels la régularité au titre de  l’année 2007. A noter que tout au long de cette année (et il fallait bien un minimum de temps pour évaluer la régularité des organes de presse)  certains des journaux cités comme étant exclus, n’existaient pas. Ces journaux  n’ont en effet, commencé à paraître qu’en 2008. Le Ministre a indiqué que  l’objectif visé par la «contre enquête» mentionnée dans la lettre des éditeurs, n’a jamais été de «remettre en cause les résultats» de l’étude menée par la HAPA, mais de mener une enquête complémentaire pour s’assurer que  les lacunes soulevées justement par la HAPA étaient comblées (cotisations auprès de la CNSS, comptabilité, etc.). «Le Ministère de la Culture et de la Communication n’a jamais exclu volontairement ou involontairement un journal quelconque ; les quelques journaux qui ont été rajoutés l’ont été sur la base des correspondances reçues de la HAPA et qui sont accessibles au niveau de notre Secrétariat» a précisé le Ministre de la Communication qui a  réitéré «l’engagement de son Département à œuvrer pour l’assainissement de la presse conformément à la politique du Gouvernement et  souhaité que la Presse apporte son  appui pour l’avènement d’une presse professionnelle, loin des surenchères, des propos malveillants et des procès d’intention».
 Il est à rappeler qu’en fonction de la nouvelle Loi sur la Presse, des critères ont été définis pour les entreprises de presse dont la constitution d’une société d’édition, l’existence d’un siège de rédaction, la régularité, la présence de journalistes confirmés dans les rédactions, les contrats de travail, l’immatriculation à la CNSS et la tenue d’une comptabilité.
Pour examiner la conformité des entreprises de presse avec la Loi, la HAPA avait mené une enquête qui a concerné l’année 2007 et  le début de l’année 2008.  Seuls ;35 journaux répondaient en partie aux critères fixés. Le ministère de la Communication avait alors adressé début 2008  une circulaire aux directeurs de publication des 35 journaux  leur enjoignant  de combler les lacunes soulevées par la HAPA.
Une mission du même  Ministère est venue vérifier le respect  des critères au niveau des entreprises de presse, lesquelles,  ont été conviées à une réunion pour discuter des résultats de l’enquête. Néanmoins, la transparence et la volonté  affichées par les Autorités ne semblent pas plaire à certains journaux qui ne respectent pas les critères fixés par la Loi, mais qui semblent avoir tout de même, de l’influence sur leurs confrères.

 

(La lettre des journaux)
                              A

Monsieur le ministre de la Culture et de la Communication

Monsieur,

Nous, éditeurs, directeurs de publication des journaux ci-dessous cités, saluons à sa juste mesure, l’aide à l’impression consentie par les pouvoirs publics au profit de la presse privée.
Dans le souci d’en faire profiter uniquement les journaux réguliers, le gouvernement avait demandé à la HAPA de diligenter une enquête pour établir une liste des publications pouvant prétendre à cette aide. Face à la controverse provoquée par cette annonce, le Ministère de la Culture et de la Communication avait ordonné une contre-enquête au terme de laquelle de nouveaux journaux ont été ajoutés à la liste. Malheureusement, nous avons constaté que des journaux qui remplissent les conditions requises (El Bedil Ethaleth, Biladi, Le Quotidien de Nouakchott, Chtary) n’ont pas été sélectionnés.
Pire, nous avons été amenés à constater que vos services ont procédé à l’élargissement de ladite liste en excluant volontairement les présents journaux et en y ajoutant d’autres pour des raisons inexpliquées et inexplicables. Au même moment, l’Imprimerie nationale a revu à la hausse le coût d’impression, de 25%, pour les journaux qui n’ont pas été cooptés par vos services.
A cet effet, nous vous demandons de revoir au plus tôt, pour le bien de la profession, la situation de ces journaux qui ne pourront plus faire face aux frais d’impression.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Ampliation :
-Premier Ministre
-Président de la HAPA

 

Les journaux :

-Le Calame

-NouakchottInfo
-AkhbarNouakchott 

-La Tribune
-El Emel El Jedid 

-El Ghalam
-El Bedil Elthalith  

-Siraj
-El Alem    

-El Vejr
-L’Eveil Hebdo 

-L’Authentique
-Essevir    

-Sahiva
-El Houriya   

-Le Rénovateur
-Tahalil Hebdo   

-Le Véridique
-Le Quotidien de Nouakchott  

-Biladi
-Maghreb Quotidien  

 -Chtary

 

      (La lettre du Ministre de la Culture et de la Communication)
 
           A

Messieurs les directeurs de publications

Messieurs,

 

J’ai l’honneur d’accuser réception de la lettre que vous m’avez adressée le 22 avril 2008 et par le biais de laquelle vous soulevez la situation de certains journaux.
Tout en me félicitant de l’appréciation positive que vous avez exprimée au sujet de l’aide à l’impression consentie par les pouvoirs publics au profit de la presse privée, je ne puis m’empêcher néanmoins d’exprimer mon étonnement face à certaines affirmations gratuites voire des accusations contenues dans votre lettre.
En effet, vous écrivez : « Face à la controverse provoquée par cette annonce, le Ministère de la Culture et de la Communication avait ordonné une contre-enquête au terme de laquelle de nouveaux journaux ont été ajoutés à la liste. (…) Pire, nous avons été amenés à constater que vos services ont procédé à l’élargissement de ladite liste en excluant volontairement les présents journaux et en y ajoutant d’autres pour des raisons inexpliquées et inexplicables ».  Ceci appelle de ma part les remarques suivantes :
Comme vous le rappelez vous-même dans votre lettre, l’étude qui a permis la sélection des trente-cinq journaux a été confiée à la HAPA et c’est cette dernière qui a fixé les critères parmi lesquels la régularité durant l’année 2007. Or, selon mes informations, certains des journaux que vous citez n’ont commencé à paraître qu’en 2008.
Pour ce qui est de la ’contre-enquête’ que vous mentionnez, l’objectif visé n’a jamais été de remettre en cause les résultats de l’étude menée par la HAPA, il s’agissait tout simplement de mener une enquête complémentaire pour s’assurer que toutes les lacunes étaient comblées (cotisations auprès de la CNSS, comptabilité, etc.). D’ailleurs, une circulaire a été adressée à tous les directeurs de publication (les 35 retenus initialement) expliquant la mission des enquêteurs, un mois avant le début de cette opération.
En tout état de cause, le Ministère de la Culture et de la Communication n’a jamais exclu volontairement ou involontairement un journal quelconque ; les quelques journaux qui ont été rajoutés l’ont été sur la base des correspondances reçues de la HAPA et qui sont accessibles au niveau de notre Secrétariat.
A chaque fois, le Ministère a tenu des réunions d’explication (j’en ai tenu deux avec des dizaines de journalistes dans notre salle de réunion et plusieurs autres rencontres avec les représentants des journaux soi-disant exclus) sans parler des rencontres avec mes collaborateurs notamment le Directeur de la presse écrite, pour clarifier la situation.
Cependant, malgré ces efforts, j’observe que malheureusement nous prêchons dans un désert et que la recherche de la vérité n’est point le but recherché par certains parmi vous ; qu’importe ! Cette attitude ne nous nous détournera pas des objectifs poursuivis.
Je saisis cette occasion pour vous informer que le projet de loi relatif à l’aide publique de la presse et qui a déjà fait l’objet de concertation sera présenté incessamment au Gouvernement et au Parlement. Une fois adopté, cette loi permettra à la HAPA de définir les mécanismes d’aide à la presse et les critères d’éligibilité des journaux.
En conclusion, je réitère l’engagement de mon Département à œuvrer pour l’assainissement de la presse dans notre pays, conformément à la politique du Gouvernement.
Je souhaite que vous, de votre côté, vous nous apportiez votre aide et appui pour l’avènement d’une presse professionnelle véritable, loin des surenchères, des propos malveillants et des procès d’intention.

Veuillez, agréer, Messieurs les Directeurs, l’expression de mon profond respect.

                                                                        Mohamed Vall Ould Cheikh

Ampliations :
-Premier Ministre
-Conseiller Principal/PR/M. Idoumou
-Président de la HAPA
-Conseillère PM/Mme Hindou


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