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Les ex-maîtres du désert en quête de reconnaissance   
01/04/2008

La résurgence de rébellions Touareg au Niger puis au Mali remet en lumière la quête de reconnaissance de ces nomades sahariens d’origine berbère, auparavant "maîtres du désert" et aujourd’hui paupérisés par des sécheresses successives et les politiques segregationnistes des nouveaux Etats-Nation. Estimés par les experts de un à un million et demi, les Touareg vivent sur un territoire de près de 2 millions de km2, réparti entre le Niger, le Mali, l’Algérie, la Libye et le Burkina Faso.



Les "Kel Tamacheq", ceux qui parlent la langue Touareg (Tamacheq) comme ils se désignent eux-mêmes - touareg étant un nom d’origine arabe - sont les plus nombreux au Niger (environ 700.000) et au Mali (près de 300.000). Seul peuple africain avec les Ethiopiens ayant sa propre écriture, les Touareg sont caractérisés par le port d’un voile teinté d’indigo qui déteint sur la peau, d’où leur surnom "d’hommes bleus". A la tête du commerce caravanier et d’immenses troupeaux dans la première partie du siècle, hostiles à la pénétration coloniale, ces maîtres du désert sont peu à peu devenus les plus déshérités de la région du Sahel et du Sahara.
Ils ont aussi refusé la scolarisation pendant la colonisation, ce qui a affaibli leur position au moment des indépendances.
Les famines de 1973-74 et de 1984-85 voient la disparition de leurs troupeaux et des milliers de jeunes Touareg ont alors migré vers les villes, l’Algérie ou la Libye.
Une décennie plus tard, face à la dégradation de l’économie libyenne et la chute des cours du pétrole, les jeunes exilés ont été contraints au retour parfois forcé dans leurs pays avant de grossir rapidement les rangs des mouvements réclamant autonomie et développement contre les pouvoirs centraux Malien et Nigérien.
Les Touareg, qui ont alors remplacé leurs sabres, poignards et vieux fusils par des Kalachnikov et leurs dromadaires par des 4x4, entrent en rébellion le 7 mai 1990 au Niger et un mois plus tard au Mali.
Cette "guérilla des sables" va durer au moins cinq ans dans les deux pays, faisant officiellement plusieurs centaines de victimes et des milliers de déplacés vers la Mauritanie, le Burkina Faso et l’Algérie.
Dans les deux cas, les accords de paix ont abouti à une décentralisation des régions Touareg assortie d’une large autonomie de gestion.
Ils ont également permis au Niger et au Mali le désarmement des combattants touareg et leur intégration au sein de l’armée, les corps para-militaires et la fonction publique.
Faute d’application de ces accords à la lettre, plusieurs ex-leaders de la rébellion Touareg ont mené ces dernières années des actions de désertion et des attaques armées.
Au Niger, naît officiellement en février 2007 le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), qui a revendiqué depuis de nombreuses attaques contre des cibles militaires.
Au Mali voisin, le 11 mai 2007 à Tinzaouatène, près des frontières algériennes et nigérienne, une attaque des rebelles touareg maliens contre un poste avancé de l’armée malienne fait 10 morts, et marque le début de nouvelles violences dans le nord du Mali.


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