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Interview de la première Dame Khattou mint El Boukhary : «Le champ national de l’engagement est ouvert»   
15/03/2008

Notre First Lady Madame Khattou Mint El Boukhary épouse du Président de la République a accordé récemment une interview  au quotidien arabophone  «Essevir». Il s’ agit de sa première interview accordée à un organe de la presse locale. Réalisée dans le contexte de la célébration de la fête internationale de la femme le 8 mars,  célébrée cette année,  avec éclats en Mauritanie,  la première Dame  a abordé diverses questions : sa vision pour la femme, son ambition pour elle et les activités de  sa Fondation qui  venait de procéder  à la distribution de prix pour honorer les femmes qui se sont distinguées dans différents domaines. Entretiens…




La Mauritanie  a célébré le 8 mars la fête internationale de la femme.

Qu’est ce que la femme mauritanienne a réalisé jusqu’ ici?

 

Mme Khatou Mint El Boukhary : Au nom d’ Allah Le Clément et le Miséricordieux et Paix et Salut sur le Prophète. Je vous remercie et à travers vous,  toute la Presse pour les efforts méritoires fournis. J’ apprécie beaucoup votre travail et je vous  souhaite tout le succès. Je profite pour rappeler à la presse, l’ importance de sa mission sacrée et  l’ énorme responsabilité qu’ elle porte. Cela demande aux journalistes de l’ honnêteté, de la neutralité et de l’ objectivité. Je crois à l’intelligence du Mauritanien et sa capacité à s’ adapter. Je suis convaincue -quels que soient les obstacles- que nous allons dépasser les difficultés complexes du contexte dans lequel nous vivons. Parce que nous restons tous, convaincus que nous sommes un peuple qui mérite une vie digne et que nous sommes prêts à consentir les sacrifices nécessaires pour notre existence. Pour répondre à votre question, il convient de revenir en arrière pour revisiter notre histoire et comprendre que les pas franchis par la femme ne viennent pas du vide ou d’ un hasard. La femme mauritanienne était présente tout au long de notre parcours historique. Elle a lutté  aux cotés de l’ homme, elle a protégé ses enfants,  elle était à coté de l’ homme lors de la résistance à la colonisation, elle a été enseignante, infirmière, poète, écrivain et jurisconsulte. La femme mauritanienne a toujours été  centre de notre vie quotidienne, en préservant ses spécificités  culturelles et religieuses. Si la société mauritanienne arrive à conserver ses valeurs, c’ est en grande  partie grâce au rôle de la femme dans l’ éducation des enfants et la transmission des valeurs nobles inspirées des enseignements islamiques.
Avec  l’ Etat  moderne la femme mauritanienne était au même degré de préparation que l’ homme.  Elle s’ est formée  et elle a occupé  les plus hauts postes tout en restant attachée aux valeurs et constantes.
Ceux qui analysent le parcours de la femme peuvent s’ apercevoir  qu’ elle s’ est toujours distinguée par des qualités spécifiques : le sens de la responsabilité, le respect du citoyen etc. Parler de  la marche de la femme demande beaucoup plus de temps. Je dirais  que la femme a réalisé  beaucoup plus que  ce qu’ on voit. Elle  a consenti d’ énormes sacrifices. Je suis très fière de la femme mauritanienne et j’ ai confiance en sa capacité illimitée à consentir davantage des sacrifices. J’ invite celui qui doute des capacités de la femme à regarder autour de lui et à se demander qui est le maître d’ œuvre de toute cette organisation autour de lui ? Il comprendra -j’ en suis sure- qu’ il doit être le dernier, à avoir une position négative vis-à-vis de la femme.

 

Vous avez rencontré plusieurs  premières Dames dans le monde. Cela vous a permis de prendre connaissance de leurs expériences. Parmi ces expériences,  quelles sont celles qui ont le plus retenues votre attention ?

 

Madame Khattou Mint El Bouakhary : C’ est sans doute  l’ expérience de Son Altesse  Cheikha Moza Bent Nacer El Mesnid, épouse de l’ Emir du Qatar, qui m’ a le plus marqué. Elle entreprend un travail gigantesque et de la plus haute importance. Et je ne vous cache pas que je suis très séduite et impressionnée par ce travail. Je m’ inspirerai d’ elle et je mettrai tout en œuvre pour bénéficier  de son expérience. C’ est un travail bien planifié qui a eu les conditions du succès. L’ expérience de Son Altesse Cheikha Moza part d’ une  bonne  vision du développement non seulement dans son pays mais dans les autres pays arabes et islamiques. Je profite de cette occasion pour  la féliciter et la  remercier du fond du cœur pour toute l’ importance qu’ elle accorde à la Mauritanie où  elle a fait plusieurs réalisations dont des centres pour la lutte contre l’ analphabétisme, de formation professionnelle, des financements, d’  activités génératrices de revenus , la construction et le financement de l’ hôpital Cheikh Zayed  à Boutilmitt, le projet de  reconstruction de   Boutilimitt,  le tout,  en plus de plusieurs projets économiques et sociaux encore à l’ étude .

 

Certains pensent que les femmes n’ ont pas besoin de soutien dans notre société. Car elles  détiennent le dernier mot dans la décision et non les hommes. Partagez-vous cette opinion?

 

Madame Khattou Mint El Boukhary : Naturellement je ne suis pas d’ accord avec cette opinion -si elle l’ est- et ce,  pour plusieurs raisons. La première est que l’ homme et la femme sont complémentaires. Qu’ il s’ agisse de femmes ou d’ hommes, chacun, a besoin de soutien. C’est valable, non pas en Mauritanie, mais partout ailleurs. Et si l’ on  suppose que c’ est la femme  qui décide. Où est-il le mal en  cela ? Il s’ agit d’ une vieille polémique qui a été dépassée. Je ne vois pas pourquoi on  revient aujourd’ hui là-dessus. Le champ national de l’ engagement est ouvert. Le sexe de celui qui y travaille ne nous intéresse guère, mais plutôt la nature de cet engagement. Avez-vous un autre critère ?

 

Vous êtes la seule première dame mauritanienne qui a pris l’ initiative de créer une  fondation de bienfaisance. Quelles sont vos motivations et qu’ est ce que  vous avez réalisé jusqu’ ici?

 

Madame Khattou Mint El Boukhary: Concernant mes motivations, elles sont d’ ordre humanitaire. Je ne pense pas, que cela demande, plus d’ explications. Il s’ agit assurément de  ce que peut  entreprendre une première dame, un pays pauvre comme le notre. C’ est ma conviction. Certains peuvent estimer qu’ il s’ agit d’ une initiative simple du moment que c’ est la première dame qui la supervise. C’ est une bataille  très difficile et pénible  qui exige du sacrifice et qui requiert un sens élevé de l’ action envisagée. Il est vrai que mon statut de première dame peut m’ être d’ un grand secours sur beaucoup de plans. Mais c’ est inexact de penser que cette vision explique tout. Il ne faut pas s’ imaginer que tout est aussi simple. Il s’ agit d’ un travail très difficile qui ne peut être choisi par celui qui cherche le repos et l’ opulence.  J’ ai préféré la fatigue, au repos. C’ est ici que tombent les autres calculs. S’ agissant de la Fondation,  elle a réalisé à la fois beaucoup et très peu. Beaucoup, parce que j’ ai veillé des nuits, j’ ai voyagé, je me suis fatiguée, j’ ai fait ce que je peux pour atténuer la souffrance des gens  et tout ce que j’ ai obtenu, je l’ ai partagé en toute équité. Très peu, aussi,  par que,  ce j’ ai réalisé, est en effet très peu,  par rapport à mes objectifs.

 

On assiste ces derniers temps à la prolifération des réseaux de femmes avec le dernier-né en date : le réseau des femmes ministres et parlementaires,  qui ont été récemment reçues par le président de la République. Est-ce que les femmes ont encore besoin de ce genre d’ initiatives?

 

Madame Khattou Mint El Boukhary : Tant que vous continuez à les décrire ainsi et avec d’ autres insinuations, parfois non innocentes, en accordant beaucoup d’ importance à cela ! Elles ont besoin,  de plus que cela.

 

Quel message voulez-vous adressez aux mauritaniens femmes et hommes à l’ occasion de la fête du 8 mars ?

 

Madame Khattou Mint El Boukhary: Mon message à cette occasion et dans d’ autres,  c’ est que nous de disposons  de tout ce dont nous avons besoin,  pour obtenir ce que nous voulons, et ce, malgré les embûches que je ne minimise pas. Mais je suis convaincue qu’ on  peut  parvenir  à surmonter tous les obstacles, si nous nous engageons malgré toutes les rancoeurs du passé dans la bataille de la construction nationale,  en surmontant  également, cette crise de confiance ainsi que les échanges d’ invectives et la culpabilisation réciproque. Nous gagnerons si nous resserrons les rangs devant les défis, au lieu de nous diviser. C’est cela mon message, le reste,  relève des détails.

 

Propos recueillis par Mohamed Abderrahmane Ould Zoueine

 


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