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Opinion: Quand l’opposition fait ses petits dans la plume d’un ancien Colonel   
07/04/2015

L’ancien militaire, Colonel Cheikh Sid’Ahmed Ould Babamine, vient de publier sur le site Biladi un article rêveur, où déborde un regret flagrant de tous les échecs essuyés par l’opposition Mauritanienne. Il commence par une apologie très plaisante du printemps arabe, mettant l’accent sur la libération des peuples révoltés...



..éludant de bonne foi, et à bon escient, les fatals dommages collatéraux.
Je ne voudrais pas verser dans une polémique générale et vous imposer, inutilement, mon point de vue sur le printemps arabe.
Une telle digression ne serait pas nécessaire, l’article n’étant pas, pour la circonstance, une conférence sur le sujet. Surtout que l’ex colonel, lui aussi, ne s’intéresse pas, ou ne semble point s’intéresser plus que ça, auxdites révolutions, qu’il évoque juste comme prélude à un autre discours sur la Mauritanie et sur le Président Mauritanien. 
En fait, la plume douce, et plus ou moins polie, de l’ancien militaire se sert de l’idée des printemps sanglants du monde arabe et en arrive à conclure que la Mauritanie, prise dans le même tourbillon, avait déclenché, elle aussi, une secousse toutefois plus raisonnable.
L’opposition politique nationale, selon Ould Babamine, s’est mobilisée dans un élan  pacifique,  brandissant des devises nouvelles, réclamant l’abdication du Président Aziz et proposant un dialogue inclusif avec le pouvoir et les forces politiques de tous bords.

Seulement, Ould Babamine s’est vite départi de cette logique d’analyse et, au lieu de se prononcer utilement sur le dialogue attendu et son opportunité, il se contente de faire du reste de son article, un long réquisitoire, fastidieux et tautologique, un procès contre la personne du Président de la République et de son entourage.
D’ailleurs, ce type d’accusations, toujours formulées au conditionnel, avec des locutions et phrases allusives, reproduit les propos classiques de l’opposition depuis toujours. 
Il y déballe de façon démagogique, des dénonciations enflammées contre les malversations, sans disposer de chiffres, sans avancer de nom, sans posséder de dates, sans citer un lieu, sans donner la moindre explication qui vaille. Une façon d’exciter l’esprit du lecteur ordinaire et de semer, pour le besoin de sa petite cause, un doute romanesque qui ne donne jamais de résultat et qui n’améliore pas, auprès des populations, le score affectif des opposants eternels.
L’article, dans son ensemble, est un récapitulatif amplifié de tous les maux ordinaires, et bien connus, de la Mauritanie contemporaine. L’ancien colonel parle de manque de voierie, de cherté de la vie, de grève à la SNIM, de quartiers périphériques. Bref, il ne cite rien de nouveau et veut, comble du paradoxe, se convaincre que tout cela est imputable au régime actuel.
Le réseau routier de Mauritanie n’a jamais été aussi entretenu avant ces dernières années, sous le patronage et l’attention du Président Mohamed Ould Abd ALAZIZ.
Les kebbas sont la malédiction la plus ancienne de l’urbanisme de Nouakchott.  Aucun autre Président ne s’y était intéressé, n’en déplaise à Babamine, avant le Président actuel. Sidi Ould Cheikh ABDALLAHI, ex-chef d’état, regretté par l’auteur de l’article, n’avait pas eu le courage d’y apporter une solution. La lutte contre la gabegie, avant Mohamed Ould Abd ALAZIZ, n’a été la devise de personne. Et pour la bonne bouche, je glisse à mon cher ancien colonel que la grève de la SNIM est réglée, que les bras ont repris leur labeur et que la pagaille, finalement, n’a pas eu lieu.
J’ai souvent envie de sourire en voyant les leaders de l’opposition, vaincus dans leur posture, livrés au désarroi d’un divorce électoral, se précipiter sur tout événement anodin, espérant y trouver, mine de rien, un tremplin secret à une lumière quelconque. 
Les évènements de la cité minière n’on pas été, dois-je le regretter ?, la mine aux surprises, tant espérées par une opposition, qui enfourche les faits divers, à la recherche d’une vague folle, pouvant les emmener, n’importe comment, loin de l’oubli et de l’enlisement.
Le dialogue politique, cause ultime de tout le charabia du colonel,  reste une option chère du régime en place et il convient juste, pour le voir se réaliser, de se montrer démocrate, de répudier la méthode des petites satires-ballon d’essai et de se mettre en tête que le peuple Mauritanien n’est pas dupe.
Pour en finir, je vais m’adresser à M. Babamine et me permettre de lui répondre en lieu et place de notre Président, le sien aussi, s’il insiste à garder la nationalité mauritanienne : Notre président, M. Babamine, ne doit pas réfléchir à ce qui est arrivé à Kaddaffi, à Ben Ali ou à Housni Moubarak. Il ne doit pas le faire car il n’est pas de leur mauvaise trempe. Il ne le fera pas parce qu’il a été élu, démocratiquement, par le peuple de Mauritanie. Il n’a aucune raison de le faire car ses mains sont immaculées et ses prisons toutes vides.
Il ne le fait pas car il exécute, pour le compte de ses concitoyens, un mandat présidentiel, émaillé de succès et auréolé de réalisations. Il ne le fera jamais car son ambition, pour le moment, reste  la pleine satisfaction du pauvre mauritanien lambda et non, comme vous ne cessez d’y croire, le service irraisonné d’une opposition qui ne croit en rien. Surtout pas en elle-même.

OoooOooo

MOHAMED MAHMOUD OULD BAH 


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