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Détention des salafistes : Des avocats indexent les USA   
23/02/2006

Depuis avril 2005 les salafistes mauritaniens sont en détention malgré le souffle de magnanimité qui a balayé le pays à l’issue du coup d’état du 3 août.. Une décision de mise en liberté provisoire les concernant n’a pas été suivie d’effet.



 On estime dans certains milieux que l’internationalisation de leur dossier y est pour quelque chose. Et les avocats le disent ouvertement. "C’est sous la pression des Etats-Unis d’Amérique que la Mauritanie maintient en détention des islamistes sans les juger" a déclaré Me Ichiddou le 20 février à l’agence de presse Reuters. De son coté Me Fatimata Mbaye présidente de l’AMDH qui demande plutôt leur jugement que leur libération a estimé que "les Etats unis ne peuvent pas faire la loi en Mauritanie".
Le sentiment des avocats sur la responsabilité des USA dans le maintien en détention des salafistes n’est évidemment pas partagé par les autorités. Dans une déclaration à la même agence de presse le Colonel Mohamed Ould Abdel Aziz membre du CMJD a nié l’existence de pression américaine sur le gouvernement mauritanien déclarant toutefois, qu’ "il
peut y avoir dans de tels cas, un échange entre Etats, mais il n’y a aucune pression". En réalité malgré le 3 août le même regard continue à être porté sur les salafistes mauritaniens.
Les autorités mauritaniennes estiment que les 21 salafistes peuvent être repartis en deux groupes.
Le premier groupe fondé en 2000 serait le noyau du groupe mauritanien pour la prêche et le combat (GMPC) et le second essentiellement composé de jeunes, est accusé d’avoir suivi une formation militaire dans les camps du GSPC algérien et d’avoir eu son baptême de feu début 2003 au sein de l’organisation terroriste qui a revendiqué l’attaque de Lemgheiti en juin 2005 en représailles à leur interpellation.

Plus qu’une pression des Etats Unis ou d’une puissance régionale c’est vraisemblablement la revendication par le GSPC de l’attaque de Lemgheiti au nom de la solidarité avec ce qu’il a appelé les frères mauritaniens qui constitue un problème.
A moins que comme l’avait imaginé à l’époque des enquêteurs mauritaniens au verbe facile et à l’imagination trop fertile, l’attaque de Lemgheiti n’ait été l’œuvre d’une tierce partie oeuvrant a service du régime de l’avant 3 août. Une thèse dont la légèreté n’a d’égal que l’acharnement des auteurs de la pseudo- enquête à enfoncer un régime auquel ils s’opposaient farouchement. Et puis après le 3 août les langues se sont déliées et nul n’est venu remettre en cause la responsabilité du GSPC. En plus il faut tenter de comprendre l’attitude attentiste du courant le plus représentatif de la mouvance islamiste. Les réformistes centristes, vitrine réelle d’un l’islamisme mauritanien ouvert, ne font pratiquement rien pour la libération des salafistes. Il est vrai que rien ne lient les deux courants islamistes. Les réformistes veulent d’une république islamique instaurée avec les urnes, les salafistes ne veulent pas entendre parler d’urnes, de vote et même de démocratie.
Depuis la libération en septembre 2005 de leurs dirigeants les réformistes et la classe politique à quelques exceptions prés ont très peu exprimé leur solidarité avec les salafistes. En dehors de quelques déclarations et d’une présence timide à quelques sit-in organisés par le collectif des familles avant que les nouvelles autorités ne leur interdisent l’attroupement devant la prison civile de Nouakchott on a pas assisté à la levée de boucliers qu’occasionne généralement l’interpellation des figures islamistes et à laquelle se prête à cœur joie les organes de communication de la mouvance islamiste. Si l’opinion nationale avait pris à la légère les accusations formulées contre le Cheikh Dedow et ses amis libérés en septembre 2005 et s’était même fortement mobilisée pour leur libération tel ne semble guère être le cas pour les salafistes de plus en plus oubliés dans leurs cellules.
Pourtant la création d’une organisation de recrutement des jihadistes pour en découdre avec les américains en Irak (un pays musulman illégalement occupé) et le séjour dans les camps du GSPC des accusations fondés sur des aveux extorqués sous la torture ne suffisent pas pour maintenir en prison des mauritaniens pour une si longue période. Faut-il rappeler que sur le territoire de la République Islamique de Mauritanie ces deux groupes n’ont commis aucun crime à l’exception du rapt d’un véhicule.

IOM


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