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Visites du président du CMJD dans les wilayas de la vallée : Le Boss frappe les esprits   
16/05/2006
Le boss du CMJD vient de terminer un périple de 3 jours qui l’aura mené respectivement dans les wilayas du Guidimakha, du Gorgol et du Brakna. Un succès populaire couronne cette visite entamée le 12 mai et dont l’un des objectifs affichés étaient d’effectuer un plaidoyer pour un vote massif de la Constitution revue et corrigée. Une occasion trop belle pour également couper l’herbe sous les pieds des fossoyeurs de la République et de l’unité nationale.


Vendredi 12 mai, la Capitale régionale du Guidimakha est parée de ses beaux atours. Ici depuis plus d’une semaine, les populations, les élus locaux et les responsables administratifs vivent au rythme des préparatifs de la visite du Président du CMJD et de sa délégation.
Dans les localités alentours, la nouvelle circule comme une traînée de poudre. A la vue de mon badge de journaliste accrédité pour l’évènement, une dame d’un âge avancé, croyant à faire à un membre de l’organisation de l’accueil m’interpelle pour se rassurer sur la venue du Boss. Confortée par ma réponse à l’affirmative, elle sourit en ajoutant «Hah eski Wakhyertt». Comme cette femme, Aichetou est aussi ressortissante de Sélibaby. Etudiante en sociologie à Nouakchott, elle me confie s’être déplacée pour uniquement «voir le Président et écouter son discours en direct» dans son terroir.
Par leurs paroles, leurs confidences, leurs gestes, les gens du Guidimakha manifestaient ce 12 mai beaucoup d’enthousiasme et fondaient des espoirs immenses sur la transition et sur l’homme qui l’incarne.
Aux environs de 10 h du matin, sous un soleil méchant, un soupçon de vent poussiéreux dans l’atmosphère… à quelques encablures de l’aéroport, la guerre des banderoles faisait rage. Le combat pour la récupération de la visite à des fins d’opportunités politiques, n’a en apparence échappé à personne, même pas aux naïfs éternels. Au moment de l’apparition du Président saluant la liesse populaire par un bras levé en signe de compliment, dans la cohue se détache un «vieux loup politicard» pour attirer l’attention sur sa présence et celle de son parti en écriant haut et fort le nom de son leader politique. Ce geste fut suivi de sarcasmes de la part de certains badauds médusés par ce coup, qu’ils qualifieront «d’agissements rétrogrades» de la part de personnages s’arc-boutant aux reliques d’un régime moribond. En vérité, les habitants de Sélibaby étaient mobilisés pour voir, entendre et écouter une seule personne : Ely, comme ils l’appellent. Aussi, la bataille politicienne annoncée n’a-t-elle pas eu lieu. Il est presque 16h. Finis les cérémonies d’inauguration, les multiples conciliabules, les audiences…Les éléments de la nature se sont apaisés. Tout semble participer à cet apaisement surtout politique que «chaque mauritanien appelle de tous ses vœux». D’ailleurs, voici venue «l’heure du parler vrai», la réunion des cadres et élus locaux avec quelques membres du gouvernement sous la houlette du «Boss». Le temps d’évoquer les problèmes d’enclavement de la région, du manque d’infrastructures routières, sanitaires, éducatives, de l’urgence des mesures pour sauver l’agriculture des innombrables périls…
Plus de 2h chrono et des solutions à l’horizon.
18h 30mn, le patron du CMJD sort de la résidence du Wali. Direction? La tribune du meeting populaire sis, siège de la Commission électorale indépendante. Une foule de plus de 6 mille âmes l’acclame en délire, les applaudissements atteignent leur paroxysme, le discours qui s’ensuivra, «polémiste et stigmatisant» pour certains, «improvisé, juste et courageux» pour d’autres, alimente encore les discussions (on y reviendra spécialement dans notre prochaine livraison). La question du nouveau texte de la constitution y est par ailleurs centrale. Des propos truffés de questions qui froissent… Des rumeurs infondées, des coups de barbouzeries ont émaillés cette première sortie dans la vallée.

Actions… réactions
Au-delà des différentes analyses et des avis divers, un fait demeure : la visite a récolté un franc triomphe populaire.
D’abord, 1h 20mn pour s’imbiber d’informations sur le référendum. La majorité des habitants s’en iront ensuite, discutant des mots utilisés, des références en toile de fond, des allusions et des implications des propos du chef de l’Etat. Une infime partie cherchera une invitation pour la soirée culturelle organisée à l’honneur de la délégation. Aichetou, rencontrée à nouveau, par hasard dans les parages de la résidence du Wali négocie, elle aussi un carton d’accès aux festivités du soir. Un confrère journaliste tombé sous le charme de la jeune fille se propose de lui en procurer.
A 20h déjà, la ville de Sélibaby et ses occupants promettaient à ses hôtes de Nouakchott, une nuit longue, chaude, nostalgique et rythmée de poésies et de musiques.
Il est 22 h, sur proposition de plusieurs confrères, la décision sera prise, pour un certain nombre de journalistes d’aller se reposer, en vue d’être d’aplomb pour l’étape de Kaédi, deuxième point de chute du voyage.

Kaédi, la perle du Gorgol
Samedi 13 mai. Plus de 10 000 personnes. La promotion du «Destour» se poursuit, les évènements se ressemblent, la fatigue commence à poindre sur les visages, mais l’euphorie populaire ne faiblit pas d’un pouce à Kaédi. Là aussi, toutes les forces vives de la ville étaient mobilisées : banderoles, drapeaux aux couleurs nationales, effigies d’hommes politiques. Une photographie panoramique de la ville aurait donné quasiment la même physionomie que l’accueil de la veille. Tous les clans tenaient à afficher leurs forces. De même, la réunion des cadres tiendra, instance de débats pour amorcer la mise en valeur des potentialités de la région.
Autre meeting, autre discours, celui-là également «audacieux» ou «provocateur», c’est selon. Les propos du boss tenus en français, axés sur la dénonciation des extrémismes de tous bords, ne laisseront pas indifférents. Loin s’en faut, des interprétations, des récupérations mais aussi et surtout des appropriations en seront faites. Une brèche semble dès lors ouverte, pour alimenter dorénavant le débat national sur la question de l’unité. Une préoccupation qui sera sans doute essentielle dans la campagne électorale de mars 2007.
Dimanche 14 mai, à Aleg, la monotonie risquait de gagner les esprits des membres de la délégation. A la chaleur étouffante, se mêlait un sentiment de «déjà vu et maintes fois entendu». On prend les mêmes et on refait le match. A l’arrivée, cette tournée du boss dans la vallée, suscite aujourd’hui plus de questions qu’elle n’apporte de réponses ou de certitudes. Les populations rentrent chez elles, la tête remplie d’interrogations sur comment réussir la transition. Dans l’ensemble, l’espoir se lisait sur les figures. Un espoir tempéré et quelques fois teinté d’appréhensions mesurées. Est-ce la peur nécessaire?
Moralité ? Il parait encore tôt de dresser un quelconque bilan. Toujours est il que ce déplacement a pour vertu d’avoir secoué le «cocotier des susceptibilités communautaires» et d’avoir veillé à laisser fermée la boite de pandore des joutes tribales et sectaires.
«L’avenir de la Mauritanie sera, ce que nous en ferons, nous mauritaniens»
Cissé El Hadj dit Popèye
Cisse25@yahoo.fr

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