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Que les Ailes du Désert continuent à voler   
10/10/2007

Depuis plusieurs semaines, le ciel de Nouakchott est orphelin de ses avions. La compagnie nationale de transport aérien Air Mauritanie ne dessert plus et a cédé les airs aux autres aéronefs. Les avions, frappés des couleurs nationales qui vrombissaient à tout moment au dessus de nos têtes ont subitement disparu. Pour le mauritanien lambda, c’est tout simplement une situation empreinte de frustration et d’inquiétude.



On a avancé comme explication qu’ Air Mauritanie est victime de poursuites judiciaires de la part de International Lease Finance Corporation (ILFC) à qui il doit la rondelette somme de 2,7 millions de dollars. Soit, mais la question que se pose le citoyen lambda est celle de savoir pourquoi en est-on arrivé là ? Qui nous a embourbé ? Ce qui est sûr c’est que cette situation ne s’est pas imposée du tic au tac. On sait que ILFC n’a certainement pas décidé sur un coup de tête de clouer au sol nos deux appareils. C’est le pourrissement d’une situation déjà existante qui a conduit à ce que nous vivons aujourd’hui. Lorsque pendant des années, on s’amuse à jongler avec des états financiers désastreux et que l’on se contente de jeux de chaises musicales, voilà où cela mène. De tous les temps, nous avons assisté à cet état qui a fait de cette « boîte » de l’Etat un instrument aux mains d’une poignée de personnes qui s’en mettent plein les poches et qu’on vire pour en placer d’autres qui se révèlent plus voraces. Le gouffre dans lequel Air Mauritanie est tombé aujourd’hui trouve ses raisons dans les gestions antérieures. Il reste que cette situation ne fait que trop durer. Il se dit ici et là que des mesures seront prises pour ramener les deux avions au bercail. On dit également que les dettes seront épongées par l’Etat mauritanien détenteur de 39% du capital et les autres actionnaires. Mais, reconnaissons que tout cela reste dans le domaine de l’envisageable et que jusqu’à présent, aucune mesure concrète n’a encore été avancée pour une sortie de crise. Le plus inquiétant est que de plus en plus de voix prédisent la mise en liquidation pure et simple de la compagnie aérienne nationale. Si on devait en arriver là, ce serait l’une des pires choses qui devraient nous arriver. En fait, il faut se dire que quoiqu’il advienne, nous devons sauvegarder Air Mauritanie, non par un sentimentalisme primaire mais simplement au regard du symbole qu’il incarne. C’est l’expression de la fierté nationale au même titre que la SNIM, le Port de l’Amitié et bien d’autres structures étatiques de la première heure. De plus, la compagnie a toujours été témoin et actrice du développement national. Elle a pendant les premières années de l’indépendance assuré le lien entre les différentes régions de notre vaste pays avant l’avènement de la Route de l’Espoir à travers les avions D-C 3, D-C4, par la suite grâce aux Fokker jusqu’aux deux Boeing confisqués. Nous ne pouvons souffrir qu’elle disparaisse car si jamais cela devait arriver, notre moral en prendrait un sacré coup. Et c’est la chose dont on a le moins besoin en ces moments. Ne nous laissons abattre et faisons en sorte que les Ailes du Désert volent encore. C’est une question d’honneur.
Biri N’Diaye


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