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Les Français au Sahel, cibles de choix pour les preneurs d'otages   
15/11/2013

 Parce qu’elle est en pointe dans la lutte contre Al Qaïda au Sahel et réputée verser des rançons en millions d’euros, la France est particulièrement visée par les prises d’otages dans la région, assurent des experts. Dans des pays où des zones immenses échappent à tout contrôle, les groupes jihadistes ou des malfaiteurs mus...




 ...par l’appât du gain ont fait des ressortissants français leur cible prioritaire, ajoutent-ils. Comme le prêtre catholique Georges Vandenbeusch, enlevé mercredi soir dans le nord du Cameroun.
   "Dans la région, tous les Occidentaux sont ciblés mais les Français le sont davantage", explique le Mauritanien Isselmou ould Moustapha, fin connaisseur des réseaux islamistes au Sahel, joint au téléphone à Nouakchott.
   "La France vient de mener un engagement très fort sur le terrain au Mali, elle a détruit une grande partie du potentiel d’Al-Qaïda au Sahel, son armée reste présente sur le terrain, elle encadre les armées ouest-africaines, elle observe l’espace aérien de la région, multiplie les opérations par ses forces spéciales: elle est en première ligne. Il est donc naturel qu’en représailles les Français soient les plus visés", précise-t-il.
    François Hollande l’a confirmé vendredi, estimant qu’avec l’enlèvement du père Vandenbeusch, la France payait "encore le prix" de son intervention au Mali et de son engagement contre le terrorisme.
   La presse française a aussi fait état, en dépit des dénégations officielles, du versement récent d’une rançon de 20 millions d’euros - une fortune incommensurable dans l’une des régions les plus pauvres au monde - en échange de la libération des quatre Français enlevés il y a plus de trois ans à Arlit (Niger) par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

    Les motivations, "à la fois l’argent et la politique"
  
    "Et que la somme soit vraie ou fausse n’a pas beaucoup d’importance", estime Alain Coldefy, directeur de recherches à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). "Quand on évoque des millions d’euros, cela attise les convoitises et créée des vocations dans toute la région".
    Malgré les discours officiels, "en règle générale, tout le monde paie", ajoute-t-il. "Certains pays passent par le biais d’assurances obligatoires, dans d’autres les entreprises peuvent cotiser et ensuite l’Etat gère les négociations. Mais pour les ravisseurs il n’y a pas à se poser de question sur les motivations: c’est à la fois l’argent et la politique".
   Les sommes en jeu sont telles que des malfaiteurs ordinaires peuvent agir en tant que sous-traitants pour les groupes jihadistes qui leurs rachètent leurs proies.
   "Les prises d’otages peuvent être le fait soit de mercenaires qui livrent comme ils livreraient une pizza, contre de l’argent, soit de combattants qui viennent faire une action d’éclat", ajoute Isselmou ould Moustapha. "La finalité est à la fois l’argent et faire mal. Mais dans le cas de ce prêtre au Cameroun, il était incroyablement exposé".
   Pour Louis Caprioli, ancien chef de la lutte anti-terroriste à la DST (contre-espionnage français), "beaucoup de Français sont victimes de prises d’otages parce qu’ils sont mal protégés. Souvent parce que les dispositifs de sécurité que devaient prendre les entreprises n’ont pas été respectés. Ce fut le cas à Arlit. Certains partent même sans aucune protection, d’autres vont au casse-pipe et circulent dans des zones dangereuses sans en avoir conscience".
    "Le problème des Français dans la région est très difficile à régler", ajoute-t-il. "Vous avez des milliers de bi-nationaux qui ne sont pas protégés du tout: vont-ils se mettre à enlever des bi-nationaux? Un étranger occidental, quel qu’il soit, est désormais une cible dans la région. C’est une démarche de médiatisation. Le Français a simplement une valeur marchande supérieure".
    "Pour ce prêtre kidnappé au Cameroun", conclut Isselmou ould Moustapha, "tout semble porter à croire qu’il s’agit d’une répétition de ce qui s’est passé en février avec la famille Moulin-Fournier. Cela a marché, Paris a payé pour leur libération, donc il est probable que tous les Blancs de la région avaient été repérés".
   L’enlèvement du père Vandenbeusch a été revendiqué vendredi à l’AFP par une source au sein du groupe islamiste armé nigérian Boko Haram, qui avait déjà kidnappé en février la famille Moulin-Fournier, finalement libérée en avril.


   Michel MOUTOT (AFP)


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