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La noblesse est abolie, KISSIMA !   
21/08/2007

La semaine passée notre confrère «La Tribune» a publié un article, sous la plume de son rédacteur en chef Kissima Diagana. Aussi agréable que pertinent, ce coup de plume propose ce qui ressemble à un «coup de poing pour la Noblesse» : une abolition au même titre que l’esclavage.



Un telle mesure est souhaitable, en ce sens que l’on verra, si possible, s’instaurer- au grand dam des aristocrates et à l’immense stupéfaction du commun des mortels , une société égalitaire, égalisée par «décret en date de ce jour» ou par une loi bizarroïde.
Je ne suis point contre un acte juridique et politique salvateur ; cependant, je me permet de vous rappeler que ni l’esclavage ni la noblesse n’a été crée de façon fortuite. Ils sont les conséquences de processus historiques et synchroniques. Toutes les civilisations les ont connus chacune à sa façon. Et on chacune son mode d’extinction. (…)
Dans notre cas, mets-toi à l’aise, l’esclavage après avoir été quatre fois aboli, le voila criminalisé.
Quant à la noblesse, celle-ci, est abolie par la force des choses et quasiment éteinte. 
En Mauritanie la Noblesse n’existe plus…du moins, stricto sensu.
Les structures sociales de toutes nos ethnies ont subi l’effet de la colonisation génératrice d’une modernisation outrancière. En effet, l’un des effets majeurs de l’émergence de l’Etat moderne serait l’Atomisation des leaderships traditionnels. Une rétrospective de notre histoire politique et sociale permet de se rendre compte de l’action des administrations coloniales et post- coloniales dans ce sens.
Ainsi, le colon avait pour objectif – entre autres- de briser les liens de suzeraineté ; de libérer les vassaux et les sujet du joug de la classe des nobles (A’rab, zwaya ; Torobé et torodo)

A la faveur de la colonisation, l’Etat naissant a aboli l’esclavage et condamné le tribalisme.
Tant il est vrai que le très sage Moctar Ould Daddah voulait «égaliser» lentement mais sûrement.
La Noblesse, aujourd’hui, a quasiment disparu en tant que classe dominante jouissant de privilèges spécifiques. Autant l’esclavage a des séquelles, la Noblesse a des persistances de plus en plus diffuses et sporadiques qui, subiront l’usure du temps ; avec le temps.
Le déclin de la noblesse se manifeste par une perte de l’emprise des dignitaires sur les autres .Et l’évanouissement quasi- total des signes distinctifs tels que la ‘amama chez les marabouts, le tbal (tambour) ou le seroual lebiadh (pantalon spécifique à l’Emirat du Trarza, emmené pour la première fois par Ely chandorra vers 1720 à l’issue de sa visite au Sultan Moulaye Ismael du Maroc.
Si ces symboles existent aujourd’hui, c’est es qualité.
Ce qui a, le plus, accéléré le déclin de la Noblesse en Mauritanie, c’est le nouveau critère de distinction.
En terre d’Islam le critère de distinction en vigueur est normalement la Piété et le savoir.
Actuellement, et de plus en plus, l’Argent semble devenu le facteur émergent ennoblissant.
Plus un émir ou un chef est démuni plus il se voit négliger par les siens.
En proportion égales et inverse on voit le simple citoyen nouveau nanti se faire une aura et un prestige enviable .Les revenus commencent à créer un cloisonnement vertical qui ne dit pas son nom entre une même famille ; le cousin pauvre ne peut plus prétendre à la cousine fille à papa. Tandis que le riche quelque soit son niveau dans la nomenclature tribale, n’a que l’embarras du choix.
L’intervention intempestive, la semaine dernière, d’un descendant de l’émir Ahmed Ould Sid’Ahmed Ould. Ahmed Aida Ould. Ethmane Ould Levdhil de l’Adrar est révélatrice d’une perte de statut. Au lieu d’adresser la parole au grand érudit de marabout tout de blanc vêtu, il fallait se tourner vers la roue de l’Histoire et voir si elle est réversible

Abu Nasser


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