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Vision politique   
16/02/2006

La restructuration du trois août 2005 a ouvert les perspectives du changement aux mauritaniens renouvelant ainsi leurs espoirs en une meilleure gestion du pays. Ils se sont alors regroupés sous différentes formes, appelant à la réforme, œuvrant pour le changement et réclamant une nouvelle situation qui corrige le dysfonctionnement passé et annonce des lendemains meilleurs.



Les réformateurs centristes ne sont pas en reste et même s’ils n’ont pas bénéficié du cadre légal offert à tous, les formes de participation à la vie publique ne se limitent pas pour eux aux seuls partis politique. Ils revendiquent leur droit et dénoncent une exception qui les frappe, injuste et contraire aux principes de la démocratie. Ils refusent d’en faire un prétexte pour exclure la participation et arrêter le mouvement.
Ils se sont regroupés en une initiative qui coordonne les positions, clarifie les idées, précise les moyens et permet le contact et l’interaction avec les autres et l’échange dans un dialogue policé et sensé.
Nous avons reçu dans cette initiative diverses couches de la population : des journalistes venus s’informer, des interlocuteurs politiques, des groupes de sympathisants enthousiastes s’interrogeant sur la voie. Nous avons expliqué, discuté, précisé et clarifié.
Cependant nous estimons qu’il faut diffuser et conserver sous forme écrite ce que nous avons dit aux gens au lieu de le laisser oral objet des rumeurs et de toutes sortes d’interprétations. C’est pourquoi nous avons réuni ces idées pour en faire une matière à discussion précisant les bases de notre vision politique, permettant de connaître nos positions et de comprendre nos idées loin de l’amalgame et de la confusion.

I- Diagnostic général
1. Au niveau national
Il est incontestable que les premières autorités de l’Etat mauritanien moderne, créé par le colonisateur dans un contexte caractérisé par l’hostilité des pays frères et par les tensions, n’étaient ni préparées au défi ni n’avaient les moyens d’y faire face.
Ces autorités ont vécu des défis inattendus, troublant leur vision des choses face aux exigences de la citoyenneté et aux impératifs de la souveraineté, d’une part et à l’influence de l’étranger doublée de l’hostilité des frères, d’autre part. Ainsi, cette détestable influence marqua-t-elle plusieurs périodes de l’histoire du pays et trouva-t-elle dans certaines élites les meilleurs défenseurs de son projet qui a été combattu par la résistance active et agissante ou passive et de rejet des ancêtres.
Le monolithisme politique a prévalu au pays, incarné par les régimes du parti unique qui ont gouverné sous forme de régime civil. Les militaires sont ensuite arrivés et se sont attaqués aux bribes de pluralisme que permettait ce régime civil. Mais les erreurs et les forfaits se sont accumulés depuis 1984, pour réduire le peu d’acquis en terme d’autorité et de respect de l’Etat en décombres dont les voleurs se disputent le pillage. Ceci a provoqué l’explosion d’un libéralisme sauvage et d’une gabegie généralisée qui est devenue le comportement normal dominant. La démocratie carnavalesque était le meilleur moyen de consacrer la tyrannie.
Les querelles tribales et régionales sont devenues une fatalité et les relents fétides du paganisme [la jahiliya] se propagèrent lors des douloureux évènements de 1989 au cours desquels les liens de parenté furent brisés et le sang des mauritaniens fut versé dans leur propre pays, pendant que les mauritaniens vivants au Sénégal vivaient à leur tour une abominable tragédie.
Le pays a aussi connu une véritable catastrophe avec la campagne du régime déchu contre une partie de nos concitoyens et leur exil forcé ce qui a fortement mis à mal l’unité nationale.
Ces évènements ont approfondi la fracture sociale exacerbant les manifestations et les vestiges de l’esclavage ainsi que le clanisme et l’esprit de classe matérialisant l’orgueil et le racisme, effaçant la compassion et l’égalité prônées par la religion et incarnées par l’Etat. Si nous avons enregistré notre refus de tout cela, la faute n’en incombe ni à la société ni à ses composantes mais à certains hommes politiques qui se sont tus ou ont soutenu.
Tout au long de son histoire, l’Etat moderne a toujours connu l’injustice des prisons et toutes les formes de confiscation des libertés, le comble ayant été vécu pendant les années noires des dernières périodes. Ceci fait obligation à la société de se dresser pour réaliser une charte nationale d’honneur qui criminalise la confiscation des droits et des libertés publiques ainsi que la torture, réprouve l’exclusion et refuse toute forme de piétinement de la dignité humaine.
La situation sus-décrite a engendré, à la veille du changement du trois août, un ensemble de phénomènes que nous résumons ci- après :
1. Le blocage de la perspective politique et la transformation du processus démocratique en une forme terne ;
2. Une terrible crise économique qui n’a eu comme réponse de la part du régime que l’annonce à cor et à cri du classement du pays parmi les états les plus pauvres !
3. L’effondrement de la vie sociale, le bouleversement des valeurs sociales et la dangereuse dérive des valeurs morales ;
4. Le déclin du système éducatif et le recul des acquis identitaires, notamment la place de l’éducation islamique, de l’arabe et des autres langues nationales dans les programmes scolaires, le déplacement du congé hebdomadaire au samedi et au dimanche et les attaques contre les institutions sociales comme les mosquées, les mahadras et les symboles respectés.
Quant à la justice, elle a été transformée en appendice du pouvoir exécutif, géré par la direction de la sûreté de l’Etat et dont les jugements sont vendus aux enchères.
Les relations extérieures ont été fonction ces vingt dernières années de l’humeur du tyran et sont devenues un champ d’expérimentations pour lequel on choisit toujours de fidèles exécutants respectueux du dicton pharaonique : "Je ne vous indique que ce que je vois". Les relations avec les pays voisins se sont alors détériorées et ont été sacrifiées sur l’autel des petites ambitions, le clientélisme a dominé les positions et il est devenu clair que le pays n’a plus de vision claire des choses et ne sait plus à quel voie emprunter.
Se voyant isolé et en ligne de mire, le régime n’a pas corrigé les déséquilibres internes ni dans les rapports avec les pays frères et voisins, ni avec le reste du monde. Il a outrepassé tout cela pour établir des relations avec l’ennemi sioniste, considérant ceci comme le meilleur moyen pour se protéger, faisant ainsi fi des sentiments populaires, des intérêts de son pays et de son devoir vis-à-vis de les siens et de la oumma. Quelle perte !
2.Au niveau régional et international :
La situation actuelle se caractérise, au niveau régional et international par :
a. Le renforcement de la démocratie dans la plupart des Etats de la sous-région, particulièrement les pays voisins avec une alternance pacifique - totale ou partielle - au pouvoir, l’apparition de l’effet des urnes sur les programmes et résultats, le raffermissement des libertés d’expression, d’information et d’édition en particulier, la recul de l’exclusion et la reconnaissance de toutes les forces nationales.
b. Le retour de la bipolarité sur la scène diplomatique dans la région entre le Maroc et l’Algérie avec pour corollaire le réveil du conflit et de la tension au Sahara.
c. Le reflux de certains conflits sous-régionaux au Niger, au Mali et au Sénégal et l’éclatement de conflits plus graves comme en Côte d’Ivoire.
d. La tension sécuritaire qui a lieu dans la zone du triangle frontalier avec le Mali et l’Algérie du fait de la présence de groupes violents, de bande de trafiquants et des ambitions des grandes puissances. Cette tension a atteint nos frontières de façon manifeste avec le crime de Lemgheïti contre une garnison de l’Armée Nationale.
e. L’émergence de la question de la réforme et de la démocratie dans le Monde Arabe et la prise de mesures timides dans ce sens par certains pays arabes n’a ni satisfait les exigences des peuples ni arrêté le chantage et les pressions des américains.
f. La consécration du statu quo de l’occupation sioniste, la propagation et l’extension de ses effets dans la région malgré la poursuite de la résistance et le large soutien populaire apporté à son projet et à sa culture.
g. L’occupation de l’Irak frère avec pour conséquence le déséquilibre des rapports de force dans la région et l’hégémonie coloniale qui y prend les plus abominables formes d’agression et d’humiliation.
h. Le recul de toutes les formes de participation au système international et la menace à laquelle fait face le principe de souveraineté de l’Etat devant les exigences des Etats Unis et leurs pressions de toutes sortes.
Pourquoi la réforme centriste ?
Ce courant est connu sous le nom de tendance islamiste ou courant islamiste et il ne nie pas cette qualification et n’hésite pas dans ce choix.
Mais certaines conditions et une certaine propagande ont créé une confusion chez d’aucuns et entraîné des allégations infondées et injustifiées. D’autre part, la différenciation des écoles islamistes à travers le monde est devenue manifeste ces dernières années et s’est imposée.
Tout cela nous a poussés à adopter ce nom car nous sommes des réformateurs et la réforme constitue notre objectif : "Je ne cherche qu’à vous rendre meilleurs, autant que je le puisse ; mon succès ne relève que d’Allah.", Coran, XI, 88. Nous sommes des centristes et le juste milieu reste notre caractéristique : "Ainsi avons- Nous fait de vous une communauté de juste milieu, pour que vous soyez témoins des autres humains, le prophète témoignera de vous.", Coran, II, 143.
Notre qualité de réformateur nous interdit de brûler les étapes, confirme notre démarche progressive et accumulative. Notre approche mesurée exclut le fondamentalisme dans la méthode et l’extrémisme dans le style et confirme la modération de notre vision, l’équilibre de notre conception, le centralisme de notre pratique sans rigorisme ni laxisme et notre rejet ferme de toutes les méthodes de violence, d’extrémisme et de fanatisme.
II-Constantes et principes de base
Cette vision a pour fondement la croyance en Allah l’Unique et en Son Prophète Mohamed le dernier des Prophètes dont la religion annonce que l’humanité a atteint l’âge de raison et de responsabilité. Cette vision se base sur la promotion de la rénovation qui puise dans les constantes des fondements (oussoul) et qui prend en considération les besoins de l’époque. Ce renouveau s’inspire de la voie des précurseurs (les compagnons du Prophète ou salaf) et de la production intellectuelle de la nation au travers de ses écoles jurisprudentielles, rationnelles et comportementales, suivant un juste milieu loin de l’extrémisme et du laxisme en matière de réflexion, de comportement et de pratique et reconnaît le droit à la diversité et à la différence.
Par ailleurs, cette vision se base sur la croyance en une société mauritanienne unie et unifiée par la religion, le rite et les droits des citoyens et considère le pluralisme ethnique comme une source civilisationnelle riche et enrichissante qui prépare le pays à son rôle régional et lui permettant une extension continentale et internationale.
En la matière nos points de départ se résument comme suit :
Le référentiel islamique : Nous partons des fondements (oussoul) islamiques impératifs, en l’occurrence le Coran révélé et la sunna comme guides que nous suivons strictement et dont nous observons les prescriptions. Ensuite nous nous basons sur le patrimoine de la oumma et de ses ulémas, lequel nous oriente. Nous pensons que l’avis jurisprudentiel fondé (ijtihad) sur la révélation, prenant en compte la réalité et visant l’intérêt constitue l’instrument du renouveau de la religion et de son adaptation à toute époque et à tout lieu.
L’appartenance nationale : Nous entendons par là que nous sommes mauritaniens. Nous vivons dans ce pays dont nous sommes fiers et dont nous recherchons l’intérêt et défendons l’unité et la sécurité. Le patriotisme constitue pour nous un point de départ, une qualité et un but. Nous bâtissons sur les réalisations de nos ancêtres et des fils de la patrie. Nous les renouvelons et saluons en ce qu’ils contribuent aux intérêts du présent et aux espoirs du futur. L’appartenance implique la défense de l’unité nationale dans toutes ces ethnies, composantes et régions et le rejet de tout appel raciste ou de division.
Le choix démocratique : Notre acceptation de la démocratie, du pluralisme et de l’alternance pacifique au pouvoir constitue un choix stratégique sur lequel nous n’avons aucune hésitation. Nous rejetons la tyrannie et ses prétextes et le monolithisme et ses justifications et considérons que la démocratie grâce au climat de liberté, de concurrence, de contrôle et de transparence qu’elle procure reste la garantie du développement, du progrès et de la renaissance.
Nous pensons que les mauritaniens sont musulmans de par leur religion et leur vision des choses. L’existence du pays est liée à l’islam, son rôle se base dessus et son avenir en dépend. De ce fait, elle fait partie intégrante de la oumma islamique par son existence, sa continuité géographique, son appartenance civilisationnelle et sa foi qui se renouvelle en toutes circonstances à travers les pays et les âges.
La Mauritanie fait partie aussi du monde arabe culturellement, géographiquement et humainement. La composante arabe en est un fondement constitutif et un déterminant de son identité et de son orientation.
Elle est africaine par son appartenance, sa place, ses intérêts et son dessein. Ses habitants, son territoire et son continent sont africains. Ses intérêts, son rôle restent liés à l’Afrique.
La composante négro-africaine du pays, ses langues, ses us et coutumes en est un élément essentiel. Elle progresse suivant le progrès du pays et recule en fonction de son retard.
Notre vision est humaniste croyant en l’universalité de son rôle et en l’essence de la dignité de l’homme honoré dans son existence et disposant de l’univers et des choses. Un humanisme qui respecte l’homme en soi, le protège parce qu’il est homme, lui reconnaît ses droits comme tel et nécessite une approche réformatrice par la sagesse et la bonne parole.

Les priorités de la réforme
Les priorités de la réforme se concentrent pour nous dans un certain nombre de points de repère et de choix qui constituent le fondement des détails à venir et des programmes électoraux futurs :
A- Dans le domaine juridique et politique :
Partant de la clarté du référentiel islamique dans la Constitution, tout en appréciant positivement le contenu des amendements de la constitution proposés, notamment ceux garantissant l’alternance, la rupture du monopole et la continuité, d’autres actions restent nécessaires, notamment :
1. La protection de l’indépendance de la justice par des mesures adéquates dont les principales consistent à élire le président et les membres du Conseil Supérieur de la Magistrature et de la Cour Suprême.
2. La révision de la loi sur les partis pour la rendre clairement et uniquement déclarative.
3. L’accélération des travaux de la Commission Nationale de la Réforme du Secteur de la Presse et la modification de la loi l’organisant dans le sens de plus de liberté.
4. La protection des institutions de la société civile en révisant la loi sur les associations et en adoptant un système déclaratif qui stipulerait leur protection contre l’arbitraire de l’Etat.
5. La modification des lois électorales et les textes s’y rapportant pour assurer une représentation équilibrée proportionnelle et géographique et pour permettre aux citoyens résidant à l’étranger de voter lors des élections parlementaires et de la présidentielle.
6. La promulgation d’une loi protégeant les droits de l’homme et sanctionnant son exploitation et les traitements dégradants.
7. Le retour à leur pays des déportés mauritaniens de façon organisée et le respect de leurs droits dans un climat de justice et de compréhension.
8. La création d’une commission nationale Vérité et Réconciliation chargée de faire la lumière sur les violations passées des droits de l’homme, basée sur les règles du pardon et de la concorde et créant une situation nouvelle où prévaut la justice et un nouveau mécanisme de réparation des préjudices et de prévention des abus.
9. L’élaboration d’un pacte national d’honneur, signé par tous et engageant tout le monde, pour protéger le changement démocratique et confirmer l’alternance pacifique au pouvoir.
10. La création d’un observatoire national de la transparence chargé du contrôle et de l’observation dans le domaine de la gestion des biens publics et l’élaboration de lois pour combattre la gabegie financière et administrative.
11. La reconnaissance - intégrale et sans condition- du droit des réformateurs centristes et de toutes les autres forces à créer leurs cadres juridiques et politiques.
B- Dans le domaine économique
Notre vision se base sur la nécessité de réaliser un développement harmonieux, soutenu, durable et exempt des déformations et des déséquilibres, un développement dirigé et rationnel, basé sur le principe de la liberté économique limitée par les principes islamiques, les valeurs morales et l’intérêt public, de manière à épargner à la société les dangers de la cupidité et garantir l’utilisation optimale des ressources, en réalisant l’équité dans la distribution au profit des pauvres, des déshérités et des couches à bas revenu.
Pour atteindre ces objectifs, notre vision part de la recherche de l’exploitation des avantages de l’économie libérale et de la prévention de ses méfaits à travers l’intervention efficace de l’Etat en cas de besoin pour assurer l’organisation de la vie économique et garantir la concurrence loyale et l’égalité des chances pour tous. Par conséquent, nos préoccupations portent sur ce qui suit :
1. Respecter le principe de la propriété privée.
2. Encourager le secteur privé en ouvrant la voie aux initiatives privées et en accordant des incitations à tous les opérateurs privés.
3. Garantir une véritable concurrence transparente entre tous les opérateurs économiques.
4. Intervention efficace de l’Etat pour combler l’insuffisance dans les domaines qui n’attirent pas le secteur privé et pour garantir la libre concurrence, l’équité du marché et la bonne gestion des ressources.
5. Lutter contre la concussion, la corruption, le népotisme, le détournement et la mauvaise gestion des deniers publics, par l’octroi d’incitations qui encouragent l’intégrité et par l’application de sanctions dissuasives pour combattre la délinquance.
6. Promouvoir les investissements nationaux et étrangers pour garantir l’emploi et faciliter le transfert de l’expertise et de la technologie.
7. Suivre le niveau des prix de façon à protéger le consommateur, l’importateur et le producteur d’une manière équilibrée et l’indexation des salaires sur les prix pour protéger les personnes à revenus constants et limités.
8. Promotion d’une industrie nationale qui exploite les matières premières, qui créé des emplois et qui fonde une industrie productive.
9. Encouragement des industries artisanales et manuelles de façon générale et leur plus grande intégration dans le circuit économique national.
10. Révision des lois et des procédures de la privatisation pour :
- la rendre économiquement justifiée par la situation financière des entreprises en cours de privatisation ;
- la soumettre à un programme étudié qui respecte l’intérêt général présent et futur et qui tient compte des dimensions économiques et sociale desdites opérations ;
- épargner les domaines vitaux comme l’eau, l’énergie et autres avec la conservation par l’Etat, dans la plupart des cas, d’un pourcentage adéquat, notamment dans les secteurs importants.
11. Mettre en œuvre les politiques monétaires adéquates pour permettre l’appréciation de la valeur de la monnaie nationale et le développement des opérations bancaires islamiques.
12. Renforcer le contrôle des ressources naturelles du pays tout en veillant à ce que les accords conclus avec les partenaires et les investisseurs soient équitables.
13. Limiter le désordre régnant dans le domaine de la recherche et de la prospection des ressources et créer les outils empêchant l’iniquité dans les accords s’y rapportant.
14. Coordonner avec les pays frères et amis pour renforcer nos positions dans les négociations
15. Elaborer une politique foncière efficace conciliant le droit des populations du terroir, les besoins économiques de l’Etat et les priorités du développement.
16. Elaborer une politique agricole efficace pour atteindre l’autosuffisance alimentaire à court terme.
17. Elaborer la réforme immédiate du secteur de la pêche maritime afin d’assurer le renouvellement vital de la ressource, la création d’industries dans les domaines des produits de la mer et le développement de la coopération régionale et internationale dans le respect des intérêts du pays.
18. Etendre la décentralisation dans les domaines du développement et porter une attention particulière à la campagne et y réaliser des projets qui en assurent la renaissance et la fixation des populations.
19. Porter une grande attention aux ressources animales et élaborer des politiques pour leur protection et pour en tirer le meilleur parti.
20. Mettre en œuvre les garanties suffisantes pour la bonne gestion du pétrole et créer des mécanismes clairs pour la transparence de cette gestion.
21. Elaborer une politique juste et équilibrée en matière d’impôts et de leur recouvrement.
22. Encourager la coopération économique régionale et soutenir les efforts visant la création de groupements régionaux dans les espaces Arabe, Africain et Islamique.
23. Encourager l’ouverture maîtrisée sur l’économie mondiale pour tirer profit des avantages de la mondialisation économique tout en oeuvrant à en éviter les inconvénients.
24. Examiner l’état des mines, particulièrement le fer, dans un sens permettant une gestion transparente et pour en tirer le meilleur parti.
25. Développer le secteur du transport terrestre, maritime et aérien y assurer la qualité et le libérer de toute main mise ou monopole.

C- Dans le domaine social
Nos priorités dans ce domaine sont :
" La suppression de toutes les formes d’esclavage et de ses séquelles et la mobilisation de tous les moyens pour y arriver
" La mise en place de politiques pour l’émancipation de la femme pour lui permettre la participation à tous les secteurs sociaux et de l’Etat et son aide pour mener à bien son rôle familial avec succès d’une manière qui assure la complémentarité sociale.
" Mise en œuvre d’une politique dynamique et transparente pour réduire la pauvreté et supprimer le chômage.
" Transparence et équité dans l’accès aux emplois dans les secteurs public et privé.
" Création d’un fonds d’appui aux chômeurs de manière à assurer leur productivité en assurant leur recyclage et leur qualification.
" Création d’un fonds national pour la perception et la distribution de la zakat.
" Mise en place des conditions permettant aux organisations caritatives de participer à la lutte contre la pauvreté et de soutenir le développement.
" Mettre fin au désordre et à la gabegie dans le domaine sanitaire et appliquer des critères clairs et transparents pour l’ouverture des cliniques et l’importation des médicaments.
" Extension de la couverture sanitaire pharmaceutique et mise en place de mécanismes pour garantir de bonnes prestations sanitaires tout en améliorant les politiques d’assurance maladie.
" Appui aux syndicats et l’encouragement du travail syndical dans l’intérêt des masses laborieuses.
" Elaboration de mesures et de politiques pour l’émancipation de l’enfant et pour sa protection socialement et culturellement et mise en place des conditions lui assurant la protection familiale et les loisirs adaptés.
" La protection des bonnes mœurs et l’orientation de la société vers les valeurs authentiques, l’engagement et le sérieux.
" La limitation de l’habitat spontané avec comme but sa suppression et la mise en place d’une politique de l’habitat efficace.
" L’amélioration des mesures de protection de l’environnement et l’activation des outils juridiques pour cela.
" Le soutien des ONG, particulièrement les associations de surveillance des prix et de défense du consommateur.
C- Dans le domaine éducatif et culturel
Dans ce cadre nous nous limiterons aux priorités suivantes :
1. Le réexamen de la situation actuelle et des programmes éducatifs dans un sens permettant :
" La sauvegarde de l’identité et des valeurs constantes islamiques.
" Le renforcement de la place de la langue arabe et des autres langues nationales : le Pulaar, le Soninké et le Wolof.
" L’ouverture sur les langues internationales et le renforcement de la place accordée au sciences et techniques modernes.
" L’extension du réseau éducatif sur toute l’étendue du territoire national tout en améliorant ses conditions et celles de ses acteurs
2. L’appui matériel et moral aux mosquées et aux mahadras et l’encouragement l’enseignement des mahadras tout en l’améliorant dans le sens de l’utilisation des outils et des moyens modernes.
3. L’amélioration des conditions de vie des Imams et des prédicateurs tout en garantissant la liberté de la prédication (Da’awa.)
4. Le soutien à la culture et la promotion des arts et des œuvres créatrices.
5. La protection du patrimoine mauritanien et la promotion des sites historiques et touristiques.
6. L’encadrement des activités des jeunes et des étudiants et leur association à la gestion des affaires publiques.
7. D’accorder une plus grande attention au sport et l’encouragement de tous les types de sport utiles.

D- Dans le domaine militaire et sécuritaire
Personne ne met en cause l’importance de la défense de l’intégrité territoriale du pays, de la sécurité, de la stabilité, de l’ordre public et de la prévention de l’anarchie et du rôle de l’institution militaire et sécuritaire ce qui requiert de s’y intéresser et de la développer à travers les mesures nécessaires suivantes :
- Arrêter la politisation de l’armée, la considérer comme une institution nationale et républicaine qui suit la décision politique, décision sur laquelle elle n’a pas d’emprise, en faire nécessairement un symbole permanent de l’unité nationale et donner à chaque citoyen l’honneur d’y servir sans discrimination clanique, raciale ou tribale.
- Développer la capacité de combat de l’armée, lui inculquer l’esprit de la foi et moderniser sa structure militaire pour la défense de la patrie.
- Adopter une doctrine militaire puisée dans la culture, l’histoire et la réalité de la nation et utiliser l’esprit d’abnégation et de sacrifice qui y est ancré.
- Veiller sur les compétences militaires, s’occuper de la formation militaire et créer des institutions de recherches stratégiques et militaires.
- Améliorer les conditions matérielles, soldes, logement et assurance des militaires et des membres des forces de sécurité pour leur permettre de mener à bien leur rôle et de faire face aux défis.
- Rétablir l’équilibre entre les institutions militaires et sécuritaires pour que l’une n’empiète pas sur les compétences de l’autre.
- Développer et moderniser les appareils sécuritaires pour les mettre au service de la République, des libertés et de leur protection.
- Assurer la formation culturelle, démocratique et morale du personnel de sécurité et de police.
E- Dans le domaine diplomatique
La Mauritanie occupe une position stratégique entre le Monde Arabe et l’Afrique. La diversité de sa culture et de sa population lui permet de jouer un grand rôle de complémentarité. Elle a assumé avec succès par le passé d’importants rôles diplomatiques dépassant les capacités de l’Etat naissant.
Ces derniers temps, sa position internationale et son rôle diplomatique ont décliné, ce qui fait de la redynamisation et de la rectification de l’approche dans ce domaine l’une des priorités de la période. Les actions suivantes peuvent y contribuer :
- Renforcer la présence et la place de la Mauritanie dans le Monde Arabe, Africain et Islamique.
- Œuvrer à la relance et à la redynamisation de l’Union du Maghreb Arabe
- Dynamiser le rôle de la Mauritanie au son sein de l’UMA et de la Ligue Arabe.
- Réintégrer la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CDEAO)
- Redynamiser le rôle de la Mauritanie au sein de l’Union Africaine.
- Développer les relations avec l’Europe qui constitue le principal partenaire économique du pays.
- Développer les relations avec les Etat Unis d’Amérique, sans aliéner la souveraineté de notre pays, pour garantir les intérêts des deux états.
- Développer les relations avec les différents partenaires au développement et tous les pays du monde.
- Soutenir le peuple palestinien dans sa juste lutte et l’aider pour recouvrer tous ses droits.
- Refuser l’occupation américaine et britannique de l’Iraq et y soutenir la résistance légitime des armées d’occupation.
- Appuyer tous les peuples musulmans et tous les peuples opprimés et soutenir toutes les causes justes.
- Soutenir les politiques visant la diffusion de la paix et de la tolérance et s’élever contre les politiques de répression, de violence, d’agression et d’exclusion.
- Encourager les initiatives réformistes dans la solution des crises et des conflits régionaux, continentaux et internationaux.
- Rompre les relations avec l’entité sioniste, lesquelles ont porté préjudice à l’intérêt national, à la réputation du pays et à son rôle vis-à-vis de ses frères et de la Oumma.
Il s’agit là de quelques uns des traits de notre vision et des fondements sur lesquels nous nous basons et dans le cadre desquels nous détaillons nos programmes et nos positions. Nous les présentons à l’opinion publique et à tous les acteurs nationaux en tant que promesse qui nous engage, que nous respectons et dont nous répondons. Nous ne prétendons point être infaillibles ni parfaits dans notre vision. C’est plutôt l’opinion et l’appréciation dont les fondements sont immuables et les détails des appréciations que nous évaluons, améliorons et consolidons par le renouvellement et l’ajout. Notre projet mûrit et s’affine au fur et à mesure qu’il s’enrichit grâce aux critiques, aux corrections et ajouts.
C’est Allah qui aide et guide sur le droit chemin.
Le Comité de Suivi et de Communication des Réformateurs Centristes
Nouakchott, le 25 Janvier 2006.

 


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